Oyez, oyez, chers électeurs ! Cette semaine, en complément de l'actualité politique sérieuse distillée petit à petit par un consortium de gauchistes dans quelques médias français, La Pause Actu vous propose, une fois de plus, de parler d'un débat télévisé en ne faisant, globalement, que se foutre de la gueule de ses participants.

 En effet, jeudi 12 janvier 2016 s'est enfin déroulé le premier débat de la primaire de la gauche, un débat tant attendu par une partie de la population française (dont nous ne dévoilerons pas ici la proportion, pour éviter toute syncope à un potentiel électeur socialiste qui lirait ces quelques conneries). En prenant le débat dans son intégralité, on peut se dire qu'aucun des candidats ne s'est réellement démarqué, que ce soit par ses propositions ou par sa rhétorique. Certains ont bien essayé de se placer en alternative par rapport à tous les autres, mais les succès d'une telle stratégie est très limité dans une primaire d'un même rang politique, même en bordel complet.

 Individuellement, le plus attendu (par les journalistes visiblement) était Manuel Valls, qui s'est livré à une leçon d'hypocrisie assez malsaine, confirmant pleinement la théorie selon laquelle, pour Manu, nous sommes vraiment tous des gros cons. En effet, dans un débat dont la ligne directrice est le rejet de François Hollande, comment se démarquer des six autres candidats quand on a soi-même été Premier ministre du dit Président encore en fonction. La stratégie de Valls est simple, rejeter Hollande en tant qu'homme, en se fondant sur les conneries du livre de ragots sorti par deux journalistes du Monde. Mais il ne s'arrête pas là, allant jusqu'à critiquer le bilan de Hollande... de l'ère Ayrault, alors que Valls lui-même était encore puceau de toute mesure sécuritaire qui a fait sa réputation par la suite. L'hypocrite en chef Valls continue de retourner sa veste, remplaçant petit à petit Eric Besson au titre prisé de Judas du Parti socialiste, ressemblant, tant dans le fond que dans la forme, à un ancien Président nabot, qui peinait à cacher son énervement sous des doses éléphantesques de Lexomil. Valls, en réaffirmant sa carrure présidentielle à travers une personnification sécuritaire avancée, oublie qu'il participe à un débat de gauche et non à une réunion de travail de la Gestapo à la Kommandantur de TF1. Mais bon, Valls faisant semblant d'être de gauche, on avait plus ou moins accepté l'idée depuis un certain temps.

 De l'autre côté de Valls, idéologiquement, se trouvait Benoît Hamon, le seul à s'être directement pris le bec avec l'ancien Premier ministre, devenant son antagoniste d'un soir. Hamon était pourtant déjà engagé dans une lutte très difficile avec Montebourg, pour l'obtention du titre de seul mec de gauche de la soirée. Devant l'effacement de Montebourg, c'est probablement Hamon qui l'a emporté, étant également le seul à proposer le revenu universel. Pour ces diverses raisons, Hamon a réussi à unifier les six autres contre lui d'une manière encore plus efficace que Valls. Pourtant, l'ancien ministre frondeur est parvenu à marquer des points, ayant bossé son texte et son programme à fond, ne se laissant pas intimider par l'ogre Valls, prêt à tout pour imposer l'idée qu'il est le seul à pouvoir faire gagner la droite face à la gauche. Ou l'inverse, on ne sait plus. Le deuxième frondeur, Arnaud Montebourg, est resté assez distant pendant la soirée, adoptant une posture proche de celle de Juppé il y a deux mois, et qui ne lui a pas porté bonheur. Les trois candidats cités précédemment sont ceux qui entre qui se jouera très probablement le match final de la primaire, mais ce n'est pas une raison pour occulter les quatre autres.

 Le quatrième socialiste de la soirée, Vincent Peillon, est resté ce qu'il est : un maître de conférence un peu hautain, et qui arrivait à avoir une tête d'expert chiant et binoclard sans porter de lunettes. Bien lui en a pris, il n'a ainsi pas pu voir les doigts d'honneur que lui glissait Valls pendant la moitié du débat. De son côté, Sylvia Pinel a eu le mérite d'être présente. Ce qui est déjà pas mal, certains n'ayant même pas réussi cet exploit. François de Rugy aussi était là. Hamon, en plaçant l'écologie au centre de son programme, a réussi à voler à De Rugy le titre d'écolo de la bande. Il paraît qu'il est allé, à la fin de la soirée, pleurer avec Cécile Duflot, qui n'a même pas réussi à se faire élire déléguée des Verts. Le dernier, et non des moindre, est le Bourvil des temps modernes (en raté), le grand Jean-Luc Benhamias. Les observateurs ne savent toujours pas si Benhamias est venu pour faire rire la salle, pour écouter les autres dire des conneries ou juste pour prendre l'apéro. En enchaînant les bons mots gênants dans une pâle imitation de l'humour d'Hollande, Benhamias a réussi son objectif principal, celui de passer pour un con devant quatre millions de téléspectateurs. Heureusement, il n'a absolument pas le monopole dans ce domaine. Benhamias a au moins réussi à montrer que, si le débat n'a pas vu se dessiner de véritable gagnant, il y a tout de même eu des perdants.

Outre les téléspectateurs, évidemment.



Thomas Hermans
Photo TF1