Iran : la volonté d'une ouverture progressive confirmée par le peuple

Le week-end dernier avaient lieu les élections législatives en Iran, et la république islamique y a confirmé son renouveau politique entamé il y a trois ans avec l'élection de Rohani au poste de président.

 

Le 26 février dernier, les Iraniens se sont rendus aux urnes pour élire leur parlement. Dans un pays régi par la loi islamique mais avec un président désireux de réformer, ces élections sonnaient comme un tournant politique notamment à l'international. En effet, après un accord historique avec les États-Unis sur le nucléaire et une petite augmentation des libertés pour les Iraniens, ces élections devaient soit permettre aux forces de l’ayatollah Khamenei, les conservateurs, de reprendre le pouvoir, soit aux force du président Hassan Rohani de consolider l'ouverture progressive de l'Iran.

Pas de majorité 

 

Selon les résultats officiels et définitifs publiés le lundi 29 février, les réformateurs et leurs alliés qui soutiennent le président Rohani ont fortement progressé face aux conservateurs mais aucun des deux camps n'obtient la majorité. En effet, les réformateurs, qui avaient en partie boycotté les législatives de 2012, n’avaient à l’époque obtenu qu'une trentaine de députés contre environ 200 députés conservateurs. Avec leurs alliés modérés, ils en auront au moins trois fois plus dans la prochaine assemblée. Il est également important de noter que la plupart des ultraconservateurs ont perdu leur siège au Parlement et que le président Rohani pourra, outre ses propres soutiens, compter sur les voix de députés conservateurs modérés sur certains dossiers ou réformes.

En ce qui concerne les chiffres, sur les 290 sièges qui composent le parlement iranien, appelé aussi Majles, 103 sont occupés par des conservateurs, 95 par des réformateurs modérés ou proches et 14 par des indépendants dont la tendance politique est encore inconnue. A ces 212 parlementaires il faut ajouter quatre conservateurs modérés qui ont été soutenus par les réformateurs et cinq représentants des minorités religieuses qui n'ont généralement pas d'affiliation politique. Pour, les 69 sièges manquants, un second tour sera organisé en avril car aucun des candidats n'a récolté un nombre suffisant de voix pour pouvoir être élu au premier tour.


Rohani plébiscité
 

Les conséquences en politique intérieure ne devraient cependant pas être très importantes. En effet, ces élections sonnent plus comme un plébiscite pour la politique extérieure du président Rohani qui sera sûrement reconduit pour un second mandat en 2017. Malgré un conflit avec l’Arabie Saoudite, ce dernier à réussi à faire accepter l’Iran sur la scène internationale notamment en signant des accords sur le nucléaire. Ces élections vont lui permettre de continuer sa politique d'ouverture pour faire de l’Iran une terre d'investissement pour les entreprises étrangères qui vont pouvoir exploiter le marché intérieur immense de l'Iran. Effectivement, après une trentaine d'année de sanctions, tout ou presque est à construire en Iran. Lors de la visite du président Rohani à Paris en janvier dernier, des entreprises françaises avait manifesté leur intérêt de s’installer en Iran pour construire des immeubles ou des terminaux d'aéroport par exemple. Aujourd’hui, la république islamique semble prête pour entrer dans un phase de transition qui mènera le pays tout droit vers la mondialisation.

AFP