Bolloré contre Guillemot, premier round

Diviser pour mieux régner. C’est la stratégie employée par le président de Vivendi, Vincent Bolloré, pour acquérir Gameloft, un éditeur de jeux vidéo pour mobile. Ce groupe est détenu comme Ubisoft par la famille Guillemot qui n’arrive pas à se mettre d’accord sur comment gérer cette OPA (Offre publique d’achat).


 

Qui sont les frères Guillemot ?
 

Yves Guillemot est un des fondateurs d’Ubisoft, plus grand éditeur de jeux vidéo de France, avec ses frères Claude, Gérard, Christian et Michel. Il est actuellement le PDG du groupe. A côté, lui et Michel ont créé Gameloft en 1999, ce dernier étant le PDG. Si le premier est connu mondialement pour les séries de jeux Rayman, Far Cry ou encore Assassin’s Creed, le dernier s’est spécialisé dans les jeux vidéo mobiles.

Vivendi, de son coté, à toujours eu un pied dans le monde des jeux vidéo. Il y a tout juste 2 ans, le groupe était majoritaire dans le studio Activision-Blizzard, le plus grand éditeur au monde. Aujourd’hui, cet éditeur est indépendant. Bolloré a néanmoins cédé les participations de ce groupe pour se renfoncer autour des autres activités du groupe, à savoir le groupe Canal+ et Universal Music.


 

L’offensive Bolloré
 

Vincent Bolloré a cependant lancé une OPA sur Gameloft, qui selon certains observateurs serait une très bonne chose pour Vivendi. L’éditeur de jeux mobile est constitué de beaucoup d’ingénieurs de ce secteur, qui font défaut jusqu'à maintenant à Canal+. Par ailleurs le groupe Gameloft est en difficulté ces dernières années, puisqu’elle a essuyé d’importante pertes en 2015 et a dû licencier près de 10% de ses effectifs. En face Ubisoft, le mastodonte français, qui est également sous la menace d’être avalé à terme par Vivendi, est plus dynamique, fait un chiffre d’affaire plus important et serait donc une proie plus intéressante. Le risque est la perte d’indépendance qui conduirait les créateurs à quitter l’entreprise.

Bolloré attaque les deux entreprises en rachetant petit à petit les parts des deux groupes dans le but de drainer les ressources de la famille Guillemot. D’un coté Michel veut tenir bon, et essayer de sauver Gameloft, alors qu’Yves souhaiterait vendre l’entreprise pour pouvoir se renforcer chez Ubisoft et faire barrage à Vivendi. Dans tout les cas, les deux frères semble divisés sur le sujet, ce qui enchante Bolloré.

 

La fratrie Guillemot reçoit le soutien de la ministre du numérique
 

En marge de cette guerre boursière, le clan Guillemot vient de recevoir un soutien inattendu, celui d’Axelle Lemaire, la secrétaire d’état chargée du numérique. Dans un entretien donné a Challenges, elle a plaidé pour l’Independence des deux groupe en déclarant notamment que « ce qui fait la force d’Ubisoft et de Gameloft est leur indépendance créative ».

La secrétaire a d’ailleurs reçu un rapport sur le développement du sport électronique, un domaine dans lequel la France commence à prendre du retard sur ses voisins européens, qui sont eux déjà en retard par rapport aux Coréens ou à l’Amérique du Nord. Ce nouveau secteur économique est en effet en  plein boom et représente un business de près de 650 millions de dollars.

(REUTERS)