Allemagne, Espagne : deux pays qui règnent depuis le début de la décennie sur le football européen tant par leurs championnats que par leurs sélections nationales, encore une fois grandes favorites de cet Euro 2016. Si l’équipe de France, qui a réussi non sans difficultés son entrée dans le tournoi, doit être prête à affronter les titans pour pouvoir briller, le danger peut cependant être là où l’on ne l’attend pas forcément… Coup d’œil sur trois sélections qui pourraient bien dépasser cette année leur éternel statut d’outsider.

 

L’Angleterre débarrassée de ses fantômes 

 

Souvent favorite sur le papier pour les grandes compétitions, la sélection anglaise a toujours su proposer des listes de joueurs de classe mondiale, dont certains sont devenus de véritables légendes dans leur pays. Etant tous issus de Premier League, l’un des championnats les plus relevés d’Europe, et donc régulièrement adversaires durant la saison, la coordination et la mise en place d’un jeu collectif bien rodé a souvent été un échec. Après le départ des cadres comme Lampard, Terry ou encore Gerrard et un interminable passage à vide, une nouvelle génération de jeunes joueurs a fait son apparition cette saison. Elle est incarnée notamment au travers de Rashford, Sterling, Alli, Kane ou encore Barkley et peut compter sur l’expérience de Wayne Rooney reculé dans un rôle moins offensif, tout cela pour une moyenne d'âge de 25,8 ans, la deuxième plus jeune du tournoi.
Malgré son match contre la Russie qui s’est soldé sur un score nul, entre autre du à un manque d’efficacité devant le but, l'Angleterre a su mettre en place une bonne maitrise collective et un jeu rapide porté vers l’avant qui s’appuie en grande partie sur la vitesse de ses ailiers. Si elle ne fait pas partie des grands favoris de cet Euro, la formation des Three Lions est tout de même capable de créer la surprise, ou du moins espérer un meilleur résultat que ceux affichés en compétition depuis de nombreuses années.

 
 

Une composition belge qui fait réver

 

Autre outsider faisant son entrée lundi 13 juin face à l’Italie, la Belgique, deuxième au classement FIFA et cinquième plus jeune équipe du tournoi, ne devrait pas tarder à changer de statut pour la compétition. Capable d’aligner 11 joueurs titulaires dans de grands clubs, principalement de Premier League, notre voisin du nord n’a rien à envier à notre sélection. Si l’absence de Kompany en défense centrale risque de se ressentir, elle peut compter sur ses solides joueurs au milieu de terrain mais également sur son attaque, composée de joueurs rapides et techniques, comme Carrasco, tout récemment buteur avec l’Atletico Madrid en finales de Ligue des Champions. La grande force de la sélection belge vient surtout de deux joueurs de classe mondiale qu’on ne présente plus et qui devraient fortement marquer cette édition de l’Euro : Kevin de Bruyne et Eden Hazard. Le premier a quasiment éliminé à lui seul le Paris Saint Germain en quart de finale de Ligue des Champions et le second qui,  malgré une saison où il a été invisible en club mis à part sur les derniers matchs, revient en grande forme et ne semble rien avoir perdu de son talent, au vue de ses magnifiques buts en fin de saison. Si le score de lundi confirme le potentiel évident de cette équipe, elle accèderait au statut de favoris quasiment au même titre que la France, l’Espagne ou l’Allemagne.

 
 

La Croatie, style et sérénité de jeu

 

Vainqueur face à la Turquie dimanche 12 pour son entrée en lice, la Croatie a impressionné grâce à un unique but d’une reprise de volée magistrale de son infatigable meneur de jeu Luka Modric. Les Croates n’ont pas su se mettre à l’abri par la suite, principalement par manque de réalisme et se sont même faits peur en fin de match. La domination a cependant été assez nette de leur part, dans une rencontre qui s’annonçait plutôt équilibrée. Déployant un jeu à la fois physique, technique, collectif et oppressant pour l’adversaire, l’équipe au damier rouge a de quoi impressionner les plus grands. Son point fort : ses deux milieux de terrain, Ivan Rakitic et Luka Modric, respectivement titulaires au FC Barcelone et au Real Madrid. Après avoir battu ce qui semblait être son adversaire direct pour la deuxième place de son groupe, la Croatie a les moyens de renverser le 21 juin le favoris du groupe D, l’Espagne, en perte de vitesse récemment, et donc de prétendre à la première place de sa poule.