par Théophile Pedrola

La nouvelle vie de Zidane

C’était attendu, c’est désormais officiel : Zinédine Zidane est le nouvel entraîneur du Real Madrid. Il a été officiellement intronisé ce lundi soir par le président du club madrilène. Le nom de l’ancien international français s’imposait comme une évidence, bien que son profil ne colle paradoxalement pas tellement à ce que recherche vraiment le Real.
 

 

Il remplace un Benitez qui n’aura pas eu le temps

Zinédine Zidane ne s’en était jamais vraiment éloigné. Le Real Madrid est sa maison et le voilà de retour à la barre. S’il y avait déjà été de 2001 à 2006, en tant que meneur de jeu, il dirigera désormais l’équipe merengue qui a de grands objectifs pour cette saison. L’ancien entraîneur, Rafael Benitez, n’aura finalement disposé que de six mois pour mettre en place son plan de jeu. Il aura finalement été victime d’un acharnement à la fois médiatique mais aussi des supporters madrilènes. C’est un véritable désaveu du président du Real qui lâche l’entraîneur en qui il affichait encore toute sa confiance il y a moins d’un mois. Il a choisi Zizou, désormais ex coach de l’équipe réserve pour guider ses Galactiques jusqu’au sommet. Si Benitez n’a pas eu plus de six mois avant de se faire remercier, c’est aussi une preuve pour Zidane qu’il va falloir rapidement acquérir des résultats à la tête du Real pour remporter le plus de trophées possible d’ici mai. Si la Coupe d’Espagne est d’ores et déjà inaccessible, il va falloir sérieusement cravacher en championnat et en Ligue des Champions pour ramener un trophée dans la Casa Blanca. Le club ne veut pas vivre une deuxième saison blanche consécutive.

Un choix incontesté et contestable

Si Zinédine Zidane a l’avantage de faire l’unanimité auprès des socios du Real Madrid, ce qui est déjà une position préférentielle par rapport à son prédécesseur, Zidane arrive toutefois sans aucune garantie au plus haut poste du Real. Bien qu’il possède ses diplômes d’entraîneur professionnel, il ne se disait lui-même pas prêt pour coacher l’équipe A il y a moins d’un mois. C’est une arrivée un peu précipitée donc pour le champion du monde 1998 qui n’aura donc eu comme seule expérience d’entraîneur une saison et demie à la tête du Real Madrid Castilla, l’équipe réserve du club, en troisième division espagnole. Son bilan est certes honorable : 26 victoires, 17 nuls et 14 défaites en 57 matchs, mais il reste loin des standards habituellement exigés par le Real Madrid. Si Benitez était le choix du président madrilène, son « manque de talent ou d’expérience » était unanimement déploré. Il sera finalement remplacé par un novice total du coaching professionnel qui a finalement tout à perdre dans cette aventure. Zidane est en effet une superstar dans la capitale espagnole, son amour pour le Real n’est plus prouver et cela est réciproque de la part des supporters, un échec ne pourrait que ternir ce bilan immaculé qui s’est jusque-là terminé par une standing ovation pour son dernier match avec la A, en mai 2006. De plus, si ce choix peut paraître étonnant, c’est aussi parce que jusqu’ici, le Real n’avait jamais vraiment eu pour habitude d’honorer ses anciens. Au contraire de son ennemi de toujours, le FC Barcelone, le Real est une institution qu’aucun joueur ne pourra jamais surpasser. Les exemples les plus récents sont ceux de Raul ou d’Iker Casillas. Zidane disposerait-il d'un passe-droit de la part d’un président, Florentino Perez, qui l’adore ? Rien n’est moins sûr. Ce côté « famille » a d’ailleurs trouvé son paroxysme lors de sa conférence de presse d’intronisation, ce lundi, lorsque Zizou a posé dans les journalistes avec sa femme et ses enfants, une scène inimaginable dans l’atmosphère feutrée des locaux du Real Madrid. Finalement, Zinédine Zidane au Real Madrid, cela a tout de la mauvaise idée, ou d’un plan qui pourrait mal tourner. Seulement, Perez est sûr de lui, comme il l’était avec Rafael Benitez, et Zidane a accepté une mission a laquelle il semblait se préparer depuis de nombreuses années déjà. Alors, maintenant, le poids de l’institution Real repose sur tes épaules Zizou, alors, pour le plus grand plaisir de tous tes admirateurs, fait moi mentir, s’il te plaît.

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