Euro 2016 : les fans-zones,
qu'est-ce que c'est ?

A moins de cent jours de l’Euro 2016, la question de l’organisation se pose très sérieusement pour le comité français. Des infrastructures concrètes vont voir le jour, dont les fameuses fans-zones. De quoi s’agit-il vraiment et pourquoi leur importance est primordiale dans l’organisation d’un événement de cette ampleur ? 
 

Un but : Assurer une fête en toute sécurité
 

Les fans-zones sont déployées dans chaque ville hôte de matchs du tournoi. Situées en centre-ville, elles représentent le lieu où les supporters se rejoignent pour voir le match sur écran géant, manger, boire entre partisans d’une même nation. Cette zone, se trouvant souvent sur une grande place de la ville en question doit être en accès gratuit. Elle est d’importance pour les supporters donc, mais également pour les habitants de la ville concernée, qui doivent pouvoir continuer à mener une vie normale malgré l’afflux de dizaines de milliers de fans. 

De plus, ces fans-zones assurent une fonction sécuritaire, de deux points de vue. Tout d’abord, elles rassemblent les supporters, les encadrent et limitent donc un potentiel risque de violences entre supporters. Peu souhaitable mais malheureusement craintes, d’éventuelles bagarres de hooligans sont à redouter. Ces fans-zones ont le mérite de limiter drastiquement ce risque. D’autre part, la menace terroriste, exacerbée depuis le 13 novembre dernier, est limitée grâce à ces lieux. L’accès est filtré et les supporters ne sont pas épars, aux quatre coins de la ville, représentant des cibles faciles. C’est ce dernier point qui effraie légitimement les mairies concernées. 


Une crainte : le risque terroriste
 

Les derniers attentats ont en effet contraint les organisateurs à élever le niveau de sécurité des fans-zones. Elles seront entièrement closes, il y aura une palpation sérieuse à l’entrée, il sera interdit d’y amener tout sac à l’intérieur, des caméras et des gardiens de sociétés privées seront sur place. Tout cela a un coût, qui n’était pas forcément prévu dans les budgets initiaux. Cela remet les prévisions en cause, comme à Saint-Denis0 « Nous envisagions de faire la fan-zone en plein centre-ville, en face de la Basilique. A la suite des attentats nous avons dû y renoncer : cela aurait nécessité le blocage de tout le centre-ville. La police demandait aussi des contrôles des habitants des immeubles voisins, afin de vérifier qu’il n’y avait pas d’individus fichés » déclare ainsi Fabienne Soulas, adjointe au maire de Saint-Denis. 

D’autres villes, comme Saint-Etienne, n’apprécient pas du tout les surcoûts imposés et demandent purement et simplement à l’UEFA le remboursement de ces dépenses liées à la sécurité. Toulouse se montre également réticent à l’idée de ces nouvelles mesures. L’enjeu est de taille : les fans-zones doivent accueillir un nombre de supporters impressionnant : 120 000 personnes à Paris sur le Champ de Mars, 80 000 à Marseille au Prado, 60 000 à Bordeaux, 25 000 à Lyon ou encore 10 000  à Nice, pour les villes les plus importantes. 

REUTERS