La phase de poules de la Coupe d’Afrique des Nations est arrivée à son terme cette semaine avec son lot de surprises, ses confirmations, ses déceptions. Retour sur la première partie de la compétition et regard sur les survivants des qualifications.

 

Des pertes pour le spectacle

 

Sur les seize sélections engagées dans la compétition il n’en reste donc plus que huit qui peuvent prétendre au titre de champion d’Afrique et succéder à la Côte d’Ivoire, gagnante de la dernière édition en 2015. C’est cette même équipe qui récréé l’exploit cette année mais de la pire des manières, ne passant même pas au second tour de la compétition en étant pourtant l’un des grands favoris. La deuxième nation africaine au classement FIFA avait pourtant de solides armes pour aller au bout de la compétition, avec des joueurs passés ou encore présents dans les plus grands championnats tels qu’Eric Bailly, Wilfried Bony ou Salomon Kalou. Ils terminent malheureusement pour eux troisièmes du groupe C.

Le second absent de ces phases finales est la sélection algérienne emmenée par le meilleur joueur de Premier League 2015-2016 et champion avec son club de Leicester, l’inévitable Riyad Mahrez.  Les Fennecs se devaitent d’assurer le spectacle et auraient pu sans prétention espérer terminer dans la carré final au vu de leur effectif de qualité. Leur statut de favori les a probablement moins galvanisés que mis sous pression et desservis. Ils sortent par la petite porte sans aucune victoire, derrière les efficaces sénégalais et leurs éternels rivaux marocains.

Toutefois, a plus grande déception vient probablement des Gabonais. La sélection n’a pas nécessairement un effectif au niveau de ceux cités précédemment, malgré la présence de leur pépite Pierre-Emerik Aubameyang qui enchaîne depuis 2013 les performances de choix avec son club du Borussia Dortmund. On en attendait tout de même plus, car l’équipe jouait à domicile, et en allant le plus loin possible, la fête n’en aurait été que plus belle. L’élimination du Gabon est d’autant plus regrettable que l’équipe sort invaincue mais également sans victoire… « Aubam’ » qui marque en club environs deux buts tous les trois matchs, n’aura pas su porter son équipe et peut s’en mordre les doigts.

 

Des qualifiés de qualité

 

La présence de ces trois sélections en quarts de finale aurait certes pu ajouter de la qualité aux échéances qui débuteront samedi 28 janvier. Les équipes ayant survécu n’ont peut-être pas autant de « stars » que l’Algérie ou la Côte d’Ivoire, mais au niveau de l’histoire et du palmarès, les éliminés surprise ont plus à leur envier. A commencer par l’Egypte, l’une des trois sélections africaines à avoir déjà atteint le top 10 du classement FIFA, mais surtout l’équipe la plus titrée de la CAN avec sept victoires dont trois d’affilées en 2006, 2008, 2010. La sélection n’a par ailleurs plus atteint les quarts de finale depuis leur dernière victoire. Leur présence tient étrangement cette année autant de la surprise que de l’évidence.
En plus de l’Egypte, les deux équipes suivantes les plus titrées de la compétition avec quatre victoires chacun, le Ghana et le Cameroun sont, cette année, présentes parmi les huit qualifiés. La première, finaliste de l’édition précédente, est également depuis 2010 l’une des équipes les plus constantes du continent. La tendance de cette CAN 2017 semble donc être un retour en force des équipes historiques d’Afrique.

Nous pouvons encore mentionner deux autres sélections dont les chances sont toutes aussi grandes. Le Maroc, dirigé par le technicien français Hervé Renard, est une surprise si l’on regarde ses résultats depuis une bonne dizaine d’années. Cependant elle compte cette année un atout non négligeable grâce à son entraîneur qui a déjà remporté la compétition avec deux équipes différentes, dont la Côte d’Ivoire en 2015. Son expérience dans cet exercice qu’il affectionne particulièrement donne cette année l’opportunité au Maroc d’aller au bout de la compétition.

Enfin, le Sénégal, dont les performances sont en demi-teinte depuis l’exploit de la Coupe du Monde 2002 où ils avaient atteint les quarts de finale, remonte progressivement la pente ces trois dernières années et est aujourd’hui la première nation africaine au classement FIFA. L’équipe s’appuie depuis 2015 sur son jeune entraineur Aliou Cissé, 40 ans qui affiche depuis son arrivée le bilan plutôt flatteur de 13 victoires, 2 nuls et 4 défaites. C’est également l’un des deux seuls entraineurs africains avec Florent Ibenge de la République Démocratique du Congo à être encore présent à ce stade de la compétition. Notons par ailleurs qu’ils n’étaient que quatre sur seize au début de la compétition et qu’une victoire de l’un des deux constituerait avant tout une victoire pour le football africain.

 

Quoi qu’il en soit, nous devrions assister à des rencontres de qualité et chaque équipe, y compris celles qui n’ont pas été mentionnées, la Tunisie et le Cameroun, ont leur chance de remporter la victoire et de soulever ce prestigieux trophée. Espérons à présent que la fête soit totale et que cette fin de compétition se déroule sous les meilleurs auspices.

 

Les rencontres de ce week-end :

 

Samedi

Burkina Faso – Tunisie  17h

Sénégal – Cameroun  20h

 

Dimanche

RD Congo – Ghana  17h

Egypte – Maroc  20h


Ivan Mucunski
Photo Gabriel Bouys / AFP