Christiane Taubira prépare-t-elle son départ ?

La ministre de la justice a clairement affiché son opposition à la déchéance de nationalité pour les binationaux. Cette prise de position a suscité un malaise et l’incompréhension dans la majorité. Alors, Christiane Taubira subira-t-elle le même sort qu’Arnaud Montebourg, Benoit Hamon, Delphine Batoh, ou encore Cécile Duflot ?


Une attitude ambivalente

Même s’il paraît incongru que la garde des sceaux reste au gouvernement, la déchoir de son ministère semble aussi difficile que d’enlever la nationalité aux binationaux liés au terrorisme. Fortement critiquée, Christiane Taubira reste une figure incontournable mais également la ministre la plus intouchable du gouvernement de François Hollande, démontrant toute sa détermination face aux attaques de l’opposition depuis 2012 qui, ces derniers jours, conteste le changement soudain de prise de position de la ministre de la justice. Même si Christiane Taubira a bel et bien défendu la déchéance de nationalité devant le Parlement, la ministre est largement soutenue par son entourage. Qu’a donc cherché le ministre de la justice en affirmant le jeudi 7 janvier son opposition à la mesure d’extension de la déchéance de nationalité ?
De ce fait, Christiane Taubira est aujourd’hui dans une position inédite, ayant dans un premier temps défendu le projet de loi, aux côtés de Bernard Cazeneuve, avec qui la garde de sceaux a signé une tribune dans « Le Monde », puis en la conspuant personnellement sur TF1.


Des tentatives de déstabilisation ?

On a bien du mal à suivre la garde des sceaux alors qu’elle n’a toujours pas quitté le gouvernement, mais pourquoi ? Pour certains, elle représente une femme politique suffisamment forte pour ressouder la gauche alors que pour d’autres, comme Florian Philippot, la garde des sceaux devrait démissionner, une nouvelle attaque du Front National envers Christiane Taubira.
Sur Europe 1, le député PS des Hauts-de-Seine, Alexis Bachelay, a tenu à défendre la ministre de la justice, et a ouvertement critiqué les médias, comme le journal « Marianne » qui avaient déclaré que Christiane Taubira vivait dans un logement social, des affirmations ayant pour but, selon Alexis Bachelay, de « salir » la ministre en la présentant sur le déclin.
La libre parole de la ministre de la justice ainsi que son poids politique dérangent et nombreux sont ceux qui veulent la voir démissionner, mais cela ne semble pas être une éventualité. Selon l’entourage du chef de l’Etat, il n’y aura pas de remaniement et la ministre de la justice défendra bel et bien le projet de réforme constitutionnelle devant le Parlement.