Les oreilles comblées de plaisir et la tête remplie d’artistes découverts dans la Prairie, nous rentrons tout juste du festival Les Terres du Son. Le Centre Val de Loire a résonné du vendredi 6 au dimanche 8 juillet aux vrombissements des basses des quatre scènes disséminées sur le site du Château de Candé, transformé pour l’occasion en un microcosme musical. Retour sur le troisième festival de la saison…

Texte et photos
Julia Maz-Loumides & Léo Sanmarty

12 juillet 2018

Après trois bonnes heures de route depuis Paris pour nous retrouver perdus à quelques kilomètres de Tours, nous avons planté notre tente aux Terres du Son. véritable ville-festival où se confondent musique, gastronomie, jeux et pintes de bière. Nous rejoignons les 1250 bénévoles et les milliers de festivaliers venus animer, en compagnie des artistes, les trois jours de la Prairie.
 

Chaque soir réservait son lot de surprises. Alors que vendredi, la France passait tout juste en demi-finale de la Coupe du Monde, Roméo Elvis, qui a surchauffé le public samedi soir, n’a pas pu s’empêcher de monter sur scène vêtu d’un maillot de la Belgique en lançant des piques aux supporters français. Son cœur tourné vers les Diables Rouges il narguait dans son micro : « Vous allez être dégoûtés parce que vous allez perdre, si on gagne c’est qu’on aura été meilleurs que vous ! » Sur le ton de l’humour, le rappeur belge a joué avec son public toute la soirée laissant quelques heures après la place à son homologue Lomepal qui ne s’est pas privé pour raviver le brasier. Une énergie inarrêtable, un show endiablé, une scénographique colorée, le rappeur a rendu aphones tous les festivaliers : entre un jeté dans le public, un pogo surdimensionné et des prestations debout sur les enceintes, Lomepal, sourire aux lèvres, a laissé ses punchlines résonner au coeur du festival. Surprise de fin de concert, les deux rappeurs se sont retrouvés ensemble sur la scène, explosant les décibels des Terres du Son. Le rappeur parisien a même posé pour La Pause Actu au détour d’une balade pré-concert dans les dédales de la Prairie.

Le niveau avait pourtant été élevé dès l’ouverture du festival. Vendredi soir, alors que la Prairie commençait seulement à se remplir des nombreux festivaliers, Gaël Faye a déversé ses vers hip-hop poétiques, faisant frémir l’épiderme de ses mélodies percutantes. Jouant, d’un air malicieux, avec son public, il lâche qu'on l'a « confondu avec Stromae » en papotant avec son public entre deux titres, juste avant de hurler son amour à la foule en interprétant grandiosement Ma Femme : le sol se souvient encore du tremblement des basses.

Entre le concert de L’Impératrice, qui a envoûté nos cœurs et nos âmes, et celui de Dissident, dont nous vous parlerons plus bas, nous avons pu rencontrer les poumons du festival : les bénévoles. Disséminés entre l’éco-village, le Bar’ock, la Prairie ou les loges d’artistes, les t-shirts verts endossaient le rôle de véritables petites fées du festival.

Nous ne pouvons terminer ce récap’ que par un sujet : la nourriture. Dans le Festitour #4 nous vous avions prévenu, les Terres du Son promettaient un village gastronomique haut en senteurs tenu par des producteurs locaux. Burger au chèvre, pâtes aux rillons et chèvre, bagel au chèvre… oui nous avons mangé du fromage à toutes les sauces. Glaces artisanales, paella, falafels, il nous fallait rester une semaine pour nous délecter de tous les produits aussi nombreux que succulents qui cuisaient sur les comptoirs. Alors oui, c’est un sans-faute, un 20/20 culinaire pour ce festival qui, avec ses nombreux bars, a également su épancher notre soif.

DISSIDENT
ENTREZ DANS LE CREW !

Juste avant leur concert, alors qu’ils arrivaient tout juste sur le festival, nous avons rencontré les quatre membres du groupe électro-pop-rock Dissident : une énergie à couper le souffle et un sens de l’humour à faire chavirer le public. Les Tourangeaux connaissent bien le lieu, passant en quelques années de festivaliers à artistes venus pour faire bouger les têtes aux rythmes de leurs titres. Ils ont toujours travaillé ensemble : enfermés tous les quatre dans une maison en Corrèze pour écrire, coupés du monde. Ce samedi, le concert aux Terres du Son était leur seule date. « On veut se concentrer sur notre album, mais ça fait plaisir de se produire ici, chez nous », répondent-ils, sourire aux lèvres. Sur scène, ils interprètent le premier titre de leur EP Brothers qui « est très importante pour nous, c’est cette musique qui nous a permis de grimper, de rencontrer certaines personnes. »

Samedi 7 juillet ils renversaient la Plaine sur la scène Propul’son, ils sont notre coup de coeur des Terres du Son. Alors rejoignez le crew en quelques images…

 

THÉ VANILLE
DOUCE FOLIE

Mèche colorée, rires clairs, langues déliées et imaginaire débordant. Il paraît bien difficile de dépeindre l’extravagance de Nastasia, Valentin et Théo en de simples mots. Quelques heures avant de monter sur scène aux Terres du Son, le trio de Thé Vanille a rigolé au micro de La Pause Actu : entre anecdotes et sonorités américaines, portrait d’un groupe qui n’a pas fini de faire parler de lui.

 

Alors les Terres du Son, c’est comment ?

 

Valentin : C’est trop cool ! J’y ai été bénévole, ça fait partie des premiers festivals qu’on fait quand on vient du coin. Quand on est jeune et qu’on a 16 ans, on fait un peu de guitare et on se dit qu’un jour ce sera nous sur scène. Et voilà, on concrétise un rêve, on est hyper content d’être là évidemment ! Je me souviens j’étais en restau’tech donc j’apportais la nourriture aux techniques, mais j’avais de la chance parce que j’emmenais aussi la bière, donc j’étais bien vu et je voyais les backstages.

 

Théo : Moi je faisais l’accueil au village, je conduisais la petite voiturette de golf c’était trop cool de conduire ça !

 

Qu’est-ce que vous attendez de cette soirée ?

 

Nastasia : Ce soir ce qu’on attend ? Déjà on attend 23 h ! (rires) Puis… qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ? On attend la permission d’être heureux sur scène et de balancer ce bonheur aux gens et s’ils sont heureux aussi, on aura réussi notre mission.

 

Racontez-nous un peu l’histoire de Thé Vanille.

 

Valentin : Le groupe est né de notre volonté à tous les trois, alors qu’on a nos projets musicaux en solo, de faire encore autre chose. Un truc où on peut s’amuser et mettre de l’énergie. Avec Théo on a rencontré Nasta’ et c’est allé très très vite : à la première répétition, on a déjà composé cinq musiques et on a vite fait des concerts. Y’a eu une évidence dans notre rencontre, d’avoir une musique énergique, de jouer vraiment le live… La première répétition c’était un matin et la seule chose que j’avais dans mon placard c’était du thé vanille, et vous savez que ce n’est franchement pas le meilleur thé. Alors on a pris ce nom, parce que la musique et bonne. On va lui redonner une nouvelle saveur.

 

Nastasia : Oh c’est beau ! (rires)

 

Quelles sont les drôles d’histoires que vous partagez dans vos musiques ?

 

Nastasia : Y’a une mythologie assez concrète autour de Thé Vanille. Nous sommes trois personnages qui se sont rencontrés dans un Motel Vanilla, qui est en fait une représentation des limbes, et nos chansons racontent nos histoires. Toutes nos paroles sont disponibles sur notre site pour pouvoir les apprendre. Moi c’était une grande frustration de ne pas avoir les paroles des chansons que j’aimais pour les chanter quand j’étais petite, du coup elles sont dispos.

 

Valentin : Y’a un single qui va sortir par crowfunding d’ailleurs !

 

Nastasia (rigole) : Pas crowfuding, crowdfunding !

 

Valentin : Oui bon un crowdfunding in the été (rires) pour le single et pour remercier les personnes qui nous aident. Et une surprise pour l’été prochain.

 

Ah oui ?

 

Nastasia : Oui mais… surprise surprise !