Le « FestiTour », c’est le rendez-vous de l’été que vous propose La Pause Actu. Armés de nos appareils photo et de nos oreilles aiguisées, nous partons à la rencontre des festivals qui font vos vacances. Interviews d’artistes, rencontres dans les coulisses, ambiance, concerts, sandwichs triangle et bières, vous ne louperez rien ! Pour ce deuxième numéro, retour complet sur le festival Marsatac, qui a mis le feu au Parc Chanot de Marseille au milieu du mois de juin.

Texte et photos
Julia Maz-Loumides

21 juin 2018

La vingtaine se fête avec grandeur, et ça, Marsatac l’a bien compris. En clôturant son week-end par une plage aux sonorités électro, le festival termine en beauté une vingtième édition secouée par IAM le vendredi et Nekfeu le samedi.

Avec son lot de déguisements et de tatouages éphémères, à l’image de la glace fraise/vanille, les trois scènes résonnaient ensemble, faisant trembler les festivaliers venus en nombre : 35 000 fêtards de tout âge balançant leur tête dès 18 h, bercés par Aloha Orchestra, notre coup de cœur du week-end.

Retour en photos sur Marsatac, entre palmiers, sable et concerts, nous avons eu le droit à une ville de Marseille plus ensoleillée que jamais.

A quoi s’attendre au niveau de la restauration dans un festival ? Le vieux sandwich triangle accompagné de sa bière coupée à l’eau ? Marsatac a dit non à ce cliché et proposait une diversité de diners à picorer à côté des basses : hot-dog, hamburger, tajine, churros… Le tout accompagné de l’éternelle bière, pas très bonne mais fraîche, des festivals. Et nos estomacs le hurlent : merci Marsatac ! On passera par contre sous silence l’application permettant de payer ses achats qui ne fonctionnait déjà plus quelques heures seulement après le début des festivités. Heureusement, le bracelet cashless a permis de rattraper le tout.

 

Marsatac nous donne déjà rendez-vous pour sa 21e édition les 14, 15 et 16 juin 2019. Préparez vos maillots, la plage revient à vous !

 

WILKO & NDY
LE LIVE DANS LA PEAU

Wilko & NDY c’est un duo de frérots, pur produit de la cité phocéenne, qui rappe son quotidien sans pression. Le samedi 16 juin, ils enflammaient le Parc Chanot… Portrait en trois questions.

 

Alors Marsatac, une tuerie ?

Pendant trente minutes, on a pu se produire sur scène, c’était vraiment génial. On a chanté sept morceaux. Notre EP, avec les quatre titres puis trois nouveaux morceaux : une exclusivité live ! Peut-être qu’on les sortira plus tard, à suivre dans les mois à venir. En tous cas le public était tellement chaud. Ce qui nous a surtout impressionnés c’est d’être sur la même affiche que IAM, Nekfeu, Lomepal… C’est dingue quand même d’avoir nos noms à côté des leurs !
On est vraiment heureux que Marsatac nous ait permis de monter sur leur scène. Marseille est un moteur pour nous, la ville nous a apporté : tant par l’effervescence de sa musique que par sa diversité.

 

Cet EP, Trou Noir, il vient d’où ?
 

Trou Noir, Peau Lisse, Versailles, Papillon… c’est les quatre titres de notre EP sorti en septembre 2017.
On a sorti les quatre morceaux parce qu’ils étaient prêts, mais on en a écrit d’autres, à écouter en live. On utilise tout ce qu’il se passe autour de nous… on écrit avec le vivant ! Maintenant on bosse beaucoup sur nos live, en plus de créer de nouveaux sons. Le dernier Printemps de Bourges a vraiment été un tremplin : pour se faire connaître et pour travailler nos scènes.

On a sorti le clip de Peau Lisse il y a deux mois, on avait l’idée de base, mais c’est un vrai travail collaboratif pour le sortir, on en est très fiers. Notre public l’a apprécié, on veut absolument leur proposer des morceaux, des clips et des concerts d’une qualité professionnelle. Mais on aime rester proche d’eux et on leur répond pas mal sur les réseaux sociaux, c’est sympa.

 

Et la suite, ça se présente comment ?
 

Il est temps pour nous de sortir de Marseille. Le public du sud nous a vus et revus, ils sont très importants pour nous, c’est eux qui nous ont porté. Mais maintenant il faut qu’on aille aussi chercher le reste de la France, pour ensuite revenir vers notre ville avec de nouvelles choses à proposer. Nos prochaines dates ce sera au festival Musicalarue à Luxey, et au festival du Diamant Vert à Tessières-Lès-Bouliès, en août pour les deux !



S'IL NE FALLAIT EN CHOISIR QU'UN...
Une chanson de votre répertoire ?

Glide (uniquement en live)
Trois mots ?

Cramer - la - vie

Un artiste à accompagner sur scène ?

Eminem

 

ALOHA ORCHESTRA
LA PASSION À L'ÉTAT PUR

Aloha Orchestra c’est notre coup de cœur de Marsatac : mélange pop électronique à mi-chemin entre le paisible et l’envoûtant, le groupe a mis le feu aux poudres pour l’ouverture de la soirée du samedi 16 juin. Petit détour dans les méandres du groupe…
 

À Marsatac, nous avons rencontré Jean-Baptiste, le chanteur vedette du groupe Aloha Orchestra, qui reprend tout juste sa respiration après un show endiablé sur la scène extérieure. Il est 19 h 45, la soirée ne fait que commencer. Tout en dégustant sa glace (Marsatac ne nous a pas menti) il papote, les yeux encore pleins d’étoiles du live qu’il vient de terminer.

Il y a cinq ans, Jean-Baptiste débarque avec ses maquettes dans la Pépinière au Havre. Son souhait ? Monter un groupe, un vrai, et pas seulement avoir des musiciens qui jouent autour de lui. Il rencontre toute son équipe par le bouche-à-oreille et ils se retrouvent ensemble à bosser dans un studio. « Travailler toute la journée dans une salle de quelques mètres carrés, tout de suite ça rapproche », plaisante-t-il en se remémorant cette rencontre. Démarre donc Aloha Orchestra. « Aloha c’est plein de positif, d’amour, c’est pas prise de tête. Et puis Orchestra… tout est dit ! », rigole Jean-Baptiste.

Deux mois avant de monter sur la scène de Marsatac, le groupe sort son premier album Leaving. Aucun fil rouge n'y relie les morceaux, simplement une homogénéité partagée de titre en titre, après cinq années de maturation pour ce cru d’avril 2018 : « On a passé trois semaines à la campagne, enfermés, coupés du monde pour composer en voix/piano des morceaux qui nous faisaient vibrer. » Les paroles sont livrées au public sans explication, Aloha Orchestra ne veut pas parler d’un sujet ou d’un autre, juste « lancer un thème, une instru’, une parole, puis voir ce que les gens en font ». « A partir du moment où ils l’écoutent, la chanson devient leur, ils l’interprètent comme ils veulent », tient à expliquer Jean-Baptiste.

Pour la pochette, ils font appel à la talentueuse Léa Chassagne, créant un visuel d’Adam et Ève 2.0 dans un univers inconnu, mais dont les couleurs plaisent particulièrement au groupe « comme une évidence ». Après l’image vient la vidéo, le clip de Alright qui joue la carte du court-métrage : un contraste spectaculaire entre une mélodie aux sonorités chaleureuses et un paysage froid racontant une histoire prenante.

Ainsi, sur les planches de la scène de Marsatac, Aloha Orchestra balance son album en pâture au public, heureux d’être sur scène, heureux de chanter, d’offrir, tout en lâchant des « vous êtes vraiment trop mignon, on vous aime ! » à la foule venue balancer sa tête sur les morceaux tout frais du groupe. Ils aiment Marseille et son public, car, pour eux, chaque live est unique et ils se doivent de se donner à 3000 %. Ce soir, au Parc Chanot, Jean-Baptiste le ressent au plus profond de lui : « On a envie de faire beaucoup plus de live, c’est notre moteur, on a hâte de continuer, et le public marseillais nous donne encore plus envie ! »

Alors, tout en finissant sa rafraichissante glace, peu après 20h, cet artiste de talent toujours aussi émerveillé par la scène nous confie : « On veut faire un maximum de dates, venir défendre notre album et surtout… en profiter ! »
 

Si vous avez envie de faire plaisir à vos oreilles, rendez-vous le 11 juillet sur la scène des Francofolies à La Rochelle pour venir (re)découvrir notre premier coup de cœur de la saison.

 

S'IL NE FALLAIT EN CHOISIR QU'UN...
Une chanson de votre répertoire ?

Do It Again
Trois mots ?

Live - transpiration - love

Un artiste à accompagner sur scène ?

Carlos (même dix ans après sa mort !)