Slogans cyniques et simples sur fonds bicolores rappelant des pilules médicales, voici la nouvelle campagne lancée début juin par l’ONG Médecins du monde pour dénoncer l’immense business des industries pharmaceutiques et de leurs traitements médicaux. L’organisation lance ainsi en plus de cette campagne une pétition pour faire baisser le prix des médicaments.

 

Des prix très souvent injustifiés

 

Comparant les grandes maladies actuelles telles que le cancer et l’hépatite C à des investissements plus que lucratifs pour les laboratoires pharmaceutiques, Médecins du monde souhaite amener au premier plan ce problème publique trop souvent occulté de la sphère publique. Le prix exorbitant d’un traitement est systématiquement justifié par ces industries de trois manières.

Ils insistent premièrement sur le prix de la recherche qui est en effet très élevé, mais également surestimé et que les laboratoires privés préfèrent garder secret. De plus, aujourd’hui contrairement aux idées reçues, la recherche médicale est majoritairement réalisée et financée publiquement, notamment dans les universités et grâce aux impôts.

Autre raison de ces prix élevés, l’apport thérapeutique qui est proportionnel au prix de vente. Or Médecins du monde affirme que pour 74% des médicaments et traitements produits ces 20 dernières, le bénéfice thérapeutique était relativement peu élevé et permettait principalement d’éviter des complications.

Enfin, en plus des coups de recherches, les industries parlent des coups de productions qui seraient eux aussi très élevés mais choisissent encore une fois de ne pas les communiquer. Cependant des chercheurs anglais ont récemment estimé à 75 euros le pris de trois mois de traitements pour l’hépatite C avec du sofosbuvir, l’un des médicaments les plus courants pour cette maladie dont les 3 mois de traitement sont vendus plus de 40 000 euros.

 

Des blocages à une possible amélioration

 

Ces prix très élevés sont également dus au fait que des brevets protègent les innovations thérapeutiques pour une durée de 20 ans. Ainsi, les prix sont bloqués et maintenus sous le monopole d’un laboratoire qui a l’exclusivité de la « recette » d’un médicament ou d’un traitement, empêchant la création de médicaments génériques biens moins couteux. Le gouvernement détient cependant un outil qui lui permet de suspendre temporairement un brevet si un médicament est vendu à des prix anormalement élevés, appelé licence d’office, un outil dont il ne fait malheureusement que très rarement usage.

 

Une campagne dure mais vraie alliée à une pétition pourra peut-être faire changer la situation. Pour l’heure, nous pouvons tout de même être rassurés d’avoir en France l’un des meilleurs systèmes de sécurité sociale au monde ainsi qu’un accès aux soins digne de ce nom.