BRESIL :

UNE CATASTROPHE ECOLOGIQUE SANS PRECEDENT

par Léo Sanmarty

Alors que les monde a les yeux rivés sur Paris, où se déroule la COP21, les eaux du fleuve brésilien Doce ont été pollués par une impressionnante coulée de boue, contenant du plomb et de l’arsenic. On compte une dizaine de morts et d’importants dégâts environnementaux.

Une catastrophe environnementale

C’est sans nul doute la pire catastrophe environnementale de l’histoire du Brésil, un des poumons écologiques de la planète. Le 5 novembre dernier, la rupture d’un barrage minier a engendré la pollution du fleuve Doce, par une coulée de boue polluée au plomb et à l’arsenic dans la province de Minas Gerais au sud-est du Brésil. Le gouvernement brésilien va réclamer 5,2 milliards de dollars aux compagnies minières responsables de cette catastrophe. Samarco, propriétaire du barrage, Vale et BHP Billiton. Selon Vale, les produits toxiques étaient déjà présents sur les rives du fleuve Doce, deuxième plus grand du brésil et aujourd’hui complétement pollué. L’immense coulée de  boues toxiques a ravagé plus de 650 kilomètres de terres brésiliennes jusqu’à l’océan Atlantique. Les dégâts sont considérables, plusieurs milliers d’animaux sont morts intoxiqués par le mercure et les différents produits que contenait la boue, et les zones de forêts tropicales sont dévastées alors qu’au moins 13 personnes ont perdus la vie a Bento Rodrigue, ravagé par la boue. La coulée de boue s’est finalement répandue jusqu’à l’Atlantique, laissant des centaines de milliers de personnes sans eau potable pendant plusieurs jours.

Réagir en conséquence

Jeudi 12 novembre, Dilma Rousseff a promis de faire payer les entreprises, par une amende de 250 millions de reals tandis que la directrice des ressources humaines Vania Somaville s’est vue rassurante en conférence de presse. « La bonne nouvelle, c’est que les substances ne se sont pas dissoutes dans l’eau » s’est-elle exprimée. Cette déclaration laisse envisager une solution au problème mais il n’effacera pas les traces de cette pollution massive, même si la terre gluante n’est pas gorgée de produits chimiques déposés par la coulée de boue. « Il faudra au moins dix ans pour récupérer les conditions environnementales basiques du Rio Doce » a indiquée Mme Texeira, la ministre de l’environnement, Selon "Le Parisien", le géant minier BHP, qui s’est, quant à lui, engagé à soutenir Samarco pour restaurer l’environnement touché par la rupture du barrage n’a pas pu empêcher la chute de l’action de l’entreprise au moment de la catastrophe et voit son image se détériorer au fils des jours auprès de l’opinion publique.
Aujourd’hui, le peuple brésilien, qui traverse une période douloureuse aux conséquences dramatiques, doit trouver des solutions durables. En effet, l’entreprise Vale pourrait entrainer dans sa chute tout une région qui ne vit que grâce à l’industrie minière. Pour faire face à cette destruction, l’état d’urgence a été décrété dans de nombreuses communes du pays afin de faciliter la reconstruction des mines qui gèrent plusieurs milliers d’emplois de manière directe et indirecte.

Au-delà des pertes humaines, la rupture du barrage a engendré une véritable catastrophe écologique, très peu relayée par les medias. La COP21, qui se penche notamment sur le dérèglement climatique et qui oppose les pays émergents, menés par la Chine, aux grandes puissances industrialisés, ne peut pas résoudre de tels problèmes internes. Le Brésil devra donc trouver des solutions par lui-même, ce qui n'est pas chose aisée...

AFP