L’équipe de football féminin de l’Olympique Lyonnais est déjà connue pour être un des meilleures, si ce n’est la meilleure, au niveau européen. En attirant la superstar américaine Alex Morgan, c’est bien le gratin mondial que vise l’équipe de Jean-Michel Aulas.


L’histoire d’un club visionnaire
 

C’est l’histoire d’un visionnaire, d’un bon coup qu’il a été parmi les premiers à flairer en France. Jean-Michel Aulas, le président de l’Olympique Lyonnais s’est engagé dans son équipe de football féminin dès le début du XXIe siècle et, en étant le précurseur du professionnalisme dans ce sport, a permis à son équipe de figurer dans le gratin national très vite. C’est bien simple, avec 14 titres de champion, dont 10 acquis à la suite depuis 2007, série en cours, il ne reste que des miettes pour leurs adversaires, comme la Coupe du France, sur laquelle elles ont tout de même mis la main sur les 5 dernières éditions. Puisque les frontières hexagonales étaient trop petites pour elles, les Fenottes, puisque c’est ainsi qu’on les surnomme, se sont lancées à l’ascension de la Ligue des Champions, qu’elles ont remporté 3 fois, dont la dernière cette année. Elles sont même allées jusqu’à remporter la Coupe du Monde des clubs en 2012, compétition autrement plus disputée chez les féminines que chez les garçons.
 

En effet, contrairement au football masculin, la différence entre les championnats européens, américains voire asiatiques, est très fine. Il existe d’excellentes équipes au quatre coins de la planète, notamment aux Etats-Unis, qui est surement le meilleur pays de football féminin de la planète. Le pays cumule trois victoires en Coupe du Monde, quatre titres olympiques et sept Gold Cups. Parmi cette équipe de championne est tirée Alex Morgan, 27 ans, championne du monde, championne olympique, auteure de 69 buts en 116 sélections sous le maillot de la Team USA.

Le destin d’une joueuse hors-normes

Alex Morgan fait très clairement partie des joueuses les plus bankable de la planète. Son niveau de jeu incroyable en a fait une des sélectionnées pour le titre de joueuse de l’année par la FIFA. De plus, il ne faut pas le cacher, son physique agréable a séduit nombre de passionnés à suivre ses exploits, ce qui a fait d’Alex Morgan la joueuse de football féminin la plus médiatique du monde. Elle est suivie par 4,4 millions de personnes sur Instagram et 2,8 millions sur Twitter, elle est la première femme à avoir figuré sur la jaquette américaine du jeu FIFA 16.

Alex Morgan a déjà connu cinq clubs depuis la fin de ses études universitaires mais les années les plus fastes de sa carrières, elle les a passé au Portland Thorns FC, entre 2013 et 2015, deux saisons de folie avant qu’elle ne rejoigne le Orlando Pride, une toute nouvelle franchise, début 2016.

Une rencontre orchestrée par Jean-Michel Aulas
 

Cela fait déjà de nombreux mois qu’Alex Morgan est courtisée par le président lyonnais. Si les premiers contacts ont été noués avec l’agent de la joueuse, c’est sur les réseaux sociaux qu’une longue phase de trade s’est engagée, l’homme fort des Gones n’hésitant pas à régulièrement envoyer des tweets à l’internationale américaine, vantant les mérites du football féminin tricolore et de sa formation. Beaucoup se moquaient de le voir draguer ainsi ostensiblement Alex Morgan, jusqu’à ce qu’il obtienne, un peu à la surprise générale, gain de cause. Ainsi, le président explique à RMC : « On a engagé une période de séduction vis-à-vis des fans pour montrer que les Etats Unis pouvaient s’intéresser à ce qu’était le foot européen qui est sur le plan des clubs, le meilleur foot mondial. Lyon représente dans cette hiérarchie un haut niveau de performance. On a sensibilisé Alex sur l’identité de Lyon, ses performances. »
 

C’est donc pour un prêt de six mois, à partir de janvier 2017, renouvelable, qu’Alex Morgan va découvrir la capitale des Gaules et la D1 féminine. Sur le plan sportif, l’OL espère bien évidemment en tirer de gros bénéfices, alors que l’équipe pourrait douter, battue par son grand rival parisien la semaine dernière (1-0). Sur le plan économique, il se murmure déjà que les ventes de maillots floqués du nom de « Morgan » s’envolent déjà, principalement… aux Etats-Unis. L’OL ne perd pas le nord tout en mettant le cap à l’ouest.

Théophile Pedrola
(crédits photo : AP)