Le changement, c’était cette année qu’il fallait l’amorcer selon les dirigeants qataris du Paris Saint-Germain. Unai Emery a succédé à Laurent Blanc, et le moins que l’on puisse dire c’est que le Basque connaît des débuts mitigés dans le club de la capitale.

 

Changer de cycle n’est pas chose aisée. Souvent vilipendé par les supporters parisiens, Laurent Blanc peut se réjouir de voir que certains d'entre eux vont même jusqu’à le regretter, lui qui a tout gagné en France et maintenu le club dans un certain standing, sans, jamais passer, il est vrai, le cap des quarts de finale de la Ligue des Champions, avant d’être limogé cet été.  Avec l’arrivée d’Unai Emery, trois fois champion d’Europe avec Séville en Ligue Europa, les cartes sont redistribuées. Les privilèges de certains cadres sont désormais un lointain souvenir du spectre Laurent Blanc. L’excitation, la hâte de voir ce nouveau Paris Saint-Germain n’était que plus grande après les matchs de préparation où le club parisien a étrillé Le Real Madrid de Zidane (3-1) avant de remporter le Trophée des champions contre Lyon (4-1).
Le nouveau schéma tactique et l’arrivée de nouveaux joueurs ont beaucoup plus perturbé les hommes d’Unai Emery que prévu dans ce début de championnat. Le club de la capitale compte déjà deux défaites après huit journées de Ligue 1, soit autant que durant toute l’année passée. De plus, alors qu’on pouvait regretter la différence d’intensité que mettait le PSG entre les matchs de Ligue 1 et ceux de Ligue des champions, le club de la capitale a dû batailler pour arriver à bout de la modeste équipe du Ludogorets alors qu’il était mené au score, une semaine après avoir perdu contre Toulouse, club qui a évité la relégation lors de la dernière journée de championnat.
Pour ainsi dire un gouffre sépare la majorité des clubs de ligue 1 du PSG. Seuls Monaco qui a déjà battu le Paris Saint-Germain cette année, et Lyon, sont sur le papier en mesure de rivaliser dans ce domaine, alors que Nice réalise un début de championnat tonitruant. 
La dernière victoire des Parisiens contre des Bordelais apathiques a comme soulagé les supporters venus en masse avec le retour des Ultras au Parc des Princes. On pouvait entendre dans les tribunes les supporters déclarer sans sourciller « C’est bon on va être champion ! ».

 

Le Paris Saint-Germain, un grand club ?
 

Depuis l’arrivée des investisseurs qataris, le club ne cesse de grandir. Cependant, force est de constater que le moindre obstacle parvient à remettre en cause cette assertion. Le PSG est-il un grand club ? On entend souvent dire que le palmarès est ce qui fait d’un club une institution a part, et c'est vrai ! Si le PSG est aujourd’hui dans le top 8 des clubs européens, le véritable sacerdoce du président Nasser Al Khelaifi est de maintenir son club dans les meilleures dispositions pour remporter la Ligue des champions, graal footballistique pour tout club qui a les moyens de l'atteindre. Le fait est que le club de la capitale se casse les dents depuis quatre ans en quarts de finale, et ses détracteurs les plus farouches n’hésitent pas à appuyer sur cette plaie toujours à vif depuis la défaite contre Manchester City, autre club sous l’égide d’un investisseur originaire du Golfe.
Unai Emery arrive au PSG avec un certain bagage en Ligue Europa, et même si la Ligue des Champions est d’un autre niveau, le Basque va devoir lutter pour faire taire les pronostics et pourquoi pas placer le club parmi les plus grands de ce monde.

 

Faut-il y croire ?
 

Comme pour alourdir la peine du nouvel entraîneur, certains joueurs parisiens sont proche de la rupture. Si cette année était considérée comme une saison de transition, il n’en est rien, certains cadres refusant cette idée, comme Marco Verratti. Cette hypothèse, qui serait un frein au développement accéléré du PSG, pourrait donner des envies d’ailleurs à certains cadres, et les rumeurs fusent. En moins de deux semaines, Thiago Silva, Marquinhos, Marco Verratti, Blaise Matuidi, sans parler du cas Hatem Ben Arfa, revenu en grâce contre Bordeaux, étaient annoncés dans différents grands clubs. Le PSG doit alors jouer la victoire finale en Ligue des Champions pour éviter de donner le sentiment de stagner, voire même de reculer.
Les signes d’espoirs commencent magré tout à émerger. Edinson Cavani vendange toujours autant mais est le meilleur buteur du championnat avec huit réalisations en huit journées. Les automatismes reviennent, les jeunes comme Augustin et Kimpembe prennent du poids dans l’effectif, ce dernier ayant même été convoqué pour la première fois par Didier Deschamps en équipe de France.
Aujourd'hui, et malgré un début de saison en demi-teinte pour un club de ce standing, croire à un sacre du PSG d’Unai Emery en Ligue des Champions devrait aller de soi. Mais la route est encore longue, et pour envisager cette eventualité plus en avant, le club de la capitale devra commencer par dominer le FC Bâle au Parc des Princes dans deux semaines.



Léo Sanmarty
(Crédits photo : Léo Sanmarty)