TENNIS :  
ANDY MURRAY,
THE ONLY ONE 

par Théophile Pedrola

C'était dimanche dernier. Andy Murray remportait (presque) à lui tout seul la prestigieuse Coupe Davis, mettant fin à une très longue disette de 79 ans pour l'équipe britannique.

En Grande Bretagne, il y a définitivement Andy Murray et les autres. Luttant seul contre vents et marées, Andy Murray a réussi son pari : ramener le Saladier d'Argent au Royaume, près de 80 ans après Fred Perry. Murray était bien seul car, avec lui, seuls des joueurs classés au-delà de la centième place mondiale à l'ATP. Que ce soit face à l'Allemagne, la France ou l'Australie, la Team GB a été poussée par un Andy en feu, jusqu'à assurer le spectacle lors du week-end le plus important : celui de la finale. Dans une stratégie l'obligeant à remporter tous ses matchs, il n'a pas tremblé, offrant donc presque en solo la Coupe à son pays. En effet, Andy Murray n'est assisté "que" par Kyle Edmund et James Ward pour les simples, respectivement classés 102e et 156e au classement mondial. Pour ce qui est du double, le grand Andy forme un duo incroyable avec… son frère, Jamie, classé au septième rang du double. C'est donc peu de dire que les résultats de cette équipe britannique reposent entièrement sur les épaules du deuxième joueur mondial. Il est ainsi clairement l'arbre qui cache le désert du tennis anglais.
Il est le porte-étendard du pays, un statut qu’il avait déjà acquis il y a trois ans, en remportant le prestigieux tournoi de Wimbledon puis les Jeux Olympiques de Londres, le même été. Il a ainsi remporté deux tournois du Grand Chelem, les Olympics et, désormais, la Coupe Davis, un palmarès impressionnant qui renforce son statut de mastodonte du tennis à l’heure actuelle.

Un problème dans la Coupe Davis ?

Ce triomphe pose toutefois le problème de la légitimité de la Coupe. Historique, prestigieuse, convoitée par les plus grands, c’est certain. Seulement, pour une compétition par équipes, il semble étonnant de voir qu’un pays avec un seul mastodonte puisse remporter sans sourciller le trophée. Si la présence d’une superstar dans une équipe aide forcément, on pense au football, au tennis, c’est paradoxalement un affrontement en solo qui décide du vainqueur. Si la Suisse avait triomphé l’année dernière grâce à un fantastique duo Federer-Wawrinka, la République Tchèque avait profité en 2013 du seul apport de Tomas Berdych pour gagner face à une Serbie menée par le seul Novak Djokovic, c’est un exemple qui se reproduit très souvent. Cette année, la Belgique a atteint la finale dans une configuration similaire à celle de la Grande-Bretagne, toutes proportions gardées : David Goffin (16e à l’ATP) menant ses troupes. Faudrait-il limiter à un passage par joueur ? Un simple et un double ? Cette question mérite d’être posée, comme toutes celles qui entourent déjà le Saladier d’Argent, notamment à propos du calendrier des compétitions.
Toujours est-il qu’à l’instant T, Andy Murray a guidé son équipe vers la victoire comme un chef, et que ce succès est plus que mérité pour cette équipe et, surtout, pour son leader.

AFP