... Et le populisme conquit les États-Unis

Donald Trump s’est imposé face à Hillary Clinton et devient le 45ème président des Etats-Unis. Le milliardaire a récolté les 270 grands électeurs requis pour l'emporter dès 8h ce matin. Les Etats-Unis et le monde sont sous le choc, c’est la victoire du peuple contre les élites, c’est la victoire de l’ignorance contre l’expérience. Les prévisions de Fivethirtyeight donnaient à Clinton 71% de chance de gagner, mais cela n’a pas suffi : tout comme pour le Brexit, les sondages ont eu tout faux.

La victoire de Trump est avant tout la victoire des électeurs de l’Amérique profonde, des électeurs qui se sont sentis trahis par l’establishment démocrate ou républicain, c’est aussi la victoire d’une frange raciste et ignorante du pays. 48% des américains ont voté pour un populiste, un homme qui tient un discours pour les intérêts du « peuple ». Ces Américains ont voté pour un nouvel arrivant dans les hautes sphères étatsuniennes. Trump n’a jamais fait de politique et n’a jamais exercé de fonction, tout l’inverse, en somme, de son adversaire démocrate, qui a un CV surqualifié.

Parmi les fameuses mesures choc qui ont permis la victoire de Trump, on peut citer le « Trump Wall », ce mur qu’il souhaite ériger entre son pays et le Mexique, mur déjà existant mais qu’il souhaite « améliorer » aux frais… des Mexicains. Lors d’un discours en juin 2015, le milliardaire a expliqué cette proposition : « Le Mexique nous envoie des gens qui ont beaucoup de problèmes, ils ramènent de la drogue, du crime, ils envoient leurs violeurs », des propos qui ont choqué.  Il a également évoqué l’interdiction de l’arrivée de tout musulman, qu’il soit migrant économique, simple touriste ou bien réfugié. Au niveau de l’immigration, les Etats-Unis deviendront probablement une porte fermée à double tour. La sécurité avant la liberté.

Sur la politique étrangère, il est compliqué de suivre Trump tellement ses avis ont divergé, tantôt isolationnistes, tantôt interventionnistes... S’il souhaite mettre le Moyen-Orient à feu et à sang, il veut également rompre la plupart des accords de libre-échange signés par les États-Unis, remettant notamment en cause le NAFTA. Rien de choquant ici, si ce n’est que le libre-échange est l’un des piliers du pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Le magnat de l’immobilier souhaite donc une rupture totale avec l’Amérique pré-Trump, une rupture qui sera difficile à enclencher tellement les deux chambres, même toutes deux républicaines, sont hostiles au personnage. Hillary Clinton, de son coté, encaisse une défaite qui risque de la mettre K.O. Cette campagne aura été plus que désastreuse pour son image et il est difficile de lui dessiner un avenir politique après ce deuxième choc succédant à son échec contre Obama lors des primaires démocrates il y a huit ans.

Après un gigantesque pas en avant en 2008 avec l’élection d’un afro-américain, c’est aujourd’hui un pas titanesque en arrière avec la victoire de la régression sociale et de l’ignorance. Oui, Trump est bel et bien le nouveau président des Etats-Unis, et il faudra s’y faire.


Maxime Wangrevelain