Jacqueline Sauvage,

l'espoir d'une grâce

Condamnée à 10 ans de prison ferme pour avoir abattu son mari de 3 coups de fusil à bout portant dans le dos, Jacqueline Sauvage, 68 ans, espère une grâce présidentielle. Le chef de l’état a reçu sa famille et son avocat aujourd’hui et pourrait donner son verdict dès la semaine prochaine.

Un enfer de 47 ans


Retour sur les faits : le 10 septembre 2012, Jacqueline Sauvage tue Norbert Marot, son mari, dans leur maison dans le Loiret. Elle appelle les pompiers pour leurs signaler son acte. Très vite, la machine judiciaire est lancée et la sentence tombe, la sexagénaire est condamnée à dix ans de réclusion pour meurtre sans préméditation. Ce qui fait l’originalité de ce meurtre sont les motifs de celui-ci. Jacqueline Sauvage déclare qu’elle a vécu un véritable enfer pendant 47 ans. Elle a été victime de nombreux coups, blessures, insultes et même menaces de la part de son mari. Norbert Marot était connu dans le quartier pour être un homme « violent, alcoolique, rustre », également désigné comme étant un père tyrannique qui s’en prenait à ses trois filles. Jacqueline Sauvage aurait donc agi sous une forme de légitime défense. Selon ses avocats « elle a tué pour ne pas mourir ».  Néanmoins, avec ce chef d’accusation, l’acquittement est impossible, et elle a donc a été condamnée pour meurtre.

Les politiques s'en mêlent
 

Peu de temps après, la droite a lancé une pétition parlementaire sous l’impulsion de Valérie Boyer, élue LR des bouches du Rhône. La députée prépare depuis plus d’un an une proposition de loi qui vise à créer une notion de « légitime défense différée » pour les femmes victimes de violence conjugale et en « danger de mort permanent ». En ligne, une pétition similaire a réuni près de 400 000 signatures. Profitant de la médiatisation de l’affaire, la parlementaire a pu réunir plus de 80 députés, dont NKM et François Fillon.

Hier, la famille et les avocats de Jacqueline Sauvage ont été reçus par le président de la République pour plaider sa cause. François Hollande n’a pas encore pris sa décision, lui qui est contre le principe même de la grâce présidentielle. Toutefois il l’avait déjà employée en mars 2013 pour le plus vieux détenu de France, incarcéré depuis 38 ans. Sa décision, qui pourrait être prise à la mi-février, est très attendue chez les proches de Jacqueline Sauvage et les partisans de sa libération, qui ont aujourd’hui bon espoir que l’issue soit positive.