Collèges, lycées : la pilule du lendemain plus accessible

Depuis peu, les infirmiers scolaires de nos collèges et de nos lycées n’ont plus d’excuse pour ne pas donner aux adolescentes cette contraception de secours.
 

La fin des restrictions
 

Avant le 28 mai et la publication du nouveau décret dans le Journal Officiel, l’élève devait présenter une situation “de détresse caractérisée”, à savoir que l’infirmier ne pouvait délivrer ce contraceptif que s'il était l’ultime recours de la jeune fille.

Désormais, et c’est la volonté du ministère de la santé, l’établissement se doit de rendre la contraception d’urgence accessible.  Que l’élève soit mineure ou majeure, en collège ou en lycée, l’infirmier scolaire voit la délivrance du médicament simplifiée.

L’infirmier s’entretient tout d’abord avec l’élève, et lui explique les dangers liés à ce contraceptif d’urgence. Il propose un entretien facultatif avec les parents de la jeune fille, et veille ensuite à la bonne prise de la fameuse pilule et peut assurer le suivi psychologique.

 

L’établissement scolaire inadapté
 

Se pose alors la question de la confiance qu’accordent les élèves en l’équipe pédagogique qui les entoure. Sur le papier, l’infirmier scolaire semble être la personne idéale pour délivrer ce genre de soins : présent tous les jours, il peut être consulté sur le temps de cours et sans que les parents de l’élève ne soient au courant.

Candice* et Louise*, deux lycéennes en seconde dans le Val-d’Oise nous expliquent. D’après Louise, le principal problème dans ce genre de situation est le regard des autres. Une fille qui a peur de tomber enceinte va tout de suite avoir l’air dépressive. Et si elle veut le cacher des autres, elle ne se risquera pas à aller voir l’infirmière.

Candice confirme, il s’agit d’un souci de discrétion. Elle n’est pas sûre que le médecin scolaire va vraiment garder cela pour lui. Elle ajoute qu’un élève qui va à l’infirmerie est toujours noyé sous les questions de ses camarades quand il en sort. Selon elle, cette mesure est utile mais il faudrait surtout insister sur le rôle des pharmacies.

 

L’idée est donc louable de la part de la ministre de la santé, cependant ce décret n’a pas résolu une problématique fondamentale pour ces jeunes filles en situation d’urgence : la confiance en elle mais aussi la confiance dans le personnel médical.
 


*les prénoms ont été changés

(Pixabay)