La question environnementale a donc pris un gros poids dans la vie des Français, l’avenir du monde étant intimement lié à ces questions. Seulement nous entendons très peu les politiques s’exprimer sur ces questions, l’identité et le chômage phagocytant toutes les autres problématiques. Nous nous sommes donc intéressés à la part faite à l’écologie et l’environnement dans les programmes des politiques.
 

Première surprise, alors que nous sommes à un peu moins de quatre mois des élections présidentielles seul François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite, possède un programme arrêté.

Concernant le PS, la primaire aura lieu le 22 et 29 janvier et nous ne pouvons donc pas encore connaitre quel programme politique sera appliqué.



Macron prend les devants dans Révolution

De son côté, Emmanuel Macron n’a pour l’instant pas encore publié son programme. Mais dans Révolution, son livre qui fait figure de préambule à la publication de son futur programme, il consacre à un chapitre nommé « Produire en France et sauver la planète » à l’écologie. Il veut tout d’abord faire de la transition écologique l’un des trois domaines prioritaires de l’investissement public au côté de l’éducation/la formation et du déploiement de la fibre numérique sur l'ensemble du territoire planifié sur cinq ans. Il propose ensuite de placer les territoires d’outre-mer au centre de la nouvelle politique environnementale de la France, avec l’institution d’une organisation en charge de ces problématiques.

Le leader d’En Marche ! veut entrelacer son programme économique et son programme écologique considérant par exemple comme avancée le fait que « la place financière de Paris est en train de se doter d’une stratégie et de règles du jeu susceptibles de la transformer en leader international de la finance verte ». Plus classiquement, Emmanuel Macron prône le développement des voitures électriques, des transports en commun dé-carbonés, d’aménagements urbains facilitant le déplacement des piétons et des vélos en ville…
Concernant le monde agricole, Emmanuel Macron veut, pour la prochaine réforme de la Politique Agricole Commune (PAC) de 2020, que la lutte contre la volatilité des prix soit discutée.
Pour les consommateurs, il veut l’institutionnalisation des labels de qualité des produits.

Pour l’UPR, François Asselineau n’invoque délibérément pas le sujet de l’écologie et de l’environnement au même titre que la fiscalité, le tourisme, la fonction publique et de certains sujets de société tel que l’euthanasie, l’IVG, le mariage homosexuel, etc. Effectivement il considère que ce sont des débats clivants, qui doivent être mis de côté pour l’instant pour pouvoir tous se rassembler sur ce qu’il considère être l’essentiel (démocratie, les libertés, le social,...). Asselineau voudrait ainsi que les décisions sur ces domaines soient prises ultérieurement, lors des élections législatives, dans le cadre d’un débat démocratique.

 

Quant-au Modem, François Bayrou a indiqué le jeudi 1 er décembre au micro de BFM TV qu'il communiquerait sa décision « d'ici à fin janvier, début février ».
 

Le FN fait partie de ceux n’ayant toujours pas rendu public leurs programmes. Sur leur site, le parti indique qu’il le publiera au cours du mois de février 2017.

Capture d'écran de Generationwhat.fr

Capture d'écran du site internet du Front national.

Un programme participatif pour les Insoumis

Jean-Luc Mélenchon n’a également pas dévoilé son programme.

Cela s’explique par le fait que, celui-ci se voulant collaboratif, il est actuellement discuté par les militants et  les internautes et un programme final n’a pas encore été mis au point.

La question environnementale fait quand même partie d’un des sept axes programmatiques de Jean-Luc Mélenchon, appelé « Planification écologique ».

Les mesures détaillées dans la suite de l’article sont prise de la seconde synthèse des contributions des internautes, dernière version sortie.

 

Six points ont été retenus par les internautes à partir desquels tout le programme écologique découle : une agriculture paysanne et écologique, un arrêt des gaspillages et une gestion des déchets, l’énergie, les transports et l’aménagement du territoire, les forêts et la démocratisation écologique.
 

  • Une agriculture paysanne et écologique ;

- Soutenir l’agriculture biologique, l’agroforesterie, la permaculture

- Supprimer les droits de propriété sur les semences paysannes.

- Stopper les formes d’abattage industriel

- Soutenir l’installation et limiter l’endettement initial des jeunes agriculteurs(-trices),

- Améliorer la transparence et la lisibilité de l’étiquetage des produits (origine, composition, etc.)

 

  • Arrêt des gaspillages et gestion des déchets ;

- Généraliser le compostage des déchets verts, y compris en ville, ainsi que le recyclage, dans le cadre de « l’économie circulaire », et la réparation.

- Obliger les producteurs à accompagner leurs objets d’une notice permettant leur réparation.

- Lutter contre le suremballage, les emballages polluants et l’obsolescence programmée (garanties).

- Développer les alternatives aux produits et matériaux non recyclables

- Mettre en place une taxe kilométrique sur l’éloignement entre la collecte des déchets et leur traitement

- Interdire ou limiter fortement la publicité « consumériste »

 

 

  • Énergie ;

 - La création d’un pôle public de l’énergie en lien avec des initiatives locales comme des coopératives locales de production et consommation d’énergies renouvelables et favorisant l’autoproduction et le partage des excédents.

- Le refus de l’énergie nucléaire et des risques qu’elle représente

- Une plus grande sobriété énergétique, notamment dans l’éclairage public et privé (commerces, panneaux publicitaires, etc.).

 

  • Transports et aménagement du territoire ;

- Selon les contributions abordant ce thème, il est nécessaire de développer les transports en commun, accessibles pour tous voire gratuits, favoriser l’intermodalité (par exemple en proposant un pass multimodal), démocratiser leur usage, multiplier et diversifier les formes de mobilité (en particulier modes en partage, formes de mobilité propres et décarbonées).

 

  • Forêts ;

- Mobiliser et transformer les ressources forestières dans le cadre de filières écologiques, pour approvisionner des scieries locales et éviter les exportations de produits bruts et les importations de produits transformés.
 

  • Démocratisation écologique
    Des contributions proposent de repenser la place de l’écologie dans la société :

- Créer un réseau d’eau grise, pour économiser l’eau potable lors de certains usages (toilettes, etc.) sur la base de la réflexion autour des « biens communs ».

- Planter des arbres fruitiers en accès libre dans les espaces verts urbains.

- Créer un nouvel indicateur (fusionnant PIB, IDH, etc.) en incluant les impacts écologiques positifs ou négatifs de la société.

- Intégrer l’écologie aux programmes de l’enseignement secondaire.

 

Yannick Jadot, candidat d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) ne possède pas de programme politique à part entière disponible pour le moment.
 

Au cours du discours du 7 novembre 2016 faisant suite à sa victoire à la primaire écologiste, Yannick Jadot a Le candidat des Verts milite pour « une France 100% énergies renouvelables, une agriculture paysanne et biologique, une alimentation saine et conviviale, (…) des transports collectifs accessibles » sur le plan écologique.

Il réfute également « l’Obsession nucléaire, le maintien des centrales à charbons, le choix du tout camion, le diesel, le soutien à l’agriculture la plus industrielle : ces choix maintenus depuis des décennies ne sont pas seulement néfastes pour le climat et pour la santé, ils nous privent de centaines de milliers d’emplois et d’entreprises dans tout le pays, maltraitent les animaux et font disparaître les services publics. »
 

Même si des mesures précises n’ont pas encore été dévoilées, le plan de route de Yannick Jadot semble donc déjà tout tracé.

 
 

François Fillon, un programme écologique déjà achevé ?
 

Enfin, le seul programme complet et fini est celui de François Fillon.

Le programme de Fillon, le plus conséquent de tous avec pour l’instant 13 pages de propositions, est un mix entre des idées affirmées comme l’investissement dans le nucléaire et la proposition de continuer ce qui se fait déjà,  comme la prime pour l’achat d’une voitures électrique par exemple.

Finalement on se rend vite compte que les idées réellement nouvelles sont relativement peu nombreuses et que, comme Macron, l'ancien Premier ministre voit l’écologie comme un formidable levier économique. Voici les princiapales idées du vainqueur de la primaire de la droite et du centre :

 

Sur les gaz à effet de serre : Il propose de fixer le prix de la tonne de CO2 à 30 euros sur le marché du CO2. Effectivement, avec les quotas imposés par l’UE ou les organisations internationales, un pays n'ayant pas consommé son quota peut vendre les tonnes de CO² non utilisées à un pays qui a consommé plus que son quota.
 

Sur le nucléaire : C’est la filière sur laquelle Fillon veut le plus miser. Il propose notamment de passer la durée de vie des centrales nucléaires  de 40 à 60 ans et de miser sur les centrales de 4ème générations ainsi que de plus petites centrales pour satisfaire les besoins des grandes villes ou des régions à faible densités démographiques.

Les énergies renouvelables : François Fillion dit vouloir en faire une filière industrielle d’excellence et pour cela il propose d’autoriser l’autoconsommation de l’énergie produite de manière autonome, renforcer les pôles de compétitivité et favoriser l’émergence de fond d’investissements privés destiné à financer cette filière.
 

Un habitat durable : Il veut inciter par un crédit d’impôt à l’utilisation d’éco-matériaux (matériaux qui de leur production à leur recyclage répondent à des critères environnementales), instaurer pour les artisans commerçants et auto-entrepreneurs une franchise de TVA et faire progresser le niveau de qualification des artisans de la construction.
 

La mobilité durable & électrique : Il veut engager la préparation de la mise en concurrence de la SNCF, donné aux régions les compétences pour l’organisation du territoire et de la mobilité sur leur territoire sauf pour les transports urbains et inciter au développement des véhicules à énergie propre.
 

Faire des déchets une ressource : Il veut multiplier par au moins 4 la taxe de mise en décharge, payée par les entreprises ou les communes, en la fixant à plus de 100 euros la tonne contre 25 euros en actuellement ; Appliquer un taux de TVA réduit sur les produits intégrant plus de 50 % de matériaux recyclés dans leur composition ; Etendre l’obligation de récupération de leurs propres produits en fin de vie par les industriels c’est à dire interdire la mise en décharge des produits intégrant des composants rares.
 

Une politique de l’eau : protection efficace des zones de recharge des nappes dès lors qu’elles sont exploitées pour produire de l’eau potable ; l'Etat devra en partenariat avec les collectivités locales inciter à accélérer la remise en état des réseaux d'eau

 

Des initiatives positives : Abroger toutes les normes surajoutées par rapport aux directives européennes dans un souci de simplification de la vie de nos citoyens et de nos entrepreneurs. J’ouvrirai aussi un chantier juridique de simplification et de reprise des règles d’opposabilité en matière d’environnement (il sera alors plus difficile pour un citoyen de s’opposer à une décision de l’Etat en matière environnementale) ; Encourager les circuits courts et l’économie sociale et solidaire, pour les matériaux comme pour la chaîne alimentaire, en permettant aux artisans locaux de bénéficier d’une franchise de TVA jusqu'à 50 000€ de chiffre d’affaires ; Etendre le système des tickets restaurant à un « chèque circuit-court » pour permettre aux salariés d’utiliser leurs tickets pour acheter les produits locaux
 

Ouverture à la concurrence et  régulation des marchés : Permettre aux Français et aux industriels de consommer l'énergie qu'ils produisent eux-mêmes ; Améliorer la fluidité de fonctionnement du marché par la mise en place des réseaux de distribution et des compteurs intelligents permettant à chaque citoyen, entreprise ou collectivité, d’optimiser sa consommation dans une approche complètement décentralisée ; Gérer EDF comme une entreprise de plein exercice selon la stratégie de l'Etat actionnaire qui doit refléter l'intérêt public mais sans l'interférence des ministères au quotidien.