par Maxime Wangrevelain

Les inégalités n'en finissent plus d'augmenter

C’est officiel ! la moitié de la richesse du monde est détenue par 1% de la population ! C’est le constat effectué par le Crédit Suisse. Ce petit pourcentage possède effectivement 50.4% de la richesse mondiale. De nombreuses institutions, dont le Oxfam international, une confédération de 17 organisations indépendantes, avaient déjà souligné cet accroissement des inégalités.

 

Aujourd’hui, la population mondiale s'élève à 7,35 milliards d’habitants selon le dernier recensement réalisé par l’ONU en juillet. Ceci signifie que 73,5 millions de personnes dans le monde se sont accaparés la moitié de la richesse planétaire. Ces gens vivent principalement dans les pays de la Triade, c’est-à-dire les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie de l’Est (principalement la Chine et le Japon).

Pour rentrer dans ce club fermé des super-riches, des 1%, il faut posséder autour de $750 000 en actif et en patrimoine. Le rapport montre également que les gens ayant au moins 50 millions de dollars ou plus sont au nombre de 123 000. Enfin 3.4 milliards de personnes dans le monde ont un patrimoine évalué à moins de $10 000, cela représentant 71% de la population adulte.

 

Les Etats Unis, un pays fortement divisé
 

Si on se penche de manière plus précise sur le cas de certains pays, on voit que les inégalités sont énormes, et continuent de grandir. L’un des exemples flagrant est celui du pays le plus riche, les Etats-Unis. Chez l’oncle Sam, les 20 familles les plus riches (Zuckerberg pour Facebook, Walton pour Wal-Mart ou encore les frère Koch) possèdent une fortune cumulée de 732 milliards de dollars. C’est autant que la moitié des américains, soit 152 millions de personne.

Les inégalités ne s’arrêtent pas uniquement à la richesse pure outre-Atlantique. Elles se remarquent également socialement entre les différentes minorités. Il est intéressant de voir par exemple, que sur ces 20 familles, quasiment toutes sont Juives ou WASP (White-Anglo-Saxon-Protestant). A l’inverse, les autres minorités sont beaucoup plus pauvres. Les 100 familles les plus riches des Etats Unis ont autant de richesse que toute la population afro-américaine, soit 39 millions de personne, qui représentent 12.6% de la population totale. Cependant ce phénomène ne touche pas que les pays occidentaux. Les pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil voient une partie de leur population s’enrichir considérablement, alors que l’autre reste bloquée en bas de l’échelle sociale.

 

L’index Gini et la France 
 

L’index Gini permet de mesurer sur une échelle de 1 à 0 le niveau d’inégalités, 0 étant l’égalité parfaite. Ce classement nous donne des informations très intéressantes, par exemple que ce ne sont pas forcément les pays les plus riches, ou avec un niveau d’IDH (Indice de Développement Humain) élevé qui sont les plus égalitaires. Même si beaucoup de pays européen trustent le haut du classement, il y a tout de même des surprises comme la Mongolie.

Et notre bonne vieille France dans tout ça ? La dernière mesure a été faite à la fin des années 2000, et rend un score très honorable de 0.259 (après distribution des aides), ce qui classe le pays à la 12ème place. Néanmoins, l’INSEE a également publié des résultats, et ceux-ci sont...mauvais. Après 2 ans de baisses d’inégalités (2012 et 2013) l’année 2014 elle, s’est soldée par une hausse. Les principales raisons données sont celles du chômage de masse, la mauvaise atmosphère économique et l’absence de la sacro-sainte croissance.

 

La mesure des inégalités, une méthode peu fiable ?
 

Cette hausse des inégalités est également synonyme de hausse de la pauvreté. Pour se situer sous le seuil du même nom, une personne doit gagner moins de 60% du salaire médian. La récente crise a vu une baisse des revenus, et donc automatiquement une baisse de ce seuil, baissant le taux de pauvreté, mais comme aujourd’hui l’économie se relance, le seuil remonte également.

La est tout le problème de cet indice de calcul de pauvreté. Il n’est pas un reflet fiable et réaliste, puisque l’ensemble de la population pourrait être beaucoup plus pauvre, et le seuil de pauvreté serait quasi nul, et ne concernerait que peu de gens, alors que la réalité est toute différente.

 

Finalement, tous ces chiffres sont à prendre avec des pincettes : ils sont exprimés en dollars, une monnaie fréquemment considérée comme une monnaie de singe. En effet, la FED pratique une politique d’accomodation, et fait donc beaucoup tourner la planche à billet. Cette pratique va néanmoins baisser. Dans les prochains mois la FED va entreprendre une mutation, et remontera les taux du dollar. Les raisons à cela sont nombreuses : reprise économique, maitrise de l’inflation et plus que tout, les inégalités qui deviennent ingérables sur le territoire étatsunien.

 

 

La famille Walton détient Walmart.