La bataille pour l’ATP Finals, plus communément appelé « Masters », commence aujourd’hui. Les 8 meilleurs joueurs de la saison sont réunis à l’O2 Arena, à Londres, dans le but de régner sur le « Tournoi des maîtres ».

PAR TIMOTHE GOYAT
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Cette année, l’absence de Andy Murray, Novak Djokovic ou Stan Wawrinka laisse présager une potentielle finale entre Federer et Nadal. Pour autant, les trouble-fêtes sont aussi de la partie. Mais avant d’accéder à la finale, encore faut-il se sortir des groupes, qui réservent quelques surprises.

 

Nous retrouverons dans le groupe « Pete Sampras », le numéro 1 Rafael Nadal, en compagnie de Dominic Thiem, Grigor Dimitrov et David Goffin. Le groupe « Boris Becker », sera quant à lui composé de Roger Federer, Alexander Zverev, Marin Cilic et Jack Sock.

 

Nous allons procéder à un petit tour d’horizon des participants, et de leur parcours cette année !

 

Groupe « Pete Sampras » 

 

Rafael Nadal (Numéro 1 mondial)

 

Toujours en quête de son premier titre au Masters, après deux défaites en finale en 2010 et 2013, l’Espagnol arrive à Londres en tant que numéro 1 mondial, mais pas forcément en tant que favori.

 

En effet, l’accumulation des matchs tout au long de l’année semblent avoir mis son corps à l’épreuve, et le gladiateur arrive un peu à bout de souffle à Londres, mais surtout, sans la certitude de jouer à 100 %. Les premiers signaux d’alarmes sont apparus en lors de la finale du Masters 1 000 de Shanghaï face à Federer où son jeu de jambes semblait moins certain. L’alarme a finalement été déclenchée au Rolex Paris Masters, lorsqu’il a dû déclarer forfait en huitième de finale, à cause de douleurs à son genou droit.

 

Mais en tant que compétiteur de renom, et même avec la douleur, il va tenter d’aller jusqu’au bout pour enfin réparer cette injustice qui lui colle à la peau, en remportant son premier Masters, après tant d’années à courir après. À ce sujet, Nadal a déclaré vendredi en conférence de presse : « J'espère que le genou ira bien. Mais si je ne croyais pas à cette possibilité, je ne serais pas ici ». Comme on dit, qui ne risque rien n’a rien.

 

Dominic Thiem (Numéro 4 mondial)


L’Autrichien a dû garder de très bons souvenirs lors de sa première participation, l’année dernière, pour remettre ça cette saison ! Pourtant, sur le papier, sa saison 2017 est moins bonne que 2016 : quatre titres et deux finales l'an passé, contre un titre et deux finales cette année. Mais c’est son début de saison en furie et sa régularité sur terre battue (finales à Barcelone et Madrid, demies à Rome et Roland-Garros) qui ont le plus impressionné et compté pour la Race.

 

Petit point négatif, qui ne présage rien de bon pour le tournoi, il a vécu au cours des dernières semaines des résultats clairement à l’opposé de son début de saison. La tournée asiatique a été terrible, puisqu’il a joué trois matchs pour … trois défaites.

Thiem, qui n’a plus gagné deux matchs de suite depuis l’US Open en septembre, va devoir mettre les bouchées doubles pour s’échapper de cette spirale infernale et ne pas sombrer à la dernière place du groupe Sampras.

 

Grigor Dimitrov (Numéro 6 mondial)

 

À l’inverse de Thiem, Dimitrov est monté crescendo au cette année, et a signé sa meilleure saison sur le circuit. Il a enlevé son premier Masters 1 000 au mois d’août, à Cincinnati, presque un exploit quand on sait le peu de miettes que peut laisser le Top 4 aux autres joueurs. Outre son excellent début de saison avec deux titres glanés à Brisbane et Sofia, on a cru par la suite voir sa soif de victoire étanchée, avec un passage à vide à l’arrivée du printemps. Mais c’était avant de revoir son envie revenir mi-août à Cincinnati. Il aurait pu espérer gagner d’autres trophées par la suite, mais c’était sans compter sur Rafael Nadal, toujours présent pour lui barrer la route.

 

Pourtant, il est l’un des rares cette saison avec Federer à avoir su poser problème au Majorquin. Notamment à l’Open d’Australie, où leur confrontation est allée jusqu’au 5ème set, finalement remporté par Nadal. Lors de la tournée asiatique, et de leurs deux dernières confrontations, le Bulgare s’est même accordé le plaisir de piquer un set au majorquin, sans toutefois le faire abdiquer, préférant laisser l’honneur à Federer à Shanghaï. Nul doute que ses matchs seront à surveiller de près !

 

David Goffin (Numéro 8 mondial)

 

Déterminé à l’idée de confirmer ses bons résultats dans les tournois majeurs, avec un quart de finale à l’Open d’Australie et deux finales perdues. La suite n’a quant à elle, pas été de tout repos pour le Belge. Malgré sa blessure à Roland-Garros qui l’a éloigné du circuit pendant 47 jours et empêché de participer à Wimbledon, il a pu remonter la pente par la suite, en atteignant les huitièmes de finale à l’Us Open.

 

Et comme on dit, après la pluie, le beau temps, Goffin peut le confirmer puisqu’il a remporté deux titres, à Shenzhen puis à Tokyo, trois ans après son dernier titre, et 6 finales perdues. Ces excellents résultats lui ont d’ailleurs permis d’être 8ème au classement ATP, et d’obtenir son billet pour le Masters, pour la deuxième année consécutive. Une récompense pour lui, qui a oscillé entre la 10ème et la 15ème place tout au long de la saison.

 

Dans l’ensemble, son année est réussie, mais il reste encore une tâche d’ombre sur son CV : les deux meilleurs joueurs du monde lui résistent encore et toujours. Même s’il a su trouver les ressources pour battre ou faire jeu égal avec les meilleurs joueurs du monde (sa victoire la plus marquante reste celle sur Novak Djokovic à Monte-Carlo), les deux rois du tennis sont synonymes de défaites, deux matchs perdus contre Nadal et six contre Federer.

Il lui reste encore tout le tournoi pour renverser la vapeur, et se targuer d’en avoir enfin battu un.

 

 

Groupe « Boris Becker »

 

Roger Federer (Numéro 2 mondial)

Il convient de rappeler que Roger Federer va disputer son 15ème Masters, et qu’il comptabilise à lui seul six titres, c’est-à-dire, plus que Sampras (cinq) et Becker (trois) dont les noms ont été utilisés pour nommer les poules. C’est quelque peu ironique quand on y pense. D’autant plus que cette semaine, le Suisse va tenter d’augmenter son record d’une unité, pour s’éloigner d’un Novak Djokovic, qui le talonne de près, avec cinq victoires.

 

Auteur d’une sublime saison, pour ne pas dire parfaite, le Suisse a encore faim de victoires et vise un huitième titre qui ne rendrait que plus belle cette saison 2017. Revenu de nulle part en janvier, son bilan est exceptionnel. On y recense sept titres, dont deux Grand Chelem à l’Open d’Australie et Wimbledon, ainsi que trois Masters 1 000 (Indian Wells, Miami, Shanghai pour une finale perdue à Montréal) ainsi que Halle et Bâle.

 

Il n’y a pas besoin de tergiverser autour de son come-back, il est tout simplement retentissant. Le Suisse a su parfaitement gérer son calendrier, et ses capacités physiques. Et quand on voit le résultat aujourd’hui, on ne peut qu’applaudir sa décision de rater la saison sur terre battue et certains tournois. Mais à partir d’aujourd’hui, il va devoir faire face aux petits nouveaux qui veulent le faire descendre de son piédestal.
Son principal adversaire cette semaine est son rival de toujours Rafael Nadal (si son corps lui permet), contre qui il reste sur cinq victoires consécutives (quatre cette année). L'Espagnol espère bien lui arracher ce trophée si important à ses yeux, après tant d’années de frustration.

 

Alexander Zverev (Numéro 3 mondial)

 

En 2015, Zverev recevait le titre de « Star of Tomorrow » (Star de demain) à Londres. Deux saisons plus tard, le voilà, à 20 ans, sourire aux lèvres, qualifié pour les ATP Finals. Véritable étoile montante du circuit et plus jeune joueur à obtenir son billet depuis Juan Martin Del Potro en 2008, l’Allemand réalise une sublime saison, malgré deux derniers mois un peu en deçà, tout comme Thiem.

 

Son début de saison a été exceptionnel ! Deux titres remportés à Montpellier et Munich, mais c’est son premier titre au Masters 1 000 de Rome, qui l’a fait passer dans une tout autre dimension, d’autant plus que c’est Novak Djokovic qui était en face. La confirmation est arrivée quelques mois plus tard, lorsqu’il a empêché Roger Federer de remporter un nouveau Masters 1000 à Montréal.

 

Quand on voit l’attente qu’ont suscité ses résultats, on peut être légèrement déçu de ses participations en Grand Chelem, avec une premièr huitième de finale atteinte à Wimbledon. On peut être sûr qu’il rectifiera le tir lors des prochaines saisons, si ce n’est qu’il en remportera un ! Est-ce que le voir gagner ce Masters est crédible ? Sans doute que non, il lui manque encore un pas à franchir et une maturité à acquérir sur le circuit ATP, mais plus tard, pourquoi pas.

 

Les derniers tournois auxquels le jeune joueur a participé semblent donner raison à cette idée. Zverev, sans doute épuisé par sa saison, a semblé moins dominateur dans le jeu et moins constant. Depuis sa victoire face à Federer au Canada, il n’a atteint aucune finale, et a même été sorti au premier tour à Paris. Il lui reste encore un tour à jouer cette semaine, et l’idée de le voir titiller Federer serait pour le moins intéressante, alors que le tournoi parait sur le papier tout tracé.

 

Marin Cilic (Numéro 5 mondial)


Déjà présent en 2014 et 2016, Cilic revient pour la troisième fois à Londres, en habitué du tournoi, il commence à prendre ses petites habitudes. À part les deux ogres, qu’on connait si bien, il s’agit du seul joueur qualifié à avoir joué et gagné une finale de Grand Chelem (victoire l’US Open en 2014). Il tentera cette année d’accéder à sa première demi-finale du tournoi après deux tentatives conclues par la dernière place de son groupe.

 

Le Croate a atteint le Top 5 en restant régulier tout au long de l’année, et ce malgré quelques petits soucis physiques en été. Avec un seul titre gagné cette année, sa saison peut paraître un peu juste par rapport à 2014. On aurait pu dire le contraire s’il avait remporté les finales sur gazon, au Queen's et à Wimbledon face à Feliciano Lopez et au revenant Roger Federer, désireux de redevenir le maître sur l’herbe. Reste à voir s’il aura à cœur de prendre sa revanche sur Roger.


Jack Sock (Numéro 9 mondial)
 

Surprise de cette fin de saison, l’Américain a réussi à prendre le huitième billet au dernier moment. En l’espace de quelques semaines et grâce à un incroyable rush, il est passé de la 24ème à la 9ème place, et a doublé sur le fil neuf joueurs, dont Pablo Carreno Busta et Sam Querrey, les deux remplaçants du Masters.

 

Lui-même n’y croyait pas ! En l’espace d’une semaine, il est passé sur le devant de la scène, avec sa victoire au Masters 1 000 de Paris. Il est donc entré pour la première fois dans le top 10 et s’est qualifié par la même occasion pour son premier ATP Finals à Londres. Fait très intéressant, sa victoire à Paris a mis fin à la série folle de 107 Masters 1 000 gagnés consécutivement par des Européens, comme quoi les monopoles ne sont pas toujours Américains.

 

Après une très belle saison, au cours de laquelle il a raflé 3 titres (Auckland, Delray Beach et Paris), il arrive en outsider à Londres, lui qui n’a disputé qu’un seul huitième de finale en Grand Chelem au cours de sa carrière. Il va faire face à une rude concurrence. Quoi de mieux pour entrer dans le vif du sujet, que de commencer avec Roger Federer dimanche ! En espérant pour lui qu’il arrive enfin à lui mettre des bâtons dans les roues après trois tentatives infructueuses.