Oyez, oyez, chers électeurs. Cette semaine, dans votre Carnet de Campagne, retrouvez les derniers ragots et rumeurs sur vos stars politiques préférées. Suivez en direct le pétage de plombs d'Emmanuel Macron. OMG, comment va-t-il s'en sortir ??? François Fillon pourra-t-il reconquérir le cœur de sa France bien aimée ??? C'est à suivre !
 

Puisque, apparemment, le putaclic commence à faire recette en politique, l'auteur de cet article se permet de mettre à profit les techniques ayant, par le passé, fait leurs preuves en matière d'audience. Pour en revenir au sujet de base (la politique, je crois ?), alors que l'élection présidentielle se déroule dans exactement neuf semaines, la campagne se transforme de plus en plus en un objet incompréhensible et non appréhendable pour le simple commun des mortels. Les différents candidats enchaînent les conneries et les incohérences, tout en se pavanant dans tous les médias possibles et imaginables. Là est un des principes du politique en campagne : même une énorme connerie doit être entendue par chacun et chacune. Ce n'est pas Florian Philippot, chroniqueur à plein temps de BFM, mais également stagiaire sur à peu près toutes les chaînes de France, qui dira le contraire. Ainsi, Macron, jamais à cours de citations littéraires aussi inutiles que pontifiantes, a tenté le tout pour le tout en déclarant que le programme politique ne devait pas être le centre d'une campagne politique. Alors que la quasi-totalité de la France commence à se rendre compte qu'il se fout de sa gueule, Macron joue le tout pour le tout, tentant à nouveau de s'imposer comme un homme providentiel au-delà des idées politiques. Quelle belle idée pour redorer le blason d'une monarchie présidentielle en manque de grands principes directeurs, souillée par une incohérence frappante de tous ses représentants depuis maintenant quelques quinquennats... Un système à bout de souffle doit-il être remplacé ou renforcé ? Macron a choisi son camp, et tente d'incarner plus que de penser.
 

Dans le même temps, Mélenchon, qui prétend vouloir une Sixième République pour, entre autres, détruire cette image de monarque présidentiel, reste droit dans ses bottes cirées par son égo surdimensionné et prétendant encore à une stature qui correspondrait à sa classe internationale. Il a tout de même échoué à plus ou moins toutes les élections auxquelles il s'est présenté, à part les européennes, le Parlement européen devenant la poubelle de tous ceux qui ont raté les élections nationales, comme Morano ou les inénarrables Le Pen. Et c'est avec ce bagage prestigieux que Mélenchon, et après s'être soustrait au scrutin de la primaire, pense pouvoir incarner la gauche à lui seul, regardant Hamon de haut tout en se faisant distancer par lui dans les derniers sondages. Mélenchon pouvait sûrement y croire il y a encore quelques semaines, quand Hamon n'avait pas encore réalisé son coup de poker. Sauf qu’aujourd’hui, il ne lui reste guère plus que sa chaîne Youtube pour le flatter dans son action, dézinguant la classe politique avec la même crédibilité que Don Quichotte contre des éoliennes, ou que Ciotti contre la Terre entière. 
 

En parlant de Ciotti, celui-ci, tout en n'étant pas candidat, reste le champion toute catégorie de la connerie médiatique, alignant les imbécillités et déclarations aléatoires sur l'ensemble du PAF. Il a ainsi réussi à sortir que le retrait de François Fillon serait un scandale démocratique, convaincu par conséquent que le détournement d'un million d'euros d'argent public n'est pas un scandale mais un service rendu à une famille en détresse. Il serait temps de payer correctement le métier politique, comme dirait notre maître à penser Alain Minc, qui, avec l'aide de Michel Onfray et Jacques Attali, se farcit l'entièreté de la forêt amazonienne en publiant une encyclopédie d'absurdités toutes les semaines. François Fillon continue donc sa course, à une vitesse folle, et, en bon Ayrton Senna du XXIe siècle, risque de se prendre le mur à l'arrivée. Ceux qui pensaient encore que certains politiques de droite étaient honnêtes se rassureront en voyant que 70% des sympathisants de droite souhaitent que Fillon reste dans la compétition électorale. Puisqu'on vous dit que c'est une tradition chez eux ! Ça explique les victoires au premier tour de Balkany à chaque municipale de Levallois-Perret. Dans le même temps, on imagine aisément Sarkozy, s'auto-empêchant de parler dans les médias à coups de doses pachydermiques de Lexomil, se préparer dans l'ombre pour un retour en fanfare sur le devant de la scène.

Tout ce que l'on peut voir, c'est que l'heure est aux hommes providentiels - pas aux femmes, il serait dommage d'être égalitaire. Ces être fantastiques sont en effet venus pour tous nous sauver, pour nous tirer des griffes de l'effroyable Hollande, pour guider la France vers un avenir resplendissant, en suivant sa destinée légendaire héritée d'un roman national cher à Fillon. Si ce que je viens de vous dire semble sonner faux, c'est normal, c'est une musique politicienne. Pourtant, elle continue d’envoûter une bonne partie de la population française, qui succombe encore aux charmes de joueurs de pipeau arrivistes. La tradition politique française n'a toujours pas commencé à se renouveler.

PAR THOMAS HERMANS
PHOTO GABRIEL BOUYS  / AFP

Ceux qui pensaient encore que certains politiques de droite étaient honnêtes se rassureront en voyant que 70% des sympathisants de droite souhaitent que Fillon reste dans la compétition électorale.

Un système à bout de souffle doit-il être remplacé ou renforcé ? Macron a choisi son camp, et tente d'incarner plus que de penser.