Equateur : après le séisme, elles témoignent

Romane a 20 ans. Française, elle étudie depuis plusieurs mois à Guayaquil, sur la côte pacifique de l’Equateur. Hier soir, comme une grande partie du pays, elle a ressenti le séisme. Cristina est une jeune équatorienne de 20 ans, elle fait ses études dans à Quito (capitale du pays). Alors que le dernier bilan annonce 233 morts, de très nombreux blessés et des dégâts matériels conséquents, elles racontent :
 

Romane : Le tremblement de terre à eu lieu juste avant 19h, vers 18h52. J’étais toute seule chez moi, la famille qui m’accueille était partie chez des amis. J’étais sur mon lit avec mon ordinateur quand la première secousse est arrivée. Il y en avait déjà eu une quelques mois plus tôt, alors je ne me suis pas affolée. Sauf que celle-ci était beaucoup plus forte, et durait plus longtemps. Je suis donc sortie dehors : tous les voisins du quartier étaient sortis, certains plus affolés que d’autres, certains pleuraient. On n’a pas eu de courant pendant une bonne heure, ce qui fait que tout le monde est resté dehors en attendant. Ici, il fait nuit vers 18h30, donc on était dans le noir.
 

Cristina : Au moment du séisme, je dormais, et ma sœur aussi. On s’est réveillé en sursaut en sentant que les choses commençaient à bouger. Nous avons regardé par la fenêtre et nous avons vu les gens sortir dans la rue. Ils ne savaient pas ce qu’il s’était passé car le secousse a duré très longtemps. Ma sœur a dû rattraper la télévision qui allait tomber. Nous sommes descendus, et avons atteint la porte d’entrée quand ça s’est arrêté. J’avais déjà vécu des séismes de quelques secondes, mais cette fois, c’était beaucoup plus long.
 

Romane : Les gens ne se parlaient pas forcément mais le simple fait d'être tous là rassurait. Ici, ils ont régulièrement des secousses. Il y en a eu une il y a un ou deux mois. Des amis étudiants qui sont là depuis septembre en ont déjà vécu deux ou trois, mais celui ci était particulièrement fort. Le plus important depuis 1979, dit-on. Ce qu'il se passe, c'est que le séisme a été ressenti sur la côte, donc dans les terres personne ne l'a senti. Du coup toutes les familles prennent des nouvelles, les gens qui habitent sur la côte appellent tous leurs amis. Il y a beaucoup de dégâts, tu peux regarder sur la ville de Manta, ou Portoviejo : les images des dégâts sont impressionnantes. Le séisme a été ressenti jusqu'en Colombie et au Pérou. Les médias mettent en garde à de prochaines secousses dans les jours qui suivent. J'ai entendu parler d'une alerte au tsunami, mais je ne sais pas ce qu'il en est à présent. Les centres commerciaux à coté de chez moi sont bien amochés, une jeune fille est morte là-bas... Ce sont surtout les bâtiments hauts qui sont touchés, les maisons n'ont rien. Ce qu'il se passe c'est que Manabi, la région où est situé l'épicentre, est assez pauvre, comme partout en Equateur en général d'ailleurs. Donc les maisons ne sont pas très solides, (enfin, je pense, c’est ce que j'ai vu quand j'y suis allé).
 

Cristina : Ce matin, nous sommes toujours dévastés. Le nombre de victimes continue d’augmenter, et ça a touché l’ensemble du pays. Nous n’avons pas eu de séisme si fort depuis 1979 (d’une magnitude de 7.9, le bilan était alors de 800 morts). Les médias nous tiennent informé des dernières nouvelles. La ville de l’épicentre est Pedernales, c’est une petite ville pas très riche, alors ils appellent à l’aide. Je voudrais juste demande à ce qu’on prie pour les familles des victimes, pour le pays, et pour le monde.

(Ariel Ochoa/AFP)

Carte présentant le séisme et son épicentre