Il y a une semaine, l'Autriche a bien failli passer aux mains de l'extrême-droite. Retour sur des élections tendues.

La fin du mois d'avril et le début du moi de mai coïncident en Autriche avec l'élection présidentielle. En effet, les autrichiens était appelés aux urnes le 24 avril et le 22 mai dernier. Au premier tour, six candidats se sont présentés soit un record pour une élection présidentielle depuis 1951. Il faut cependant souligner que le chef d’État sortant, le social démocrate Heinz Fischer qui avait été élu en 2004 et réélu en 2010, ne pouvait pas se présenter pour un troisième mandat.

Les résultats du premier tour ont été un véritable séisme politique en Autriche puisqu’un candidat d’extrême droite est arrivé en tête avec 35 % des voix, suivi du candidat écologiste Alexander Van der Bellen avec 21 %. Ainsi, ce scrutin a été historique car pour la première fois depuis 1951 aucun des deux candidats soutenus par les deux grand partis, le Parti social-démocrate (SPÖ) et le parti populaire (ÖVP) n'a réussi a se hisser au second tour, terminant respectivement quatrième et cinquième.

Un symbole extrême
 

Les résultats du premier tour cette élection sont le symbole de la montée de l’extrême droite dans l'Union Européenne que cela soit en France au Royaume-Uni ou encore en Hongrie. Cependant Norber Höfer a mis un peu d'eau dans son vin pour pouvoir rassembler un peu plus que son propre parti, notamment en disant qu'il ne souhaitait pas que l’Autriche quitte l'Union Européenne, revenant du même coup sur ses premières positions, lors d'un débat avec son adversaire, ce qui a provoqué la stupeur de ce dernier. Face au candidat d’extrême-droite la stratégie de l'écologiste Van der Bellen a été de se poser en dernière barrière. Il y ainsi critiqué les positions de son opposant sur les migrants en disant que l’Autriche ne pouvait empêcher les personnes qui voulaient obtenir l'asile politique autrichien de rentrer sur le territoire et que choisir les migrants qui rentrent et ceux qui ne rentrent pas reviendrait à remettre en cause les traités européens signés par l'Autriche depuis son adhésion à l'UE en 1995.

Le dénouement de cette élection fut connu uniquement le lendemain du scrutin car ce sont les bulletins par correspondance qui ont départagé les deux candidats. C'est finalement l'écologiste qui l'a emporté avec seulement 30 000 voix d'avance. Géographiquement, l'est a massivement voté pour le candidat d’extrême droite tandis que l'ouest à voté pour l’écologiste.

    

 

 

 

 

 

 

 

Carte des votes au second tour par État

 

Le 23 mai, Norber Höfer a reconnu sa défaite. Cependant certaines irrégularités du second tour qui sont normalement sans conséquences sur l'élection finale entraînent l'ouverture d'une enquête et le chef de son parti Heinz Christian Strache soupçonne publiquement les résultats d'être inexacts.

Le fait qu'un candidat d’extrême droite soit passé à 30 000 voix de la victoire montre bien les tensions qui règnent en Europe notamment sur la venue des migrants et la libre circulation dans l’espace Schengen. Ils soulignent également le fait que la population ne fait plus confiance au politique des partis traditionnels pour résoudre la crise économique qui secoue le monde depuis 2008.