Le virus Zika, une nouvelle menace d'épidémie

Un nouveau virus, appelé Zika, touche depuis près d'un an le continent américain. Il représente une nouvelle menace pour la santé mondiale, surtout pour les femmes enceintes. Qui est donc le virus Zika, transmis par les moustiques, et plus particulièrement par le moustique tigre ?
 

Le virus Zika frappe déjà des milliers de personnes en Amérique du Sud, notamment au Brésil. Entre 2015 et Janvier 2016, il s'est répandu dans plusieurs pays frontaliers mais pas seulement. En plus de Porto Rico, le Brésil, la Colombie, le Salvador, le Guatemala, Haïti, le Honduras, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Suriname, le Venezuela et la Guyane. La Martinique est également touchée par le virus Zika. Même si le virus n'a, pour le moment, jamais été mortel pour l'homme, la crainte principale est qu'il puisse entraîner des malformations sur les fœtus ou des complications neurologiques. Au Brésil, plusieurs nouveaux nés sont par exemple atteints du syndrome de Guillain-Barré, une maladie neurologique, liée à la piqûre du moustique porteur du virus Zika.

Une expansion récente

Tirant son nom d’une forêt tropicale d’Ouganda, Zika est recensé en tant que maladie en 1947, après que le virus ait été détecté chez un singe. Tout comme la dengue ou le chikungunya, il s’agit d’un arbovirus, un virus qui se transmet en premier lieu par la piqûre de moustiques infectés. Tout d’abord présent uniquement en Afrique et en Asie, il se serait exporté vers l’Amérique du Sud lors de la Coupe du Monde au Brésil en 2014. En effet, la Coupe du Monde de football est l’un des évènements les plus suivis dans le monde entier, et des supporters du monde entier se déplacent tous les quatre ans dans le pays hôte pour voir leur équipe nationale évoluer, ou tout simplement pour participer à la fête. C’est ainsi que, huit ans après la première épidémie du virus Zika sur les îles Yap en Micronésie, c’est au tour de l’Amérique toute entière de craindre que la maladie ne se répande chez une part non-négligeable de sa population. Arrivé aux Etats-Unis depuis plusieurs jours, le virus est donc sur le point de s’implanter dans la quasi-totalité des pays du continent américain, ce qui inquiète énormément les bactériologues - 21 des 55 nations américaines ont été touchées par le virus jusqu’ici, mais le moustique-tigre qui transmet la maladie est présent dans 53 d’entre elles. Il est en effet craint que de nombreuses personnes ayant séjourné au Brésil soient aujourd’hui porteurs du virus, qui pourrait en plus être le tout premier de son type à se transmettre par voie sexuelle, même si l’OMS a déclaré lundi 25 janvier qu’il fallait encore attendre avant d’affirmer cela catégoriquement.

Dangereuse pour les nouveau-nés

Si cette épidémie en devenir est aussi redoutée, ce n’est pas parce que le virus représente un risque mortel pour l’homme, mais parce qu’il est susceptible de provoquer des malformations irréversibles chez les nouveau-nés issus d’une mère porteuse du virus Zika. A cause du virus, des bébés peuvent ainsi naître en étant atteints de microcéphalie, une anomalie de la croissance osseuse qui se caractérise par un diamètre cranien bien inférieur à la normale, et qui peut entraîner des dommages considérables chez les jeunes enfants, voire causer leur décès. Effet direct de Zika, le nombre de cas de microcéphalie recensés en 2015 a été plus de 15 fois supérieur à celui de l’année précédente (près de 3100 en 2015 contre 180 en 2014).
Pour endiguer la propagation du virus, certains gouvernements, comme celui des Etats-Unis, ont déconseillé à leurs concitoyens de se rendre dans les pays où les risques d’attraper la maladie sont élevés. Parmi eux, le Brésil, foyer américain de Zika, où de nombreux enfants sont nés avec les conséquences du virus, va sûrement devoir subir les effets du virus au niveau touristique, un secteur important de l’économie du pays.
Puisque aucun vaccin n’a été à ce jour développé contre le virus, les moyens les plus sûrs d’éviter la contamination restent la protection basique, comme utiliser de moustiquaires ou, évidemment, éviter d’être présent dans les zones infectées. Des gestes qui ne concernent pas encore les européens, mais qui le pourraient très bientôt si Zika traverse l’Atlantique, ce qui devrait bientôt être le cas…