BOKO HARAM, UNE MARCHE SANS FIN VERS LA TERREUR

par Maxime Wangrevelain

PIUS UTOMI EKPE/AFP/GETTY IMAGES

Après les attentats de Paris revendiqués par Daesh et l’attaque contre l’hôtel Radisson à Bamako, revendiqué cette fois-ci par Al Qaïda, c’est désormais au tour de Boko Haram de commettre des atrocités.

C’est hier que des attentats suicides ont eu lieu dans le nord du Cameroun, dans la ville de Fotokol, tout proche de la frontière avec le Nigéria. Ce sont 4 femmes kamikazes qui se sont fait exploser dans divers lieux de la ville. La cible aurait été un chef tribal local, connu pour être un coordonateur des troupes locales d’autodéfense, 3 membres de sa famille sont également décédés. Par ailleurs dans la nuit suivante, 4 personnes ont été tuées à Achigachia, également dans l’extrême nord du pays par des assaillants de la secte islamiste nigériane.



Boko Haram, une province de l’Etat Islamique
 

C’est l’occasion de revenir sur cette faction qui a changé de nom cette année. En effet si on parle toujours de Boko Haram, il est important de savoir que le groupe s’est rallié à l’Etat Islamique le 7 mars 2015. Celui-ci l’a intégré 5 jours plus tard, lui donnant également un nouveau nom : Celui de l’Etat Islamique en Afrique de l’Ouest. Boko Haram fait également maintenant partie d’une Province de Daesh.

Ce mouvement terroriste d’idéologie salafiste djihadiste a pour origine le nord-est du Nigéria, le pays le plus peuplé d’Afrique avec 177 millions d’habitants. La moitié des habitants se déclare de confession chrétienne, tandis que l’autre moitié se déclare de confession musulmane. Cette distinction est clairement visible d’un point de vue géographique, puisque les territoires les plus septentrionaux concentrent les populations musulmanes, tandis que les territoires méridionaux, eux, sont peuplés majoritairement de chrétiens. Cette distinction est importante puisque depuis de nombreuses années ont lieu des massacres interreligieux, par exemple ceux de Yelwa le 2 mai 2004, qui a fait au moins 630 morts, commis par une milice chrétienne.



Des massacres et des rapts de plus en plus meurtriers
 

Ces massacres se sont intensifiés ces dernières années particulièrement après l’échec de l’insurrection entre aout 2009 et aout 2010. C’est également à cette période que Mohamed Yusuf, le fondateur du mouvement, a perdu la vie. Après des luttes internes, c’est Abubakar Shekau qui prend la tête de l’organisation.

La liste de l’ensemble des massacres serait impossible à réaliser tellement ils ont été nombreux, mais un fait marquant est l’enlèvement des lycéennes de Chibok, qui a eu lieu en avril 2014 et qui a eu un impact très important sur la communauté internationale, notamment avec le #BringBackOurGirls. Selon la directrice de l’établissement où a eu lieu le raid, ce sont 129 élèves qui ont été enlevées et seulement 14 sont parvenues à s’en échapper. D’autres sources officielles parlent de plus de 250 disparues. Depuis 2009, on dénombre 13 000 morts à cause du conflit. Selon une étude faite par l’Institute for Economics and Peace, Boko Haram et Daesh sont à eux seuls responsables de plus de la moitié des morts liés aux actes terroristes. En 2014, la milice nigériane a fait 6644 victimes.
 

Les revendications de Boko Haram sont toujours les mêmes depuis leur coup d’état raté, c'est-à-dire la création d’un califat, et la mise en place de la Charia au Nigéria, ainsi que dans les régions environnantes. Le combat mené par les forces gouvernementales du Nigeria, du Tchad et du Cameroun ne suffit pas à éteindre le brasier Boko Haram, qui ne cesse de s'étendre.