Hollande et Sarkozy
hors-jeu

Les trois quarts des français ne veulent pas de messieurs Hollande et Sarkozy en 2017. Pas de renouvellement, une reproduction de l’élection de 2012 est redoutée.

D’après un sondage Odaxa pour le Parisien, 72% des français ne désirent pas que François Hollande et Nicolas Sarkozy ne se présentent en 2017. Les deux présidents semblent pourtant sur le point de se livrer une nouvelle guerre dans le cadre de la campagne. Sont-ils trop usés pour un nouveau mandat? Ou sont-ils inadaptés à la politique actuelle? 

Les mêmes acteurs pour une autre pièce

Les têtes d’affiches de 2017 sont les mêmes. La même blonde pour le FN et les deux petits bruns pour le PS et LR (ex-UMP). Si quelques rides et cheveux blancs ont altéré leur visage, la France est en mutation politique.
Le principal changement est le fait que, et cela semble s’être confirmé avec les élections régionales, le clivage politique en deux camps semble s’organiser entre un clan européen modéré et un camp souverainiste extrême. Le candidat remportant l'élection ne sera pas, comme en 2012, élu pour l’alternance, par mépris du parti et de la personne au pouvoir, mais parce qu’il aura su incarner une ligne réformiste républicaine. 
De plus, les forces politiques annexes sont différentes. La gauche est dans un état de division qui va sûrement perdurer jusqu’à l’élection présidentielle. La grande quantité de candidats qui s’annonce pour satisfaire les exigences des écologistes et de la gauche communiste risque de porter préjudice au “camp de la gauche” en général. 


Cela s’annonce presque comme en 2002

Sur la question de la gauche, très précisément, les élections de 2002 pourraient nous éclairer sur le scrutin à venir. Nous pourrions avoir une multitude de candidats qui tentent de concurrencer le gros candidat légitime à gauche, avec des personnalités fortes, proches du pouvoir sortant qui y voient une opportunité. Dans tous les cas, si l’union des gauches semble impossible en l’état, l’union des gauches dites “alternatives” semble être un pire échec. Les écologistes dont Emmanuelle Cosse qui présentent une autre voie de gauche, différente de celle de François Hollande, n’ont pas réussi à s’allier concrètement avec la gauche de Jean-Luc Mélenchon.
Mais l’égouttement des voix de gauche ne saurait en 2017 être une raison suffisante pour expliquer une éventuelle Marine Le Pen au second tour. Dans une France qui peine depuis plus de vingt ans à appliquer les réformes structurelles pour s’uniformiser avec ses voisins européens, la théorie économique protectionniste de l’extrême droite séduit. Ce retournement idéologique en matière économique est un facteur de vote d’adhésion qui remplace les thèses racistes et ultralibérales traditionnelles du parti. 


Mais où est notre Podemos ?

Devant des envies de renouvellement d’idées, d’élus, face à un sentiment de classe à part qui dirige le pays le vote se détourne vers un très vieux parti, le Front National, et non pas vers des partis récents, appelés “partis citoyens”. 
Ce fameux rejet de la classe politique détourne les voix vers l’extrême droite, non plus blanc voire pire que les partis traditionnels en terme de reproduction sociale et de corruption. Voire Marine Le Pen, rentière qui se cache de l’être dénoncer une classe aux manettes paraît alléchant. Mais quand on la compare aux nouveaux partis espagnols, ni elle, ni les personnes qui parlent au nom de son parti ne semblent provenir des couches populaires. 

Notre culture d'omission de notre passé colonialiste, raciste et collaborationniste nous amène à nous méfier beaucoup moins du nationalisme que notre voisin l’Espagne, sous dictature il y a encore quelques décennies. Que nous faut-il pour nous présenter à la place de la poignée de personnes qui veulent se partager le pays, c’est ici la question sous-jacente de ce sondage.