Les Bleus face au racisme  

Depuis leur victoire face à la Croatie en finale de la Coupe du Monde (4-2) ce dimanche, les Bleus, critiqués à cause de leurs origines, font face à un racisme assumé et honteux. 

Par Léo Sanmarty
Photo Léo Sanmarty

17 juillet 2018

La France est championne du monde. L’écrire permet de réaliser l’exploit des 23 Bleus qui ont décroché la deuxième étoile du football français, la leur. Après un match étouffant face aux hommes de Zlatko Dalic, l’arbitre argentin de la rencontre Néstor Pitana a libéré le groupe de Kylian Mbappé, Paul Pogba et d’Antoine Griezmann au coup de sifflet final et fait exulter tout un peuple.

 

C’est précisément ce groupe de joueurs, nos champions du monde, notre fierté, qui est victime de racisme depuis qu’il brille par son talent et son efficacité sur les terrains.

 

A la veille de France-Croatie, l’ancien défenseur croate Igor Stimac, a pointé du doigt les origines des joueurs français et leur légitimité à représenter l’hexagone. Le défenseur croate a manqué une occasion de se taire en postant sur son compte Twitter une liste des Bleus et de leurs pays d’origine et en posant la question suivante : « Quelqu’un sait contre qui exactement on joue la finale ? ». Si le poste a depuis été supprimé du compte, Igor Stimac s’est enfoncé encore plus loin dans la bêtise. « Nous affrontons la République de France et le continent africain », avait-il affirmé juste avant la finale entre les Bleus et le pays au damier.

 

Une haine farouche de l’autre côté des Alpes  

C’est un mal connu du football italien. En mai 2018, la star transalpine et attaquant de l'OGC Nice, Mario Balotelli, déjà victime de racisme et même caricaturé en King Kong par un dessinateur de la Gazzetta dello Sport, avait appelé les Italiens à « se réveiller » face à ce mal qui ronge le pays. Mais après la finale du Mondial, de l’autre côté des Alpes, où 90% des Italiens soutenaient la Croatie (selon un sondage du Corriere della Sera), les messages racistes ont envahi les réseaux sociaux, et ce ne sont pas seulement des cas isolés. Pour la Repubblica, deuxième journal le plus vendu en Italie et l’agence de presse Adnkronos, « c’est l’Afrique qui a gagné », et non la France.
Ce racisme assumé pollue les réseaux sociaux où les comparaisons des joueurs de l'équipe de France avec des « singes » et des « champions du tiers monde » se multiplient.

 

Avant la finale du Mondial un journaliste italien de la Gazzeta dello Sport avait même affiché son désamour de l'équipe de France. « Macron me casse les couilles, la France me casse les couilles, je soutiens la Croatie », avait-il ainsi tweeté, résumant le sentiment de la plupart de ses compatriotes. La preuve que le football peut prendre une importance démesurée.

 

La responsabilité des médias dans ce déferlement raciste est à prendre en compte. 

Fier de nos Bleus 

 

Oui, le racisme frappe aussi en France, il ne faut pas se voiler la face. Mais, comme n'a eu de cesse de le répéter Paul Pogba ou encore Antoine Griezmann durant la compétition, les Bleus sont fiers d'être Français. Comme une réponse aux attaques répétées sur leurs origines.

 

Dans les rues de Paris ce weekend et ce lundi sur les Champs-Elysées, il n'était pas question d'origines, de couleur de peau, mais d'un peuple uni sous un même drapeau : bleu, blanc et rouge. Cette idée de 1998 d'un pays "black, blanc, beur", aussi utopique puisse t-elle être, anime le cœur des Français qui se retrouvent dans cet idéal.

 

A nos amis croates, italiens et d'ailleurs, sachez que Kylian, Paul, Antoine, Benjamin, Nabil, Presnel, Hugo, Steve, Alphonse, Djibril, Benjamin, Raphaël, Adil, Samuel, Lucas, Blaise, N'Golo, Corentin, Steven, Florian, Thomas, Olivier et Ousmane sont bien Français et même qu'ils nous ont rendu fiers.