Laver Cup : pas d'enjeu mais une grande première

Vous avez toujours rêvé de voir Roger Federer et Rafael Nadal, les deux légendes du tennis s’associer sous le même drapeau ? Eh bien votre rêve a été exaucé à l’occasion de la Laver Cup qui se déroule à Prague du vendredi 22 septembre au dimanche 24 septembre.

 

À la manière de la Ryder cup au golf, cette compétition fraichement inaugurée va voir s’affronter la « team Europe » et la « team World ». Et pour le coup, les feuilles de match risquent de vous faire saliver puisque le gratin mondial est présent : Rafael Nadal (1er mondial), Roger Federer (2e), Alexander Zverev (4e), Marin Cilic (5e), Dominic Thiem (7e) et Tomas Berdych (19e) qui affronteront Sam Querrey (16e), John Isner (17e), Nick Kyrgios (20e), Jack Sock (21e), Denis Shapovalov (51e) et Frances Tiafoe (72e). Avec 12 des 25 meilleurs joueurs du monde, le spectacle est assuré.

 

En plus d’avoir sur le terrain les deux légendes que sont Nadal et Federer, la Laver Cup s’est offert le luxe d’avoir deux entraineurs de renoms : Bjorn Borg pour l’Europe et John McEnroe pour le reste du monde. 

PAR TIMOTHÉ
GOYAT VERDEGUER

PHOTO AFP

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Une compétition qui mise sur le spectacle

 

Crée en 2013 par Roger Federer, son agent et d’autres investisseurs, ce rassemblement, qui n’a rien d’officiel, a plus l’allure d’un tournoi d’exhibition pour le moment. Les rencontres se déroulent en deux sets gagnants, et si jamais il y une manche partout ils devront alors se disputer un super tie-break en 10 points. Il y a quatre matchs par jour, trois simples et un double pour autant, une victoire n’aura pas la même saveur le vendredi et le dimanche. Remporter son match un vendredi rapporte un point, le samedi deux points et le dimanche trois points. La première équipe à atteindre treize points (sur les 24 disponibles) remporte le tournoi, et en cas d’égalité à 12-12, un double décisif est programmé.

 

En regardant de plus près la liste des participants, on peut noter l’absence de joueurs de renom qui font partie du top 10 de l'ATP. Novak Djokovic, Andy Murray ou Stan Wawrinka, ont tous les trois mis fin à leur saison pour se remettre de leurs blessures et ainsi repartir du bon pied après une année en deça de leurs attentes. Mais, au-delà de ces absences, la compétition a le mérite mettre sur le devant de la scène la prochaine génération, qui commence déjà à se faire un nom depuis quelques mois. C’est notamment le cas d’Alexander Zverev et Denis Shapovalov.

Le rêve devenu réalité : La Fedal


Il est de circonstance de rappeler que tous les amateurs de tennis n'attendaient qu’une seule chose de ce week-end, et ce depuis une dizaine d’années : voir Nadal et Federer jouer ensemble lors d’un double. Même si en 2011, ils avaient pu échanger quelques jeux lors d’une journée de charité, il s’agira de leur premier match entier ensemble. L’Espagnol et le Suisse n’ont pas caché leur enthousiasme quant à cette optique, au lancement de la Cup : « J'ai tellement joué contre Rafa, ce serait une joie de l'avoir enfin du même côté du court que moi », a déclaré le second, ce à quoi le Majorquin a répondu : « Evidemment que j'adorerais jouer avec Roger. Toute notre vie, on a été adversaires, alors l'idée d'être ensemble nous plait. Ça pourrait être quelque chose de spécial, d'unique même. » Et ce dimanche, c'est contre la paire Querrey-Sock que les deux légendes ont joué leur double, s'imposant 6-4 1-6 10-5.

Un duel quelque peu déséquilibré

 

Si on compare les deux équipes, la team Europe part avec un avantage considérable sur le papier. En plus de compter en son sein les deux meilleurs joueurs du XXIème siècle et du classement ATP, elle compte 5 joueurs du top 10 mondial contre 0 pour la « team world ».  La comparaison du nombre de titres des deux côtés, laisse un constat sans appel… 36 titres de Grand Chelem et 60 Masters 1 000 à 0. On peut alors s’attendre à voir un tournoi à sens unique et un bulldozer s’abattre sur la team world. Pour autant, on peut espérer assister à quelques coups d’éclats de la part du « reste du monde » et voir quelques têtes tomber, pour notre plus grand plaisir de la compétition !

Réussir à convaincre en l’espace d’un week-end

 

Convaincre, voilà le principal objectif de la compétition. Nous sommes actuellement dans la période creuse en ce qui concerne les gros tournois. L’US open vient de se terminer, et la finale de la Coupe Davis et le prochain Masters 1 000 commenceront début octobre. On peut donc se dire qu’il s’agit du timing parfait avant la dernière partie de saison, et bien entendu, la fin du duel pour le trône entre le Nadal et Federer. Pour autant, certaines personnes ne voient pas le déroulement de la Laver Cup d’un bon œil. Ils ont d’ailleurs peur de l’impact qu’elle pourrait avoir sur l’autre rassemblement de joueurs en équipe qu’est la Coupe Davis.

 

De fait, depuis déjà quelques années, la Coupe Davis a de plus en plus de mal à attirer les meilleurs joueurs, preuve en est avec Zverev qui est présent ce week-end, mais qui a laissé l’Allemagne batailler sans lui il y a une semaine lors des barrages face au Portugal. Le capitaine de l'équipe de France Yannick Noah a lui aussi fait part de ses doutes le 15 septembre : « Le souci aujourd'hui, pour les amoureux de la Coupe Davis, c'est comment on fait venir les cinq meilleurs. La Coupe Davis, c'est 130 pays et là ils sont combien à jouer ? Cinq ou six (six par équipe). Ils jouent entre eux, quoi ! Ce n'est pas pareil. C'est autre chose. »

 

En soi, l’avenir de la compétition et de son évolution ne dépend que des joueurs qui y participent, de leur volonté mais aussi de ses organisateurs. Elle a en face d’elle deux chemins possibles : soit de se fondre dans le paysage tennistique dans les prochaines années, soit de rester un simple spectacle quatre étoiles, où les stars de l’ATP se réunissent pour faire le show quelques heures durant et récupérer leur chèque à la fin.

 

Le numéro 1 mondial Rafael Nadal a de son côté clairement fait son choix en déclarant ce jeudi « Ce n’est pas une exhibition. Nous sommes là pour jouer de notre mieux et tenter de gagner. Nous sommes là pour jouer avec passion, pour l’Europe. »