Euro 2016 : La folie islandaise

Sensation de cet Euro 2016 souvent moribond, l’Islande, qui participe pour la première fois de son histoire à la compétition européenne, se dresse devant les Bleus en quart de finale. Après une phase de poule compliquée face à des équipes regroupées et le huitième de finale contre L’Irlande (2-1), la France doit-elle redouter les hommes de Lars Lagerbäck et Heimir Hallgrimsson ?
 

L’Islande est, pendant cet Euro en France, tout ce qu’on aime dans le football international. Frissons et retournements de situations sont les spécialités islandaises dans une compétition qui en avait cruellement besoin.  Tombeur des Pays-Bas en match de qualification, c’était déjà un exploit pour ce petit pays de voir les quelques joueurs professionnels locaux fouler les pelouses de l’hexagone et son entrée dans la compétition aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Dans un groupe ou l’Autriche de David Alaba et le Portugal de Cristiano Ronaldo étaient les favoris, les Islandais ont fait parler leur cœur et leur courage en tenant en échec 1-1 le Portugal qui avait ouvert le score par l’intermédiaire de Nani, grâce au très bon Birkir Bjarnason. Frustré, Cristiano Ronaldo refuse de donner son maillot au capitaine islandais Aron Gunnarson après le coup de sifflet final. Le joueur du Real Madrid a déclaré par la suite face aux médias : « On aurait dit qu’ils avaient gagné l’Euro à leur manière de célébrer, c’était incroyable. Ils n’essaient pas de jouer, juste de défendre, défendre, je pense que c’est le signe d’une petite mentalité et qu’ils ne réussiront rien dans cette compétition » S’il est clair que nous ne conseillons pas à CR7 d’aller sur Unibet, l’Islande, elle, peut savourer devant un Portugal qui a offert face à la Croatie un des matchs les plus insipide des huitièmes de finale.  Forte d’un engouement sans faille, l’Islande s’est ensuite trouvée à deux doigts de se qualifier pour les matchs à élimination direct face à la formidable Hongrie, autre surprise de ce groupe, qui est parvenue à égaliser dans les dernières minutes de jeu. Avec deux points, l’Islande est alors deuxième du groupe au côté du Portugal, et l’enjeu du dernier match contre l’Autriche est immense, rendant l’histoire encore plus belle : alors que les deux équipes ne parviennent pas à se départager et que l’Islande est acculée en défense, Birkir Bjarnason lance en contre Théodor Bjarnason qui offre le ballon à Arnor Traustason qui arrache la victoire sur un tacle rageur, offrant au public du Stade de France un des plus beaux moments de la compétition.





 

(Kai Pfaffenbach/REUTERS)

Qualifiée pour son premier huitième de finale, l’Islande est venue à bout lundi dernier d’une triste sélection anglaise au terme d’un match fou ou les nordiques était menés avant de s’imposer 2-1. Suite à cette défaite, Roy Hodgson quitte le navire anglais et l’Islande, qualifiée en quart, exulte de joie.
Souvent comparé au Danemark de 1992 ou à la Grèce de 2004, L’Islande pourrait bien être le type d’équipe contre qui l’équipe de France se retrouve si souvent en difficulté.

 

Aidons Didier Deschamps  
 

On ne va pas se mentir, sans les éclairs de génie de Dimitri Payet ou d’Antoine Griezmann, la France serait bien embarrassée. Les Bleus, qui ont affrontés en phase de poule des équipes qui ne dépassent  pas la 15ème place  au classement FIFA, se sont faits peur lors de tous leurs matchs. Pourtant, on voit bien que le talent est présent, et des joueurs qui peuvent faire la différence, Didier Deschamps en possède dans son groupe, mais est-ce suffisant ? Fernando Santos (Portugal), Marcel Koller (Autriche) et Roy Hodgson (Angleterre) avaient aussi des joueurs de talent, cependant leurs formations se sont cassées les dents sur les partenaires d’Aron Gunnarson. Au vu des piètres performances de l’équipe de France, le doute est permis… et même si l’Islande a gagné le cœur des fans de football, on voudrait bien qu’ils ne parviennent pas à décrocher un exploit supplémentaire. Mais soyons sérieux, et si on en faisait pas un peu trop avec L’Islande ? Car si la formation nordique est parvenue jusqu’en quart, l’Angleterre et l’Autriche y sont pour beaucoup. Les choix des sélectionneurs autrichiens et anglais ont été calamiteux. Marcel Koller a par exemple débuté avec une défense a trois et décidé de faire jouer David Alaba numéro 9, tout cela amenant l’ouverture du score islandaise. Cependant en seconde période, Koller rectifie le tir et l’Autriche domine la formation islandaise, submergée, à tel point que le match aurait dû basculer. L’exemple est encore plus probant face à L’Angleterre ou la défaite est très clairement liée aux choix d’Hodgson avec l’entrée tardive du jeune Marcus Rashford qui en trois minutes aurait pu, sur son côté droit, crucifier les hommes de Lars Lagerbäck. Finalement le point fort de l’Islande réside dans son jeu intérieur avec les Arnasson, Sigurdsson ou encore Gunnarson et l’équipe de France peut, avec la vitesse de Coman ou encore de Martial, faire souffrir l’équipe islandaise.
Même si pour l’heure, l’absence d’Adil Rami ne peut être considérée comme une mauvaise nouvelle au vu de ses prestations, celle de Kanté pose plus de problèmes. La clé du match est plus que jamais dans la composition de l’équipe. Didier Deschamps ne doit pas faire les mêmes erreurs que ses homologues ou dans le cas contraire l’Islande pourrait punir la France.


Notre composition idéale :