Lettre 10 – Semaine 24/35 – Dublin

Amélie,

Atoi ma partenaire de lycée, mon acolyte de voyage et bientôt ma future coloc, je dédie cette lettre.

 

Après Arcachon, Barcelone, l’Europe de l’Est, la Norvège - ou plutôt deux billets Interrail - des gauffrettes au chocolat et un nombre incalculable de trains plus tard : le 22 mai 2018 tu t’envoleras de l’aéroport Bâle-Mulhouse, 1h30 de vol avant de me retrouver et de partir découvrir un des plus beaux paysages de l’Irlande : le Connemara. 

Un mois de randonnée à travers les prairies verdoyantes et les montagnes qui entourent ces mystérieux lacs balayés en surface par de puissants vents glacés.
 

Un mois de camping sauvage et de complète déconnexion pour admirer la nature, partir à l’aventure, encore une fois. Nos paires de chaussures et nos vestes waterproof, coupe vent, anti-humidité, anti-moustique, anti-froid, anti-tout seront nos meilleurs alliés pour traverser les rivières et grimper les falaises qui bordent la côte Ouest. Appareil photo autour du cou et ukulélé dans le dos, notre organisation légendaire ne devrait pas nous faire défaut même si chacun sait que théorie et pratique restent deux mots bien distincts.

Etant donné qu’EF m’a généreusement accordé deux petites semaines de break, j’en ai profité pour me faire un mini road-trip ou plutôt walk-trip pour m’échapper un peu de Dublin. J’ai sauté à bord d’un train le samedi 31 mars direction Killarney dans le comté de Kerry (Sud Ouest de l’Irlande) et après 4h30 j’ai rejoint le Paddy’s Palace Hostel situé en bordure de ville. Le nom est un peu pompeux pour le service mais le prix était très respectable. Il y avait même des céréales au petit-déjeuner et une télé qui ne fonctionnait qu’avec des DVD. The grand luxe.

 

Dans le dortoir de dix lits, pendant trois jours, j’ai eu le temps de faire de chouettes rencontres et chacun a sa petite histoire, son bout de chemin à partager. On croise de tout, des randonneurs, des grands voyageurs, et aussi des gens un peu paumés arrivés là complètement par hasard… Pour ma part j’ai échangé avec une Israélienne en voyage pour trois mois, une Australienne partie sur un coup de tête pour six mois à travers l’Europe, des Américains qui vivent à Dublin et bien sur, n’oublions pas les grands classiques : Espagnols, Allemands, Français toujours au rendez-vous !

C’est à cet instant précis que l’on se rend compte que l’anglais c’est quand même vraiment génial et que ça permet une communication avec la terre entière. Bon après il reste le sympathique défi des accents à surmonter, mais l’oreille s’habitue après quelques quiproquos. 

​Killarney se trouve à la frontière d’un immense parc naturel situé sur la fameuse route du Ring of Kerry. Le premier jour, je me suis baladée autour de Mucross Lake, en passant par Mucross Abbey, qui est un endroit bien conservé, et la touristique Torc Waterfall. Les chemins sont bien indiqués et fortement empruntés, on croise parfois des calèches transportant les plus paresseux.

Petite troupe internationale, notre groupe pouvait ressembler à un début de blague, surtout quand il a fallu se tasser à sept dans la petite voiture de Sandra: « C’est l’histoire de deux Américains, deux Espagnoles, deux Françaises et un Irlandais qui essayent de faire un Tetris dans une voiture… » Après quatre heures de marche, un resto, une bière, ou deux, ou trois, go dodo.  
 

Le deuxième jour, j’ai grimpé la Torc Mountain avec quatre Irlandais : très paisible et reposant, peu de gens s’aventurent sur ce sentier car il demande déjà un peu d’effort. Les cerfs sauvages parcourent cette gigantesque étendue et il est fréquent de les apercevoir entre deux buissons. J’ai même trouvé une ramure tombée de la tête de l’un d’eux et plus tard, le cerf à qui elle appartenait. Dans ce parc de 103 km2, les espèces sont protégées et il est interdit de chasser le cerf, spécialement la dernière horde de cerfs élaphes qui vit dans cet espace.
 

Enfin le mardi, j’ai entrepris, à mes risques et périls de me rendre avec Tanita, l’Australienne, jusqu'au lac du Devil’s Punch Bowl. Pauvres que nous sommes, nous avons bien évidemment marché jusqu’à l’endroit en question. Si tu regardes la carte zoomée du parc, tu pars de Killarney et tu descends touuut en bas à droite et là, une petite tâche bleue perdue dans les montagnes, notre lac. 7h30 de marche, les pieds dans l’eau, je peux te dire qu’on s’est bien ressourcées, au sens propre. Mais ça en valait réellement la peine et tu peux voir le sourire de la victoire sur le visage de Tanita quand nous avons enfin atteint l’endroit, alors que le vent nous malmenait et que nous marchions quasiment dans la neige. Fantastique.
 

C’est ici que mon voyage s’est achevé et le mercredi matin, retour à Dublin avant de reprendre directement le travail chez Reynolds et de raconter mon excursion à Karl qui préfère voir les cerfs de mes photos dans ses sandwichs, entre les tomates et la salade.

><
1/3

J’espère que tu te régaleras avec mes clichés, avant gout de notre aventure et surtout bon courage pour les partiels qui approchent, tu vas tout déchirer.

 

Je te fais un bisou comme sur la photo des deux biches !

 

Manon et son sac à dos multicolore.

PAR MANON DEBUT
7 avril 2018