par Nathan Bonin

Certains cancers et l’hépatite C ne seront plus à mentionner auprès de votre banque pour bénéficier de crédits et de placements.

Annoncée le 4 janvier par la ministre de la santé en personne devant l’auditoire des sixièmes rencontres de l’Institut National du Cancer (INCa), cette mesure permettra aux anciens malades de bénéficier des mêmes conditions d’accès à l’argent que le reste de la population.
 

Quelles modalités?

 

L’INCa sera au coeur de cette nouvelle disposition. Tous les dix ans, elle mettra à jour la durée selon laquelle la maladie devra être déclarée, de un à dix ans en fonction des pathologies. La liste des cancers concernés par le droit à l’oubli est cependant restreinte. Il s’agit des cancers des mélanomes de la peau, de col de l’utérus et du sein qui auront été soignés à un stade très peu avancés. En ce qui concerne l’hépatite C, elle ne devra plus être mentionnée un an après la fin des traitements, à condition de ne pas être séropositif au VIH et à l’hépatite B.

Un petit pas pour les malades

Ce droit à l’oubli a au moins pour mérite de mettre fin à la stigmatisation des personnes qui, bien qu’ayant été lourdement malades, ont recouvré une santé normale. Après deux ans de discussions avec les représentants des malades et les groupes de banque et d’assurance, ce compromis reste timide. Les banques, pour les prêts et les assurances vie notamment, ont tendance à être très exhaustives dans les questions sur l’état de santé de leur client. Du simple tabagisme aux maladies les plus graves, ces questionnaires leur servent à évaluer le risque de décès. De fait, la maladie exclut ou du moins rend inaccessibles ces produits bancaires pourtant nécessaires pour l’épargne et l’accès à la propriété. Il semble tout de même que, contrairement aux États-Unis, la tendance ne soit pas à l’espionnage par les compagnies d’assurance. Les bracelets connectés à votre mutuelle pour établir un tarif en fonction de votre forme ne sont pas à l’ordre du jour. Espérons que ce droit à l’oubli puisse s’étendre à des pathologies plus graves et permette d’éviter l’exclusion sociale des malades en leur facilitant l’accès au financement.

 

Le droit à l'oubli

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