Lettre 11 – Semaine 26/35 – Dublin

Chère Madeleine,

Alors que le Bac approche à grands pas pour toi et que le Cambridge Exam Profeciency me talonne dangereusement … A la place de réviser assidûment comme toute bonne personne préparant un examen l’aurait fait, j’ai cette semaine excellé, dois-je avouer, pour enchaîner les activités les plus improbables que tu puisses faire à Dublin, afin d’éviter un maximum de me retrouver coincée dans un tête à tête angoissant avec mes exercices d’anglais.

 

Mercredi soir je me suis rendue à « The Rink at D12 » http://therink.ie. Il s’agit d’une piste de rollers disco ! Mais attention, pas les rollers modernes, les anciens, ceux à 4 roues en carré avec le gros freins devant. Nous avons assisté à la session entre 20h et 22h, juste après notre cours d’exam préparation d’ailleurs… chacun de tes pieds pèse dix kilos avec les patins mais tout va bien, c’était génial et comme personne ne connaît, c’était vide. A nous le parquet et les charmants essais de figures plus ou moins réussies. Un tour de piste, une chanson des années 70 et le tour est joué, le stress s’en est allé ! Je t’emmènerai quand tu viendras me visiter pour avoir un peu de crac ensemble sur Daddy Cool

 

Samedi, alors que mes exercices me faisaient de l’œil, posés sur le coin de mon bureau, je me suis généreusement octroyée une petite randonnée avec mon habituel groupe international, autour de Glendalough, l’ancienne abbaye du Sud de Dublin. Après avoir grimpé la grosse colline/montagne, tu as comme toujours une vue imprenable sur les deux lacs en contrebas, et des paysages toujours aussi verts.  Evidemment nous avons encore eu droit à toutes les saisons, sauf que cette fois ci ça a vraiment dérapé dans tous les sens du terme quand le soleil s’est mélangé à … de la grêle ! Mais seulement pour 15 minutes, pas plus, histoire d’être sur que tu es  bien en Irlande.

 

Cependant, tout cela n’était que de la petite distraction, comparé au réel événement de la semaine qui s’est déroulé vendredi 27 avril : Pour être absolument certaine d’éviter de réviser, j’ai pris mes billets pour le festival de courses de chevaux le plus huppé d’Irlande à Punchestown Centre !
 

Si tu penses que Peaky Blinders ce n’est qu’une série, eh bien tu aurais dû venir avec moi au lieu d’aller réviser ton Bac ! Non seulement ce festival est une date clé dans le calendrier hippique irlandais mais en plus de cela, s’y sont probablement déroulées les courses de chevaux les plus importantes de l’année. L’argent a donc beaucoup circulé, tout comme la bière dans le sang des participants.
 

Le monde du cheval est quelque chose de très culturel en Irlande et comme dans le gang Shelby des années 1920, être chic et élégant n’est pas une option : ce vendredi 27 avril était appelé « Ladies' Day » car se tenait la grande finale de la plus belle dame du festival. Il faut dire que cela valait le coup : le grand prix à remporter était un week-end à Paris !

Hommes, femmes, enfants, tous étaient préparés pour ce jour d’une importance sociale capitale pour quiconque appartient à ce monde équestre. Chacun tentait de se faire remarquer et de ressortir de la foule par tous les moyens possibles: costumes 3 pièces, chapeaux à plumes et talons hauts se sont côtoyés au milieu des photographes et des présentateurs. J’espère que tu te régaleras en regardant la série de photos que j’ai prise pour illustrer ce ballet de couleurs aux allures du passé.

Cette sortie, je la dois à Karl, très friand de cette représentation, sauf que vendredi, c’est lui qui est resté 6 Abbey Street cramoisi de jalousie à faire tourner la boutique pendant que je me mêlais à l’aristocratie irlandaise et à leurs paris sur quel cheval remportera la course.
 

Bien que le concept paraisse abordable, c’est tout un univers possédant ses propres codes sociaux et stratégiques : en passant les portes d’entrée, il est important d’acheter la carte qui détaille les courses une par une, le nom des chevaux, entraineurs et anciennes courses afin de placer son argent sur le bon Poulain ! Une des astuces consiste à se rendre au « Paddock » afin de voir les chevaux défiler au pas juste avant la course et d’examiner leur relation avec leur jockey, leur prestance et moult autres détails qui pourraient donner des indices sur l’issue du concours.

Une fois le choix posé, il faut se diriger cash en main vers un bookmaker avec en tête le numéro du cheval et le montant à investir. Deux options s’offrent également : parier sur un cheval « to win », ce qui signifie qu’il doit impérativement remporter la course pour récupérer son argent ou bien « Each way » ce qui signifie que le cheval à « le droit » d’arriver à la première, seconde ou troisième place. Entre chaque course, les gens paradent et se divertissent, verre de bière et cigarette à la main. Exquis fut le mot du jour.
 

Pour compléter cette belle lancée, je suis allée me promener à cheval dimanche après midi, admirer Dublin de haut et la mer qui s’étend à perte de vue. Au « Paddock Riding Centre », j’ai monté Custard, ou crème anglaise en français, un cheval irlandais très sage et toujours en quête d’une touffe d’herbe fraîche à mâchouiller entre deux galops.

C’est ainsi que s’est achevée ma semaine de folie et comme je m’en suis voulue dimanche soir de n’avoir pas trop travaillé, j’ai recommencé Peaky Blinders mais cette fois ci sans sous-titres, pour déculpabiliser un peu.

 

Je te fais des gros bisous et je te dis à demain, rendez-vous à l’aéroport de Dublin à 12h50.

That’s going to be great !

 

Kiss,

 

Ta grande sœur Manon.

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PAR MANON DEBUT
2 mai 2018