Après la rencontre historique avec le patriarche Cyrille à Cuba, c’est lors de son voyage au Mexique que le pape François Ier s’est fortement opposé à l’avortement, même à l’heure des dangers liés au virus Zika. Et quelques jours plus tard, le souverain pontife s’en est cette fois pris à Donald Trump.

C’est au cours de son voyage en Amérique que François s’est exprimé sur l’épidémie Zika et sur les moyens d’annihiler le virus, très répandu en Amérique, notamment dans sa partie sud. Le Mexique est un des pays les plus touchés par l’épidémie après le Brésil, où 1,5 million de personnes ont été contaminées et 3174 cas de microcéphalie recensés chez des nourrissons par l’OMS en 2015.
Il est important de savoir que le virus Zika, arrivé au Brésil après la Coupe du monde de football il y a deux ans, et qui se transmet par la piqûre de certains moustiques – principalement par le moustique tigre – provoque des malformations fœtales chez les nouveaux-nés à la suite de la contamination de femmes pendant leur grossesse. De ce fait, l’avortement semble être une véritable solution pour les femmes qui ne souhaitent pas prendre ce risque. Cependant, pour le pape François, qui s’est exprimé au Mexique sur le sujet, l’avortement reste un crime.


Rien de neuf chez les papes

Ces mots n’ont rien de surprenant au vu de l’histoire de la religion catholique. En effet, Jean-Paul II, pour ne citer que lui, avait lui-même fait il y a onze ans le rapprochement entre l’avortement et l’Holocauste, qualifiant la pratique d’« extermination légale ». Mais la prise de position du pape argentin, que nombreux trouvent moins conservateur que ses prédécesseurs, ne prend pas en compte la difficulté qu’est celle d’élever un enfant atteint du syndrome de Guillain-Barré, puisqu’on parle ici du virus Zika, ou même la douleur d’élever un enfant non-désiré.
Cet article n’a pas pour visée de critiquer le Vatican, car l’Eglise transmet des valeurs de partage et de respect très importantes. Le fait est qu’en restant campé sur des positions moyenâgeuses, l’institution religieuse handicape des millions des fidèles prêts à tout pour suivre la volonté du souverain pontife. 82% de la population mexicaine est catholique, ce qui en fait le deuxième pays comptant le plus de chrétiens au monde, une preuve, s’il en fallait, du poids que représentent les mots de François Ier qui a tout de même admis l’importance des moyens de contraception, ce qu’aucun pape n’avait fait jusque-là.


Trump critiqué


Par ailleurs, François Ier a profité de sa visite sur le continent américain pour fustiger le milliardaire américain Donald Trump au sujet de ses positions anti-immigrés. Le pape argentin a ainsi déclaré qu’ « une personne qui veut construire des murs et non des ponts n’est pas chrétienne », créant la stupéfaction chez le magnat de l’immobilier américain, il est vrai bien connu pour sa générosité chrétienne, qui estimait en début d’année qu’il pouvait « tirer sur quelqu’un » sans qu’aucun de ses partisans ne lui retire son soutien.
Le candidat républicain a pour ambition, en cas de victoire aux présidentielles, de faire construire un mur à la place des barbelés placés tout le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Suite aux propos du pape, Donald Trump a déploré qu’ « aucun dirigeant, notamment un leader religieux, ne devrait avoir le droit de remettre en question la religion ou la foi d’un autre homme » avant de réaffirmer son lien avec la religion chrétienne. Après le mariage homosexuel, l’avortement et Donald Trump, le pape n’hésite pas à s’exprimer à cœur ouvert sur ses opinions personnelles, ce qui ne fait pas forcément le bonheur de tout le monde.

 

Le « crime de l’avortement » et Donald Trump : la semaine agitée du pape François