Bruxelles, nouvelle victime de la barbarie

Plusieurs explosions ont touché ce mardi matin l’aéroport et le métro de Bruxelles, causant la mort d’au moins 26 personnes. A peine plus de trois jours après l’arrestation de Salah Abdeslam, celles-ci montrent que la lutte contre le terrorisme sur le sol européen est loin d’être achevée.

 


Il n’aura pas fallu longtemps aux terroristes pour qu’ils prouvent à nouveau leur capacité à toucher les plus grandes villes occidentales. Tel un mauvais jeu de bingo, après Madrid en 2004, Londres en 2005 et Paris à deux reprises l’année dernière, c’est cette fois à Bruxelles, la ville qui est apparue ces derniers mois comme le cœur du réseau islamiste en Europe de l’Ouest, que de nouveaux attentats ont eu lieu ce matin.

 

Deux explosions à une heure d’intervalle

L’action des terroristes à Bruxelles a visé, comme à Londres et à Madrid, les moyens de transport. Un peu avant 8h30, c’est d’abord le plus grand aéroport de la ville, Zaventem, qui a été le théâtre de l’explosion de deux bombes, apparemment déclenchées par des kamikazes près des guichets d’embarquement. Une zone qui bénéficie pourtant d’une surveillance accrue depuis les attentats du 13 novembre dernier à Paris. L’aéroport a été fermé, évacué, et tous les vols annulés ou déroutés vers d’autres villes, alors qu’un premier bilan évoque onze morts et de nombreux blessés.
Une heure après ce premier choc, c’est la station de métro de Maelbeek, proche géographiquement des institutions européennes dans le centre-ville, qui a à son tour été touchée par l’explosion d’une bombe. Selon un bilan provisoire des autorités, le bilan s’élèverait à « une dizaine de morts » et à des dizaines de blessés sur place. L’origine de l’explosion serait due à la présence d’un colis piégé dans la rame du métro à quai, sa détonation se faisant entendre dans les stations alentours Arts Lois et Schuman, ce qui a dans un premier temps laissé penser que celles-ci avaient également été visées par les terroristes.
Peu après les faits, des précautions ont été mises en place, puisque toutes les lignes de métro bruxelloises ont été fermées et de nombreux trains qui devaient arriver dans la capitale belge ont reçu l’ordre de faire demi-tour.

 

 

L’horreur de retour en Europe
 

Le mode opératoire des terroristes n’est pas nouveau. Il rappelle d’ailleurs grandement celui utilisé lors des attentats de Londres et de Madrid, où des bombes avaient explosé à intervalles rapprochés dans des stations de métro et des trains, causant des pertes humaines conséquentes dans les deux cas. L’émotion et l’incompréhension sont aujourd’hui du même acabit à Bruxelles, des sentiments symbolisés par les mots du Premier ministre belge Charles Michel peu après les attaques : « ce sont des attentats aveugles, violents et lâches ». Face à ce qu’il a qualifié lui-même d’ « épreuve », le chef du gouvernement a ensuite rappelé à ses citoyens qu’il fallait rester « unis » et « faire preuve de calme et de solidarité ». Ce sont ces termes qui ressortent d’ailleurs de la plupart des réactions des chefs d’Etat européens à la suite de ce nouveau drame dû au terrorisme.
Bruxelles, en tant que capitale d’un état européen, était considérée comme une cible depuis de nombreux mois déjà. Dès les lendemains du 13 novembre, c’est en effet dans la ville de Flandre que se sont concentrées les recherches pour retrouver le principal suspect des attentats de Paris, Salah Abdeslam. L’enquête a ensuite peu à peu mis en lumière l’importance que la ville détenait dans le développement du réseau de l’Etat Islamique en Europe occidentale, sans toutefois que Bruxelles ne soit touchée par une attaque de grande ampleur. Ce n’est désormais plus le cas.



Une attaque en forme de représailles ?

Si les informations restent pour le moment très vagues sur l’identité des terroristes à l’origine de ce double attentat, qui n’a pas encore été revendiqué par quelconque faction, le mode opératoire utilisé et la date de ces attaques laisse à penser qu’il s’agit une nouvelle fois d’une action de l’Etat Islamique. Effectivement, quelques jours après l’arrestation de Salah Abdeslam, marquant la fin d’une longue traque se terminant - là où tout avait commencé - dans le quartier de Molenbeek, il est probable que Daesh a voulu montrer que ce qui a été vu par beaucoup comme un coup important porté à son action ne modifiait en rien son plan. Etait-ce cependant l’attentat que préparait Salah Abdeslam au moment de sa capture vendredi qui a été mise en œuvre ce mardi 22 mars ? Au vu des failles de sécurité dans Zaventem évoquées depuis ce matin par les autorités belges, l’hypothèse d’une attaque préparée du jour au lendemain n’apparaît pas comme quelque chose de véritablement envisageable. Contrairement à des complicités au sein de l’établissement, qui pourraient être éclaircies au fur et à mesure que l’enquête sur ces attentats avance.

L'éroport de Zaventem, à Bruxelles. Deux explosions s'y sont produites ce matin. (Wikimedia Commons)