Ce ne sera pas pour cette fois. En tombant à l’Etihad Stadium contre Manchester City (1-0), le Paris SG s’est vu stopper net alors qu’il avait pour habitude de progresser à chaque campagne de Ligue des Champions. C’est un terrible aveu d’échec pour cette génération qui semble en fin de cycle et pour l’entraîneur, Laurent Blanc, coupable de choix tactiques plus que douteux pour ce match.

Une composition en question

Alors que Paris ne joue qu’en 4-3-3 depuis le début de la saison, Laurent Blanc a décidé d’aborder ce match extrêmement important en bouleversant son organisation tactique. En alignant un 3-5-2, Blanc voulait sans doute permettre de faciliter les transitions attaque-défense tout en surprenant les Skyblues. Résultat : l’équipe était brouillonne à tous les niveaux et, à défaut d’étonner les Mancuniens, les Parisiens se sont embourbé eux-mêmes. Du grand art. Alors que Paris était attendu dans une composition typique (voir image de gauche) avec seul le recul de Di Maria a un poste préférentiel de 8 pour lui permettre d’alimenter le trio d’attaque en bons ballons, profitant peut-être de la vitesse de Lucas, Laurent Blanc s’est mis des bâtons dans les roues tout seul (voir image de droite).

Une composition qui, sur le papier, pouvait paraître intéressante en position offensive contre un adversaire joueur. Seulement, en défense, les joueurs se sont marchés sur les pieds et, en attaque, les cinq n’ont jamais réussi à servir un duo d’attaquants esseulés dans une défense mancunienne bien recroquevillée. Van der Wiel n’a pas réussi à bien monter comme son poste l’exigeait et n’était pas en défense quand Aurier était dans la surface à attendre que la balla lui arrive dessus quand il ne faisait pas des passes décisives à l’adversaire. Seuls Silva et Rabiot ont à peu près surnagé quand toute l’équipe était perdue. Un 3-5-2, utilisé notamment par la Juventus de Turin, peut être tout à fait enthousiasmant, quand l’équipe est préparée à l’utiliser. Il s’agit d’un schéma extrêmement complexe demandant de longs entraînements. Pas en une semaine, entrecoupée d’un déplacement en Bretagne. Mis devant son erreur, Blanc s’est ravisé et est rapidement repassé en 4-3-3, bien que pas aidé par la blessure de Motta. Pendant un moment, le PSG a donc évolué dans une composition surréaliste :

Ce positionnement, adopté peu avant la pause, notamment à cause de la blessure de Thiago Motta, était bien plus cohérent au niveau de la défense. Seulement, coller Rabiot en milieu défensif, poste qu’il pouvait céder à Marquinhos en phases offensive, c’était se priver de son excellent apport en longs ballons. De même, installer Aurier, déjà franchement inquiétant à son poste habituel, en 8, c’était une aberration totale. Si ce choix était dicté, non seulement pas les absents, mais aussi par la malheureuse blessure de Motta, il témoigne surtout d’une énorme erreur tactique de Laurent Blanc. Se préparer pendant un an pour arriver à ce stade de la compétition avec un défenseur à court de forme en position de milieu relayeur, voilà qui a de quoi faire bien rire le gratin des entraîneurs.

Une élimination totalement méritée

Autant, en huitièmes de finale, Paris n’avait pas franchement brillé mais sa qualification restait logique. Autant, ces deux dernières semaines, Paris n’a jamais mérité sa qualification. Ibrahimovic a été globalement fantomatique sur les deux matchs. Les plus taquins me rétorqueront qu’il a inscrit un but très important au match aller, et ils auront raison. Son but gag témoigne d’une volonté de presser pour gagner mais résulte tout de même d’une erreur indigne du très haut niveau de Fernando. De même, rater son face à face à l’aller est rédhibitoire. Hier, il a erré entre le milieu et l’attaque, sans trop savoir où se placer. Ses deux coup-francs sont somptueux mais aucun ne traverse les filets. Encore une fois, il n’est donc pas décisif. Et nous n’avons pas parlé du penalty manqué. Cavani aura été fidèle à lui-même, manquant ses passes, ses centres et ses tirs, peu aidé par un Di Maria dont on attend légitimement plus. S’il n’a pas été mauvais, on l’a trop peu vu dans les passes clés, celles qui donnent des occasions de but. En défense, Aurier est été la plus mauvaise surprise de la double confrontation. Il donne à peu près deux buts à Manchester City à cause de ses approximations. On a connu meilleur retour pour se faire pardonner d’un gros dérapage.

 


Ce qu’il restera ? D’immenses regrets

Si ce compte-rendu est jusque ici très acidulé, il faudra tout de même souligner que Paris n’a pas maîtrisé tous les facteurs de cette confrontation, notamment dans les blessures et suspensions. Si l’absence de Marco Verratti a été catastrophique, on peut d’ailleurs s’interroger sur l’idée d’avoir accéléré son retour en février, alors qu’il n’était pas prêt, les suspensions de David Luiz et, surtout, de Blaise Matuidi ont accentué les problèmes de Paris. Le PSG avait à peu près convaincu jusqu’à présent et le tirage de Manchester City semblait la plus belle occasion pour les Franciliens de rejoindre les demi-finales. City ne faisait pas une grande saison est était privé de Kompany et Touré, éléments de base de son onze. L’excuse de l’inexpérience n’est plus et il va finalement ressortir de cette saison que cette génération, la première de QSI, n’aura pas réussi de véritables épopées européennes. Avec les fins de contrats d’Ibrahimovic, Maxwell et de van der Wiel, ainsi que les départs plus ou moins probables de Motta et Cavani, Paris va devoir monter la génération 2 de son imposant projet. Un été important se dessine donc, il va falloir éviter les erreurs de casting surtout pour le cas du coach. L’avenir de Laurent Blanc au club pourrait être rapidement remis en cause…