Oyez, oyez, chers électeurs. La nouvelle année (2017, pour les trois du fond qui ne suivent pas) est donc lancée, et nous vous souhaitons 365 jours remplis de joie, de bonne santé et de réussite. Pour que ces belles paroles se réalisent, nous vous conseillons de vous isoler de toute actualité jusqu'à la fin de l'année, de ne sortir de chez vous que pour aller voter aux Présidentielles et d'essayer de ne pas connaître le nom du gagnant avant 2022. Ça serait certainement un coup à choper une dépression carabinée, ce qui va probablement arriver à Cambadélis, mais nous en reparlerons en temps voulu.
 

Au cas où vous l'auriez loupé, chers électeurs, la primaire de la gauche est lancée. Si si, je vous jure ! Apparemment, ils comptent même présenter un candidat à la Présidentelle, ces cons là. Cette primaire est officiellement appelée « citoyenne », comme si les socialistes essayaient de s'auto-convaincre que des gens votaient encore pour eux. D'ailleurs, ils font bien ne pas l'appeler « primaire de la gauche », quand on voit le nombre de candidats de gauche ne s'y présentant pas, et le nombre de candidats de droite s'y présentant... si Manuel Valls et Jean-Luc Bennahmias sont de gauche, François Fillon est un islamiste marxiste et Marine Le Pen une attaliste pro-européenne. Mais passons, nous ne sommes pas ici pour être médisants, nous sommes ici pour formuler une analyse politique constructive, neutre, sérieuse, et dont le taux de subjectivité ne dépasserait pas les 100%.
 

Donc, comme nous vous l'annoncions, la primaire de la gauche est engagée, soulevant les foules comme seul René la Taupe y était parvenu. Les deux tours sont dans seulement deux semaines, et font déjà la une de tous les grands quotidiens, de tous les grands JT et de toutes les grandes émissions de radio. Et c'est bien normal, le Parti socialiste est quand même le parti majoritaire dans tout l'immeuble du 10 rue de Solférino, ce n'est pas rien ! L'immeuble en question a d'ailleurs dû doubler ses effectifs de sécurité, des groupies septuagénaires de Jacques Delors tentant toutes les techniques d'intrusion pour dérober une photo dédicacée de Benoît Hamon ou un trognon de pomme laissé sur une table par Vincent Peillon. Mais ceux que tous attendent de réellement voir apparaître derrière les grilles de Solférino, c'est bien Gérard fucking Filoche, le Némésis de Manuel Valls, le pourfendeur de Cambadélis, le thug de Rouen (le seul ?). En effet, chacun est prêt à dégainer son téléphone portable pour surprendre le duo Filoche-Camba en plein délit de joute, qu'elle soit verbale ou physique, afin d'enfin créer un buzz avec pour sujet le PS. Tristement, cela n'est plus arrivé depuis le 21 avril 2002.
 

En attendant, Filoche écarté, ne restent plus que sept candidats. Tout d'abord, Manuel Valls l'inattendu, le despote en pèlerinage, le champion olympique de foutage de gueule, qui répétait encore il y a trois jours qu'on lui a imposé le 49-3... en parlant des frondeurs. Car oui, pour Manuel Valls, exprimer une opinion et être en désaccord avec un gouvernement, c'est l'obliger à être autoritaire. Bien joué Manu, Erdogan est une fiotte à côté de toi. Il y a également Benoît Hamon l'oublié, qui fut ministre à une époque. Je sais, personne ne s'en souvient, mais bon, il en a l'air content. Puis vient Montebourg le redresseur, qui pense pouvoir apporter des arguments de gauche dans la primaire, le pauvre petit chou. Il y a également Sylvia Pinel la femme. Si cette appellation vous paraît sexiste, c'est parce qu'elle l'est, Pinel sera probablement réduite uniquement à son genre pendant la primaire, un peu comme NKM avant elle, ne pouvant prétendre à présenter son projet sans qu'on lui demande comment elle assume son identité féminine dans cette cour de lutte exclusivement masculine. De toute façon, il faut bien admettre que sa présence n'est due qu'à son appartenance au Parti radical de gauche, façon pour le PS de se montrer faussement ouvert, tout en crachant sur le MRC et Nouvelle Donne. C'est également le cas pour François de Rugy l'écolo et Jean-Luc Bennhamias le... mec ? Bennhamias, c'est un peu ce gars dont tout le monde connaît le nom, mais dont personne ne connaît ni la tête, ni l'utilité. En espérant pour lui qu'on le découvre dans les deux semaines à venir.
 

Après le succès de la primaire de la droite, on était en droit d'attendre de la gauche un sursaut français (cette fin de phrase sonne faux). Pourtant, il faut bien admettre que, pour le moment, le compte n'y est pas. Pendant que Fillon continue de grimper dans les sondages, le PS reste fortement inaudible, et ce n'est sûrement pas la surexposition de l'unique Manuel Valls qui va rendre aux électeurs leur foi en la gauche, partie avec les promesses de François Hollande.


Thomas Hermans
Photo Reuters