Disney a officialisé cette semaine la production du cinquième épisode de la saga "Indiana Jones", prévu pour 2019. Sans dire que ce nouvel opus sera de mauvaise tenue, la multiplication des suites de films culte ne ressemble pas à la meilleure chose qui soit arrivée à l’industrie cinématographique.

C’est reparti pour un tour ! Onze ans après le quatrième épisode (pas franchement réussi) de l’aventurier incarné par Harrison Ford, sa suite sortira dans les salles obscures. Evidemment, on ne sait pas à un stade si peu avancé de la réalisation quels seront les éléments composant cette nouvelle aventure, mais les faits sont là, et les fans plutôt satisfaits de la nouvelle. Comme pour "Star Wars", Disney utilise ici sa manne financière énorme pour sortir du placard les anciennes histoires et les remettre au goût de l’époque actuelle. Sa tactique s’est avérée payante pour l’ancien joujou intergalactique de George Lucas, dans une stratégie s’inscrivant, il est vrai, sur le long terme, avec une trilogie prévue quoi qu’il advienne de la première production. Ce modèle est d’ailleurs bien souvent viable, puisqu’on ne fait pas de suite à un film qui n’a pas attiré les spectateurs en premier lieu ! Toutefois, il ne faut pas se mettre en tête que chaque film à succès mérite une suite, et c’est peut-être ça le problème.
 


Des suites à la suite

2016 est une année riche en suites, que ce soient les blockbusters de « bataille superhéroïne » entre Batman et Superman, Iron Man et Captain America ; la renaissance des chasseurs de fantôme dans "Ghostbusters 2" ; ou encore le retour de Matt Damon en agent secret dans "Jason Bourne". Ce sont là plusieurs niveaux de « sequels » dépendant à chaque série de films, mais qui sont le résultat d’une réussite structurelle. Dans le cas de "Ghostbusters", l’épisode 2 remontant à 1989, le réalisateur Paul Feig aura la pression des anciens fans sur lui, alors qu’il a fait le choix de mettre en scène un quatuor exclusivement féminin et estampillé à 75% Saturday Night Live, la même émission qui avait lancé Bill Murray et Dan Aykroyd, les stars des deux premiers opus. On peut donc s’attendre à de nombreuses références à ces deux œuvres dans leur suite, l’un des ingrédients contribuant à la bonne tenue et au succès de ce type de « renaissance » filmique.
Certaines productions semblent de leur côté bien plus douteuses, et contribuent, ou vont contribuer, à faire du phénomène des sequels une sorte de quitte ou double. C’est notamment le cas des "Visiteurs 3", prévu pour le 6 avril prochain. La saga des "Visiteurs" est l’exemple type de l’évolution vers le succès, puis vers la chute pour cause de trop grande confiance en soi. Au lieu de s’arrêter à deux films, Jean-Marie Poiré a déjà voulu tenter le coup du « jamais deux sans trois » et s’est lamentablement raté. Ses "Visiteurs en Amérique" rentrant aisément dans la catégorie des pires films français de tous les temps, on espère pour lui que le bide ne se répètera pas dans quinze jours. Heureusement pour lui, le casting est au rendez-vous : Jean Reno et Christian Clavier sont de retour dans leurs rôles de médiévaux attardés, accompagnés notamment de l’habituelle Marie-Anne Chazel, de Frank Dubosc, Sylvie Testud et Alex Lutz. Le film se déroulant durant la Révolution, espérons que le scénario ne poussera pas les spectateurs à se révolter dans le but de se faire rembourser leurs billets…


 

Quelle logique ?

La production de la suite d’un film nous pousse à nous poser toutes sortes de questions sur sa logique économique : est-ce qu’elle n’a été réalisée que pour faire du profit, ou bien rentre-t-elle davantage dans l’aspect d’offrir du plaisir et un contenu de qualité aux fans de longue date, tout en espérant en attirer de nouveaux ? C’est la problématique qui se pose le plus souvent avec ce genre d’œuvre cinématographique, qui peut avoir un très bon statut sur un seul film et le perdre si ses suites ne sont pas à la hauteur de la production originale. Tout le monde n’a pas le talent d’un Francis Ford Coppola, qui a réussi, cas unique jusqu’ici, à faire des deux premiers opus du "Parrain" les meilleurs films des Oscars 1972 et 1974. La majorité des grandes sagas ont leur vache maigre, leur épisode qui fait tâche, heureusement rattrapés par une qualité d’ensemble de haute volée. Toutefois, faire une suite pour faire une suite ne doit pas devenir la norme de certains cas, car comme dit Harvey Dent dans "The Dark Knight" : « soit on meurt en héros, soit on vit assez longtemps pour endosser le rôle du méchant ».