Nous revoilà partis pour une nouvelle année. Heureusement, avons-nous envie de dire, tant 2016 nous aura démontré par A + B qu’envisager sérieusement un futur radieux n’était qu’un rêve de gamin insouciant. Mais 2017 ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices non plus. Ainsi, dans deux semaines, l’investiture de Donald Trump nous fera réaliser à quel point Obama, tout imparfait qu’il a pu être, nous manque, et que le peu de réformes efficaces que le président démocrate a pu mettre en place seront probablement retirées par son successeur milliardaire. C’est un fait : les dynamiques progressistes se font aujourd’hui barrer la route par les chantres du retour en arrière et de l’effacement le plus complet possible de ce qui ne deviendrait pas « un quinquennat pour rien » mais deux mandats pour rien, ou presque. Certes, rien ne dit que Donald Trump réalisera ce qu’il a promis durant sa longue campagne clivante comme jamais et marquée par le sceau juvénile de la post truth, mais, les républicains étant déjà en train de réfléchir à l’abrogation de l’Obamacare, cela semble bien en prendre le chemin.
En France, l’assurance maladie ne plaît pas à tout le monde, mais la manière dont François Fillon s’est vu contraint par son propre camp politique de revoir son point de vue sur sa privatisation partielle tend à prouver qu’elle reste encore une valeur inébranlable de notre démocratie. Problème : le fossé entre les paroles, le programme et les actes a toujours été profond. Si François Fillon est élu, rien ne l’empêcherait donc, en théorie, de s’attaquer à la Sécurité Sociale, même si le précédent de 1995 reste un élément de dissuasion indéniable. Dans notre système, le pouvoir exécutif est si fort qu’un président bénéficie en effet d’une aura certaine dans la prise de décision, bien aidé par les ordonnances que le candidat des Républicains a annoncé vouloir utiliser autant que faire se peut durant son éventuel mandat. Le tout sans remettre en question l’existence du 49.3 et son usage constamment controversé par l’éxécutif, malgré la repentance affichée cette semaine par Manuel Valls sous couvert d’excuses étonnantes dans l’Emission Politique de France 2.
En se reniant lui-même, un libéral se met en danger. Comme Trump avec Obama, les prochains mois politiques français pourraient donc bien être ceux du retour en arrière… personnel. S’il s’agit d’une pratique politique loin d’être innovante, reste maintenant à convaincre les Français que le retournement de veste représente un acte de sincérité.



Paul Idczak