Sorti en France sur la plateforme Netflix ce vendredi 14 septembre, le film Bleach, adaptation en live action du manga du même nom, surprend par son scénario et ses effets spéciaux plus qu’agréables. Notre critique, garantie sans spoils.

Par Julia Maz-Loumides
17 septembre 2018

Après Death Note ou FullMetal Alchemist, nous n’en pouvions plus des adaptations inadaptées qui tiraient nombre de larmes de nos visages amères. Alors, quand l’annonce du film Bleach, tiré du manga du même nom de Tite Kubo, est tombée, un long soupir s’est échappé de nos gorges serrées : un énième titre culte, shônen par excellence, tombera-t-il encore dans les méandres des adaptations ratées ? La réponse est non.

 

Justesse et minutie

 

Réalisé par Shinsuke Sato et produit par Warner Bros Japan, le film Bleach s’est donné les moyens de ravir fans comme néophytes. Avec le pari risqué d’adapter en 1h48 un manga de 16 ans (2001-2017), l’équipe mettait la barre haute. Basée sur les huit premiers tomes, l’histoire reste fidèle au papier, se permettant bien évidemment de dériver à partir de la moitié du film pour un scénario cohérent jusqu’à la fin, utilisant parfaitement la durée du film pour en faire une œuvre complète. Les libertés prises par Shinsuke Sato rendent l’adaptation logique : tandis que l’univers et les relations entre les personnages sont conservés, l’histoire s’ordonne différemment pour ne pas laisser les spectateurs sur leur faim.
 

« Ichigo Kurosaki

Cheveux orange

Yeux marron

Lycéen

Capacité

Il peut voir les fantômes. »
Extrait du film

 

Fidèle au manga, l’histoire raconte les aventures d’un jeune lycéen, Ichigo Kurosaki, qui possède l’étrange faculté de voir les fantômes. Il fait la rencontre de Rukia Kuchiki, une shinigami dont le rôle est de guider les âmes vers la Soul Society (un équivalent du Paradis) tout en combattant des Hollows, âmes monstrueuses.

Deux personnages principaux finement choisis. Sôta Fukushi interprète le rôle d’Ichigo tandis que Hana Sugisaki se met dans la peau de Rukia. Un duo qui fonctionne terriblement bien, rappelant aux fans la relation unique qu’entretiennent les deux acolytes tout en montrant aux amateurs un jeu d’acteur à la hauteur du manga.
 

Les personnages secondaires tels que Orihime Inoue (jouée par Erina Mano) ou Chad (Yu Koyanagi) laissent un peu à désirer, faisant office de figurant dans l’intrigue ou dans le jeu d’acteur, laissant déçus les fans conscients de leur importance. Mais le film n’aurait sûrement pas pu développer toutes ces personnalités dans le temps imparti, les choix du scénario se rendant encore une fois au service d’un film qui se suffit à lui-même.
 

Seul échec du casting : Renji Abarai, interprété par Taichi Saotome, regroupant à lui seul tous les clichés de la racaille japonaise munie de ses faux tatouages et de sa perruque rouge flamboyante. Alors que l’effort a été fait sur les cheveux de Ichigo avec une sympathique teinture rousse, pourquoi s’arrêter après tant de minutie à l’achat de faux cheveux au carrefour du coin ? Le personnage perd quelques cruciaux points de charisme au passage.

Sôta Fukushi est Ichigo Kurosaki (DR)

Place aux détails

 

Les néophytes pourraient se perdre face à la multitude de clins d’œil placés dans le film dont l’histoire complexe peut laisser perplexe : la bande-son reprend les notes électroniques de l’animé, les dessins étranges de Rukia permettent d’illustrer des explications et la barrette d’Orihime se trouve bien à sa place. Autant d’apports pointilleux sur l’esthétique du film qui nous permettent d’en prendre plein la vue. Car oui. L’image est belle. Les plans sont travaillés, laissant la part belle à l’harmonie des scènes tout en invitant le spectateur à observer les moindres détails. Le réalisateur s’est amusé à jouer avec la lumière, utilisant habilement le soleil ou le placement de ses acteurs pour offrir des plans dont l’esthétisme n’est pas oubliée.
 

Il en va de même pour les effets spéciaux ainsi que la création des Hollows, bêtes informes et gigantesques, dont les visages semblent plus réalistes que jamais. Des mouvements fluides, des apparitions plus vraies que natures à l’écran et des combats dynamiques qui nous laissent bouche-bée en attendant le dénouement.
 

Du côté des costumes, le piège serait de tomber dans le simple cosplay : alors que les vêtements semblent parfaitement adaptés et se font une belle place à l’écran, les armes et autres zanpakuto ressemblent plus à des répliques de conventions qu’autre chose, notamment celle d’Ichigo, imposante et peu détaillée.

 

Le film Bleach prend la première place sur le podium des adaptations de mangas, rattrapant les échecs précédents par une qualité d’image détaillée, un scénario complet et en adéquation avec la durée du film. Partant défaitiste, le shinigami remplaçant nous a agréablement surpris et c’est tout ce dont nous avions besoin dans cette époque d’adaptation à tout va. Direction la Soul Society, l’âme en paix.