Dix-huitième long métrage de l’univers cinématographique Marvel, ce film de super héros ne sera pas « une oeuvre parmi tant d’autres ». Black Panther est un film atypique qui a fait couler beaucoup d’encre depuis sa sortie.

Par Robin Grez
Photos Walt Disney Studios

2 mars 2018

Après son apparition dans Captain america : Civil War, le super héros africain Black Panther a droit à son film d’introduction. Suite à la mort de son père lors d’une explosion aux Nations Unies, T’Challa, alias Black Panther, retourne dans son pays, le Wakanda, pour y devenir roi. Ce pays reculé d’Afrique, très pauvre aux yeux du monde, est en réalité richissime et très avancé technologiquement grâce à une matière première présente uniquement sur son territoire, le vibranium. Tentant de vendre ce métal très convoité, un trafiquant et un mystérieux Wakandais vont se confronter à la panthère noire dont le règne va vaciller

Produit avec un budget de 200 millions de dollars, le film cartonne au box-office mondial avec une recette actuelle de 760 millions de dollars en deux semaines d’exploitation. Black Panther peut également se targuer d’être le cinquième meilleur démarrage de l’histoire du cinéma américain. Une nouvelle fois, Marvel semble avoir trouvé la formule magique pour fracasser le box-office.

Wakanda is great !

 

Au-delà du symbole que représente ce film, il faut parler de son contenu, et il faut bien dire que le Wakanda est sujet à débat. Très avancé technologiquement et militairement, ce pays, même s’il est considéré comme un pays du tiers monde par la communauté internationale, se place comme la première puissance mondiale.

Le pays fictif possède une culture, une architecture, des traditions et un mode de vie qui leur est propre. La direction artistique, qui est très réussie, permet de créer une identité locale, mélange de traditions tribales africaines et d’avancées technologiques magistrales. C'est la représentation d’une Afrique qui n’aurait pas subi la colonisation, l’esclavage et l’exploitation de ses ressources par des puissances étrangères. Pour la première fois dans l’histoire du cinéma, un pays africain est représenté comme une superpuissance.

 

Mais ce statut possède des inconvénients, qui sont bien traités dans le film. Le Wakanda est un pays très isolationniste, refermé sur lui-même, qui ne souhaite pas partager sa technologie, au point d’être littéralement invisible aux yeux du monde. Cette politique est entretenue par le roi T’Challa et ses prédécesseurs. Elle empêche le pays d’aider ses semblables qui souffrent à travers le monde.

 

C’est d’ailleurs une des problématiques du film et une des revendications de Killmonger, le méchant : faire en sorte que le Wakanda soutienne la communauté noire dans son combat contre l’oppression blanche, mais surtout, qu’il enrichisse un continent africain miné par une extrême pauvreté.

 

Ces protestations sont parfois soutenues par des critiques de la colonisation et du traitement des noirs par les européens et les américains, toujours selon le point de vue du principal antagoniste. Au final, le Wakanda, même s’il s’agit d’un état africain, aurait tendance à se conduire comme un état européen, en plus isolé.

Make america great again !

 

Oui le Wakanda est un pays indépendant, oui son gouvernement monarchique est totalement autonome, mais oui, les Etats-Unis trouvent un moyen de se faufiler dans le pays, sous les traits d’un agent de la CIA. Même si c’est pour une question de vie ou de mort, cet Américain, dont l’importance scénaristique peut être remise en question, réussit malgré lui à pénétrer dans ce pays très fermé et en vient même à combattre avec ses habitants. Son arrogance, sa méfiance et sa suffisance représentent cet impérialisme américain toujours présent, y compris dans ce pays fictif bien plus avancé.

 

L’univers Marvel étant principalement américain, il est compréhensible que les Etats-Unis soient très présents tout au long du film. L’enfance de Killmonger au pays de l’Oncle Sam explique par exemple sa position de Némésis de la Panthère Noire. Contrairement à son rival, il a vu son peuple souffrir et passer après la population blanche. D’où ses revendications d’ouvrir le Wakanda et d’armer la population noire pour prendre le contrôle de la planète. Au-delà des problématiques politiques, cette présence des Etats-Unis ne peut être qu’un lien entre les différents films, il ne faut pas oublier que ce long métrage fait partie d’une franchise et qu’Avengers : Infinity War n’est pas loin.

Malgré ses quelques défauts dans le scénario et la mise en scène, Black Panther aura sa place au Panthéon des films qui ont fait l’histoire. Plus pour son symbole que pour le film lui-même.

 


VERDICT
3/5