par Nathan Bonin

Comment Ikea évite les impôts en Europe

Hier, pendant qu’Ikea nous proposait sur Twitter de réaliser nous mêmes nos propres lampes tasses, le groupe des Verts au parlement européen révélait lui une fraude fiscale d’ampleur européenne d’un montant d’un milliard d’euros.

 

Ikea suédois, pas tant que ça
 

Oui, le fondateur Ingvar Komprad et sa famille sont garantis suédois. En revanche ils possèdent en réalité deux entreprises légalement séparées mais fonctionnant harmoniquement.

La société Ikea Group, basée aux Pays-Bas, qui gère les magasins et la chaîne de production.

La seconde, Inter Ikea Group dépend de la fondation Interogo au Lichtenstein et s’occupe de la franchise de la marque et de ses activités financières.
 

Le slalom entre les législations fiscales européennes


Inter Ikea Group a cependant délocalisé ses activités de collecte de royalties (3% des ventes des magasins) en Hollande. La Hollande, où une succession de traités bilatéraux font que les redevances envoyées depuis l’étranger ne peuvent faire l’objet d’une taxe. En Hollande aussi où les redevances ne sont pas imposées lorsqu’elles sont envoyées au Lichtenstein par exemple.

Enfin, un savant montage financier entre les filiales d’Ikea l’a endetté fictivement afin de diminuer les bénéfices taxables aux Pays-Bas à cause des intérêts. Inter Ikea System finance de 9 milliards d’euros cette transaction en émettant pour moitié des actions Interogo et pour l’autre moitié en empruntant à Interogo grâce à ses différentes entreprises.

 

Derrières ces meubles aux prix attractifs se cache une stratégie extrêmement féroce d’optimisation fiscale grâce aux disparités de législation en Europe. La lutte contre l’optimisation fiscale, tâche majeure de l’Union européenne, doit faire face à des multinationales déterminées à masquer leurs activités financières.