A La Rotonde, Vincent Peillon lance sa campagne

Après être apparu mardi puis mercredi à la télévision pour présenter son programme, V. Peillon tente de s’imposer comme présidentiable et de se faire connaître.
 

Si jusque là l’homme était resté dans un flou concernant son programme, le début de semaine a été l’occasion pour l’ancien ministre de l’éducation nationale de dévoiler des propositions concrètes. Il ne remet pas en cause la notion de rigueur budgétaire contrairement à d’autres concurrents comme Arnaud Montebourg. En revanche, Vincent Peillon se démarque clairement des autres candidats grâce à deux propositions.

L'ex-ministre de l'éducation de François Hollande suggère un plan d’investissement à l’échelle européenne de 1000 milliards d’euros dans les domaines de l’éducation, de la recherche, de la santé et de l’environnement. Une manière bien à lui de mettre sur la table la relance du projet européen.

Peillon compte également apporter de la démocratie participative à notre régime politique. Sans pour autant revenir sur la constitution de 1958, il propose de changer notamment l’élection de l’assemblée nationale en la rendant proportionnelle. Le but est de repenser le rôle du citoyen et sa représentativité dans les institutions.

Des soutiens forts

« Merci du fond du coeur, parce qu’on était partis dans des conditions incroyables ». Ce sont ses premiers mots en arrivant mardi soir au restaurant la Rotonde à Stalingrad (Paris) après son intervention au journal de 20h de France 2. Un réel attachement entre Peillon et la majorité des personnes présentes était palpable. La salle était très jeune, et parmi la petite centaine de convives, la moitié semblait avoir moins de trente ans.
 


Alexis, 27 ans, fonctionnaire à la mairie de Paris, militant socialiste depuis 7 ans :  
« Pour moi Vincent Peillon est le seul candidat légitime et historique de la gauche. Quand j’écoute notamment les autres candidats socialistes, Valls, Hamont, Montebourg… J’ai l’impression qu’il y a toute une partie de notre héritage qui est en train d’être renié. Soit parce qu’ils contredisent des valeurs fondamentale de la gauches qui sont la solidarité, le vivre ensemble, sur des sujets de solidarité, l’accueil des réfugiés. […] Si on veut pouvoir continuer cette avancée sociale, qui est pour nous le chemin de l’histoire, il faut pouvoir avoir une vision forte, être intransigeant sur des valeurs, mais aussi rassembleur sur ses objectifs. »
 


Tout reste à faire
 

Si le Parti Socialiste est déjà cerné à ses deux bords par Mélenchon d’un côté et Macron de l’autre, le candidat Peillon a en plus une toute petite marge de manœuvre.

Ancien ministre de Jean-Marc Ayrault, ses similarités avec Manuel Valls sont une difficulté pour se créer une brèche dans cette primaire qui s’annonce très compliquée.

D’autant que sa médiatisation est assez mal partie. Le 3 janvier, il a ainsi comparé les musulmans de France aux juifs sous Vichy ce qui lui vaut une polémique dans les médias et sur les réseaux sociaux.


Nathan Bonin
Photo Nathan Bonin / LPA