Au Color Obstacle Rush, 

du fun pas si haut en couleurs

Le nom ne cache rien de plus : le samedi 1er septembre à l’hippodrome d’Enghien, quelques dizaines de jeux gonflables prenaient place dans une ambiance colorée pour les participants de l’édition parisienne du Color Obstacle Rush. Entre poudre rose, bleue, verte, et toboggans, retour sur cinq kilomètres à gros budget.

Par Paul Idczak et Julia Maz-Loumides
18 septembre 2018

Samedi. Il est 10 h. Devant les grilles de l’hippodrome d’Enghien-les-Bains (95), des centaines de personnes se rangent en file indienne en attendant l’ouverture des portes. Baskets aux pieds, les sportifs du week-end s’apprêtent à fouler l’herbe fraîchement tondue de champ de courses pour cinq kilomètres d’obstacles et de couleur. C’est en tout cas ce que promet la société allemande organisatrice de l’événement, à grands renforts de clichés colorés sur son site Internet.

 

Festival ensoleillé

 

11 heures. Après avoir récupéré leur t-shirt offert par l'organisation, les sportifs, perruques vissées sur la tête ou costumes de superhéros moulés sur le corps, se préparent pour leur échauffement. Qui dit course dit préparation des muscles, et pour cela Léo & Paul, respectivement coach et DJ, s’en donnent à cœur joie : abdos, battle de squats, aucun muscle n’est épargné. Tout en rappelant les règles de sécurité, les animateurs mettent en place l’ambiance promise par le Color Obstacle Rush : un véritable festival sportif.

Munis de leur bracelet bleu, tous les participants se tiennent sur la ligne de départ par petits groupes. Coup de sifflet. La course démarre. Les obstacles gonflables rappelant les jeux de nos enfances se dressent devant les participants : sauter, grimper, courir et rire, il suffit de réussir quatre étapes pour dévorer les cinq kilomètres tracés en allers-retours autour de l'hippodrome. Sous un soleil radieux, les sportifs se déversent sur l’hippodrome obstacle après obstacle. Sophie et son mari, vêtus tels des supers héros, reviennent « pour la seconde fois » faire cette course, et pour s’inscrire, ils ont du payer la bagatelle d'une trentaine d’euros chacun. Un tarif « trop élevé » pour Pénélope, Alison et Damien, un groupe d’amis venus eux aussi déguisés : « On s'attendait à plus de moyens... »

 

Mais où sont les couleurs ?

 

Les photographies hautes en couleur de la page Facebook de l’événement paraissent spectaculaires : malheureusement elles sont prises dans les autres pays et autres villes où se déroule le Color Obstacle Rush. Débutant en France, la course n’a visiblement pas installé tout son matériel sur place. Séparés par des centaines de mètres, les obstacles s’enchaînent lentement, laissant le temps aux sportifs de s’ennuyer entre les jeux. Il faut parfois attendre un kilomètre pour rencontrer des jeunes membres du staff qui aspergent les participants de poudre colorée : une rose, une orange, une bleue et une verte. Quatre couleurs, quatre endroits stratégiques sur cinq kilomètres laissant un arrière-goût de revenez-y. La seule solution pour l’arc-en-ciel capillaire reste d’utiliser l’unique pochette de poudre offerte aux sportifs à la fin de la course, utilisée pour une danse finale aux côtés des animateurs. Pour plus de couleur, il faut bien sûr se rendre à la caisse, dépenser quelques euros supplémentaires... au bout d'un événement déjà onéreux. Rush, check. Obstacles, espacés, check. Color, il va falloir repasser.

Au final, le Color Obstacle Rush n’a pas tenu les promesses à la hauteur du tarif de l’événement. Pourtant, les sourires capturés montrent que le festival a réussi sa mission principale : offrir à ses participants des souvenirs mémorables accompagnés de vêtements de toutes les couleurs. Une course qui devra investir pour évoluer peu à peu si elle ne veut pas perdre des candidats face à la rude concurrence parisienne sur ce type d’événement.