Climat :
le printemps en hiver ?

Qui n’est pas étonné de voir des feuilles aux arbres en plein mois de décembre ? Qui n’est pas étonné de voir son application météo afficher 15°C pour la journée ? La douceur de ce mois de décembre surprend, même si ses explications sont très rationnelles.

 

Des températures records

 

Cette semaine, des records de températures ont été battus en France. En plein mois de décembre, le mercure a atteint 16,2°C au Touquet et à Calais ce jeudi. Le même jour, il faisait 15,6°C à Charleville-Mézières et 15,4°C à Ouessant. Ces chiffres n’avaient jamais été atteints depuis les années 2000. Marion Pirat, prévisionniste à Météo France, explique cette remarquable douceur par « un anticyclone centré sur le sud de l’Europe, qui pousse les dépressions au nord, vers l’Islande. Des masses d’air chaud remontent alors du Maghreb vers l’Europe de l’Ouest ». Cette vague de chaleur devrait se maintenir jusqu’à la fin de l’année. Anne Pineaud, climatologue à Météo France précise que si la douceur persiste, « 2015 pourrait passer au 3e rang des années les plus chaudes en France depuis le début des relevés en 1900 », dépassant ainsi 2003, l’année de la canicule, mais restant derrière 2014. Les trois années les plus chaudes jamais enregistrées le seraient toutes depuis le début des années 2000.

 

La douceur du mois de décembre n’est pas un cas isolé. Partout dans le monde, les températures enregistrées ont battu des records, notamment pendant le mois de novembre. Considéré comme le mois le plus chaud depuis le début des enregistrements, novembre a vu sa température augmenter de 0,97°C par rapport à la moyenne.

 

 

Quelles sont les causes de cette douceur ?

 

Selon les météorologues, une des grandes explications de la douceur du mois de décembre se trouve dans le phénomène climatique naturel « El Niño ». De retour tous les trois ou sept ans, il provoque l’augmentation des températures du Pacifique tropical, la modification des principaux flux de circulations atmosphériques ainsi que le décalage des masses d'air de plusieurs milliers de kilomètres. El Niño tire donc les températures mondiales vers le haut, d’autant plus que ce phénomène est le plus puissant observé depuis quinze ans.

 

Autre phénomène explicatif : la concentration inégalée de CO2 dans l’atmosphère. Le seuil des 400 parties par millions (ppm) de concentration atmosphérique de dioxyde de carbone est sur le point d’être franchi de manière imminente. Ce niveau de concentration est inquiétant car il marquerait le passage du cap des 1°C de réchauffement par rapport à la période préindustrielle. Conséquence concrète du réchauffement climatique, le dérèglement des saisons impacte tout le monde et en premier lieu les agriculteurs qui voient déjà des bourgeons apparaitre sur leurs arbres...