Le BEA a confirmé que la catastrophe provoquée, en mars 2015, par le pilote de l’avion de la compagnie Germanwings était volontaire. Toujours selon le BEA, cet acte pose de nouvelles questions quant à la sécurité aérienne.

En mars 2015, l’avion de la compagnie allemande effectue une liaison entre Barcelone et Düsseldorf en Allemagne, avec 150 passagers à bord. Après une demi-heure de vol, le pilote de l’avion s’absente et laisse alors le co-pilote Andreas Lubitz seul dans le cockpit. Celui-ci engage volontairement la descente de l’avion dans les Alpes françaises.
Avec des passagers de 17 nationalités différentes présents dans l’appareil, ce crash est un drame international. Grâce à l’exploitation des boîtes noires, 2 mois après l’accident, le BEA a confirmé que le co-pilote voulait bel et bien s’écraser avec l’avion de la Germanwings. « Le copilote s’est retrouvé seul dans le poste de pilotage. Il n’a pas ouvert la porte pendant la descente, malgré les demandes répétées de l’équipage, et les coups frappés à la porte. Andreas Lubitz a, à plusieurs reprises, manipulé le pilote automatique afin d’augmenter la vitesse de l’appareil, ce qui a eu pour effet de faire descendre l’avion plus vite ». Les propos de Rémi Jouty, directeur du BEA, relayés par sudouest.fr, posent des questions inédites pour l’aviation.



Un traitement psychiatrique non-effectué

Les enquêteurs français du Bureau d’enquêtes et d’analyses ont publié ce week-end un rapport final, dans lequel le Bureau affirme que le comportement d’Andreas Lubitz s’était dégradé avant l’accident. Selon le rapport de le BEA, un médecin privé avait indiqué que le pilote Allemand devait être soigné en hôpital psychiatrique deux semaines avant le drame. L’homme avait consulté plusieurs médecins quelques mois avant le crash, qui n’ont jamais alerté la compagnie Germanwings, alors que l’attitude du co-pilote laissait transparaître une dépression psychotique.

Suite au drame, et avec maintenant la certitude qu’Andreas Lubitz n’était pas en pleine position de ses moyens lors de l’accident, le BEA prône la rupture du secret médical en cas de troubles psychologiques d’un pilote, considérant que la sécurité des personnes à bord prime sur ce dernier aspect, prenant exemple sur le Canada. Le Bureau recommande un renforcement du contrôle médical mais ne signale pas l’importance de la présence d’une deuxième personne dans le cockpit, alors même qu’Andreas Lubitz a empêché le pilote de revenir dans le cockpit. Cette mesure est largement appliquée par les compagnies depuis le crash, tout comme la nécessité des « mesures d’accompagnement » pour prendre en compte la peur des pilotes à parler de leurs problèmes et de perdre leur licence.