par Théophile Pedrola

FIFA : Blatter et Platini prennent cher

Ce lundi, Michel Platini et Joseph Blatter, respectivement président de l’UEFA et de la FIFA, ont été suspendus huit ans par la commission d’éthique de la FIFA. Ce jugement fait suite à un paiement d’1,8 millions d’euros jugé illégal par l’instance.


Un exemple venu des Etats-Unis

La première conclusion à tirer de cette condamnation est assez simple : il ne fait pas bon se frotter aux Etats-Unis. Il est évident que si M. Platini n’avait pas accordé son vote au Qatar au moment de la désignation du pays-hôte de la Coupe du Monde 2022, au détriment des Etats-Unis, il ne serait pas dans ce pétrin. Le FBI s’est alors penché sur le cas de la FIFA, tâchant de trouver une affaire qui permettrait de les éliminer tous les deux du monde du football. D’où les vagues d’arrestations qui se sont régulièrement abattues sur les membres de l’institution. Finalement, le coup est réussi : grâce à ce paiement controversé car sans contrat signé d’un chèque d’1,8 million d’euros de Blatter à Platini, les deux se retrouvent aujourd’hui suspendus 8 ans. Cette décision à cela d’intéressant qu’elle soumet Blatter à se retirer, il avait déjà soumis sa démission de la FIFA, dans de mauvaises conditions, mais surtout, il empêche Platini de devenir président de cette dernière, lui qui était le favori à la succession du Suisse. C’est donc un véritable coup de massue qui s’abat sur le monde du football. Si ce paiement fait évidemment figure d’argument pour les éliminer de l’échiquier footballistique, les deux hommes baignent également dans un tas de scandales qui ont visiblement été impossibles à avérer. Deux des personnalités les plus puissantes du football sont désormais out, et cette suspension égale de huit ans montre bien que leur cas est un exemple de ce qui peut désormais arriver si quelqu’un se décidait à nouveau à outrepasser ses fonctions.

Quel futur à la FIFA ?

Puisqu’il va être très dur pour Platini de se présenter désormais, le président de la FIFA, qui sera élu le 26 février est à choisir parmi ces cinq hommes : le cheick Salman, Tokyo Sexwale, le prince Ali, Jérôme Champagne ou Gianni Infantino, le « remplaçant » de Platini.
Ces condamnations apparaissent-elles comme une mise en garde pour le futur vainqueur ? Peut-être. Cela changera-t-il quelque chose ? Sans doute pas. Mis à part Champagne, qui n’a aucune chance de gagner, ou bien le Prince Ali, aucun ne semble réellement apporter un vent de fraîcheur sur le monde du football. Le cheick Salman est accusé de mener des enquêtes contre les athlètes pro-démocratie de son pays : le Bahreïn. Sexwale est un ancien terroriste, contre le régime de l’Apartheid certes, et est accusé de violence physique sur sa femme. Infantino, lui, représente désormais la continuité de la gestion Platini. Malgré sa « belle gueule » à la télévision, il est resté de longues années adjoint de Platini. Le Prince Ali de Jordanie est le seul à n’avoir aucune casserole derrière lui. Il est celui qui s’est opposé à Blatter lors des dernières élections et a cette fois une vraie carte à jouer. Il est sans doute le plus à même à représenter le changement, souhaitant « faire passer au XXIe siècle une FIFA ‘orwellienne’ ». Une chose est sûre, passé ce coup de tonnerre, qui n’est sans doute pas fini, le prochain élu à la tête de la FIFA devra ferrailler pour redonner une crédibilité à une instance désormais moquée dans le monde entier. Platini et Blatter, aujourd'hui les représentants malgré eux de la face opaque du sport-roi, ont servi d’exemples, c’en est fini de leurs ingérences.