A Bruxelles, la chasse aux sorcières se poursuit

Une simple perquisition de la part des autorités belges dans le quartier de Forest à Bruxelles a tourné à la fusillade mardi 15 mars dans l’après-midi. La menace présente en Europe depuis plus d’un an est bel et bien toujours d’actualité et ce malgré les efforts des services de renseignements et groupes d’actions belges et français.

 

Un contrôle qui tourne en assaut

 

C’est à Forest, l’une des 19 municipalités de la ville de Bruxelles que se rendaient mardi quatre enquêteurs de la section antiterroriste belge ainsi que deux fonctionnaires français. Le motif initial, un simple contrôle d’un appartement qui aurait été loué il y a plusieurs mois par Mohamed Bakkali. Cet homme a récemment été inculpé pour complicité avec le commando du 13 novembre à Paris et également pour avoir loué l’appartement de Bruxelles où ont été confectionnées les ceintures d’explosifs de ces mêmes attentats. Supposé être inoccupé et sans risque, l’appartement s’avère rapidement abriter 3 hommes. A peine la porte ouverte, des tirs commencent à fuser. Un important dispositif  de sécurité est alors mis en place dans le quartier et une fois opérationnel, l’assaut est lancé. Finalement l’un des occupants de l’appartement sera abattu par un sniper et 4 membres des forces de l’ordre légèrement blessés, quant aux deux autres, ils réussiront à prendre la fuite par les toits et sont encore activement recherchés dans la région de Bruxelles.


 

De nouveaux suspects

 

Si l’identité de la personne abattue ne fait aucun doute, celle des deux fuyards reste un mystère malgré quelques pistes. Pour ce qui est du cadavre retrouvé sur les lieux et tué par un sniper, il s’agit de Mohamed Belkaïd, un Algérien de 35 ans en situation illégale sur le territoire belge. S’il a déjà été condamné pour un petit délit en 2014, aucune trace de lui n’a cependant été retrouvée dans les fichiers antiterroristes belges et français. Le portrait-robot de l’un des deux individus ayant pris la fuite a été diffusé par la police, il est décrit comme étant « de type nord-africain, âgé entre 25 et 28 ans et mesurerait 1m85 ». Si le parquet fédéral belge a tenu à rester discret concernant leurs identités, certains journaux belges affirment qu’il s’agirait des frères El Barkaoui même si de grandes précautions sont émises à propos de ces noms. Ceux-ci sont connus pour plusieurs faits divers de banditisme et l’un deux était déjà recherché en raison d’une suspicion d’un lien avec des groupes terroristes. Par ailleurs, deux autres personnes ont été interpellées suite à l’assaut mais ont été relâchées, faute d’évidences concernant une éventuelle corrélation avec l’assaut de mardi et les attentats du 13 novembre. Mohamed Belkaïd n’était pas connu des services pour son rapport avec l’Organisation Etat Islamique et le terrorisme, mais des munitions, un livre sur le salafisme ainsi qu’un drapeau de l’OEI ont été retrouvés dans l’appartement suite à l’assaut, témoignant d’une évidente allégeance à Daesh.


 

Une lutte qui sera longue..

 

Ce qui est sûr c’est que les deux grands suspects restant des attentats du 13 novembre à Paris, à savoir Abdeslam Salah et Mohamed Abrini, ne faisaient pas partie des raisons de la perquisition. La disparition de ces deux individus continue de mobiliser les services de renseignements belges et français. Cependant il y a très peu de chances qu’il s’agisse des deux suspects en fuite depuis l’appartement de Forest.

Les efforts de la part des autorités se ressentent aujourd’hui et ont permis d’éviter plusieurs attentats sur notre sol depuis le 13 novembre 2015. Cela a pu se voir mercredi 16 mars à Paris entre autres. Malgré tout, la lutte contre le terrorisme sur le territoire européen prend des allures de casse-tête géant qui risque de s’avérer fort compliqué à élucider, avec de nouveaux noms comme Mohamed Belkaïd qui continuent de passer entre les mailles du filet.

(Nicolas Lambert/AFP)