La dernière manifestation contre la loi travail du 5 juillet a rassemblé seulement entre 10 000 et 40 000 manifestants à Paris, bien loin des chiffres de la manifestation du 14 juin qui avait rassemblé entre 80 000 et 250 000 personnes rien que dans la capitale.

A l'approche de l'été il semble que beaucoup de Français qui descendaient dans la rue quasiment toutes les semaines depuis le 9 mars ont abandonné face au gouvernement, et ce malgré l'utilisation à nouveau de l'article 49 alinéa 3 par le premier ministre Manuel Valls. Cette dernière manifestation ressemblait plus à un dernier baroud d'honneur de l'inter-syndicale avant l'été qu'à une véritable manifestation populaire comme cela a pu être le cas par le passé. Pour les syndicats, il s'agissait de montrer au gouvernement que les négociations qu'ils avaient entamées pour tenter de trouver un terrain d'entente ont avorté et que leur revendication était toujours un retrait pur et simple de cette loi.

 

Le gouvernement a donc gagné la guerre d'usure face à la rue, et malgré les actions prévues pendant l'été, notamment sur le Tour de France, la loi travail sera bien promulguée après un second passage au sénat. Cette lutte face à la rue qui dure depuis fin février témoigne de la volonté de réformer à toutes épreuves du gouvernement et il faut au moins leur reconnaître qu'ils sont tenaces. En effet, depuis le début du quinquennat de François Hollande, et contrairement à certains de leurs prédécesseurs, l'équipe gouvernementale, que cela soit sous la direction de Jean-Marc Ayrault ou de Manuel Valls, a souvent tenu bon face à la rue et la loi travail en est le meilleur exemple. Depuis plusieurs mois, et malgré l'hostilité de la rue, Manuel Valls et son gouvernement ont tenu le choc, répondant aux frondeurs a coups de sermons sur la loyauté, n'ayant pas peur d'utiliser le 49-3 et répondant à la rue de manière ferme tout en invitant les différents syndicats à la table des négociations sans pour autant écouter leurs revendications. Un jeu politique s'était donc engagé entre le gouvernement et les syndicats, et ces derniers l'ont manifestement perdu.

 

Il résulte de cette lutte un gouvernement qui a perdu tout soutien populaire mais qui a réussi à faire passer sa loi sans trop la modifier, et des manifestants ayant perdu toute crédibilité et soutien de l'opinion publique à cause des casseurs, certes de moins en moins nombreux mais qui ont fait des dégâts. Cette lutte semble donc avoir été davantage favorable au gouvernement qui a réussi à réformer le code du travail comme il le souhaitait, même si les syndicats ont appelé à une nouvelle manifestation à la rentrée début septembre.