En étrillant les troyens au stade de l’Aube (9-0), le Paris Saint-Germain est sacré champion de France pour la quatrième année consécutive et la sixième de l’histoire du club. Année marquée par plusieurs records et par un championnat très homogène derrière le PSG, les clubs de ligue 1 peuvent-ils rivaliser avec l’hégémonie du club de la capitale ?
 

Un match à sens unique

Après leur qualification en quarts de finale de la ligue des champions à Stamford Bridge contre Chelsea (2-1, et 4-2 sur les deux matchs), le PSG de Laurent Blanc pouvait établir un nouveau record en s’imposant chez la lanterne rouge, huit journées avant la fin du championnat. C’est chose faite, puisque le club de la capitale est allé chercher la plus large victoire de son histoire en ligue 1, sur un score incroyable (9-0). Pourtant ce sont les Troyens qui se sont montrés dangereux dès l’entame du match par l’intermédiaire de leur homme fort, Camus (2ème). Après avoir tenu face à l’ogre parisien pendant un peu moins d’un quart d’heure de jeu, les Champenois encaissent un premier but, inscrit par Edinson Cavani, sa treizième réalisation personnelle en championnat, suite à une bourde de la défense adverse. 5 minutes plus tard, c’est Pastore qui a démontré toute sa classe sur un joli mouvement, aggravant le score. Bien lancés, les Parisiens ont acculé la lanterne rouge, et Adrien Rabiot déjà buteur face à Chelsea, marque le troisième but de son équipe après une frappe arrêtée de Mathieu Dreyer, en profitant pour montrer l’étendue de sa progression depuis quelques semaines. Dès le retour des vestiaires, Zlatan Ibrahimovic, intraitable cet après-midi, enfonce le clou ; 4 buts pour le Suédois ce dimanche, qui lui permettent de dépasser la barre des 100 buts en championnat. Un deuxième but de Cavani sur penalty ainsi qu’un but contre son camp de Saunier clôturent la démonstration des parisiens et le calvaire de l’ESTAC. En inscrivant neuf buts au Stade de l’Aube, Paris a marqué plus de but cette saison que Troyes dans son propre Stade. Zlatan Ibrahimovic est toujours meilleur buteur du championnat avec 27 buts.


 

Le PSG bien esseulé
 

Le Paris Saint-Germain peut encore espérer cette saison un quintuplé en cumulant la Coupe de la Ligue, la Coupe de France, la Ligue des champions, le championnat de France et le Trophée des champions. Une preuve de plus que la force du PSG depuis l’arrivée de QSI s’accroît d’année en année, même si certains estiment que ce Paris Saint-Germain ne possède plus l’âme d’antan alors que pour d’autres, son histoire débute seulement avec l’arrivée des Qatariens. Quoi qu’en disent ses détracteurs, cette manne financière colossale permet au club de la capitale de grandir sur la scène internationale et d’accroitre massivement son nombre de supporters à travers le monde, mais surtout de promouvoir le football français, alors que la Ligue 1 et les autres clubs du championnat semblent baisser de niveau au fil des annnées.
Effectivement, depuis l’arrivée du Qatar en 2012, sur les treize trophées distribués en France, le PSG en a remporté sept. Seuls Marseille, Saint-Etienne, Lyon, Guingamp, Montpellier et Bordeaux sont parvenus à glaner un trophée ces cinq dernières années. Mais alors que le PSG semble au sommet de sa forme, les autres clubs français, eux, réalisent de piètres performances sur la scène européenne, à l’exception de Lyon face à la Juventus de Turin en 2014 en Ligue Europa ou contre Tottenham en 2013. Par ailleurs, l’Olympique lyonnais semble être un des seuls clubs français a pouvoir prétendre « titiller » le PSG sur une rencontre, comme le montre leur succès face aux hommes de Laurent Blanc il y a deux semaines, qui constitue la seule défaite des Parisiens dans la Ligue 1 édition 2015-2016. Les Lyonnais ont en outre inquiété quasiment jusqu’au bout le PSG dans sa quête du titre la saison dernière. Fort d’un des meilleurs centres de formation de ligue 1, le club rhodanien, quatrième du championnat, n’a pas su réitérer cette performance cette année avec un début de championnat calamiteux. L'absence de Fékir est, pour beaucoup de supporters, la raison principale de la méforme du club rhodanien. Le constat est alarmant, puisque la blessure d'un seul joueur peut engendrer d'énormes difficultés pour une équipe comme Lyon, possédant pourtant l’un des trois plus gros budgets de Ligue 1. Le parcours européen de l'OL cette année est à l'image de celui des clubs français depuis plusieurs années : une poule abordable mais une élimination surprise, même si le paradoxe lyonnais cette saison est d'avoir buté sur une modeste équipe de la Gantoise mais d'avoir su arracher une victoire de prestige à Valence (2-0).
Monaco, racheté par le russe Dmitri Rybolovlev, quart de finaliste de Ligue des champions l’année dernière, devrait sur le papier être le premier adversaire direct en championnat pour le PSG. Mais le club de la principauté, à l’image de Porto, a instauré une politique de transferts particulière pour vendre ses meilleurs éléments comme James Rodriguez, Falcao, Kondogbia ou encore Martial, l’empêchant de rivaliser sur la durée avec le PSG.



Quid des autres clubs historiques de Ligue 1 ?

Dans les clubs historiques de Ligue 1 au palmarès bien rempli, on retrouve également Marseille et Bordeaux, des formations en chute libre cette saison, se trouvant respectivement aux dixième et quatorzième places de ligue 1. Marseille groggy par la fièvre Bielsa et le départ de joueurs importants dans son schéma tactique comme Ayew ou Gignac, lutte pour la première partie du classement et ne peut pas véritablement déranger le PSG même dans le "Classico", ou la supériorité du PSG est palpable depuis l'arrivée de QSI.
En remportant pour la 6ème fois le titre de champion de France, le PSG rejoint même au palmarès plusieurs clubs multi titrés en L1, les Girondins de Bordeaux et Reims. Ces grands clubs de Ligue 1, qui sont pourtant des clubs aux moyens financiers importants, ne rivalisent pas avec des équipes considérés comme plus faibles en Europe et le PSG reste le seul représentant potable en Ligue des champions. Même en championnat, on peut voir que Marseille, Saint-Etienne et Bordeaux sont supplantés par des clubs tels que Nantes, Caen ou encore Angers, ce qui démontre encore plus, si c’était nécessaire, la médiocrité du championnat français cette année. Le coefficient UEFA de la Ligue 1 est aujourd’hui bien trop porté par les épaules du club de la capitale ou par les performances bien trop rares des différents clubs engagés dans une des compétitions du Vieux Continent. Le constat est même simple : si les clubs de Ligue 1 continuent à être mal gérés et à ne pas tirer le maximum de leurs meilleurs éléments comme c’est principalement le cas actuellement, le PSG n’est pas près d’être embêté dans le championnat de France.

 


Le PSG doit-il vraiment tout aux moyens qatariens ?
 

30 matchs, 24 victoires, 5 nuls et 1 défaite, c’est le bilan du Paris-Saint Germain depuis le début de la saison en championnat. Nombreux sont ceux qui critiquent l’esprit des joueurs parisiens, souvent qualifiés de « mercenaires ». On ne peut pas leur donner complétement tort. A l’image de Zlatan Ibrahimovic qui assume pleinement ce rôle, lui qui est venu au PSG pour le projet mais également pour son salaire, s’élevant cette saison à 18 millions d’euros annuels. Les Qatariens ont néanmoins eu le mérite de former un groupe complémentaire avec des transferts très bien préparés et intelligents (Maxwell et Ibrahimovic, ou Lavezzi, Pastore et Di Maria). Ce qui impacte considérablement les résultats ; on peut dire le groupe est sain, à quelques exceptions près, comme le cas de Serge Aurier sur Périscope l’a démontré.
L’argent est un atout majeur dans la réussite d’un club, Chelsea ou Manchester City en sont des exemples, mais il ne fait pas tout. Partant de ce principe l’ASM, avec l’investissement de Rybolovlev devait largement sortir de son groupe en Ligue Europa, composé de clubs « inférieurs » sur le plan financier comme Anderlecht ou Qarabag. Pourtant Monaco n’a pas connu ce succès, car l’envie n’y était pas. Bordeaux, sixième budget de Ligue 1 se retrouve malgré tout quatorzième au classement. La force d'un groupe est aussi mentale. L'OGC Nice de Claude Puel, troisième de Ligue 1, réalise une superbe saison avec des joueurs complémentaires comme Ben Arfa, Pléa ou encore Germain. La formation azuréenne est l'exemple type d'un club bien géré qui pratique un beau football, certainement un des meilleurs de Ligue 1 après le PSG. En Premier League, Leicester montre également que ce qui est primordial est d’avoir une équipe qui sait jouer et qui aime jouer ensemble. L’argent dans le football est devenu omniprésent et rend les footballeurs souvent antipathiques aux yeux du grand public. Il n’est pas le seul élément qui fait gagner des matchs, mais il permet souvent à des club en passe de réaliser ce que personne n’attendait comme Leicester de conserver ses meilleurs éléments, tels que Vardy ou Mahrez, pendant plusieurs années. Le Paris Saint-Germain de QSI est un succès financier, son influence et sa galerie de trophées de cesse de grandir... et même si l’argent ne fait pas tout, le Prince Al-Thani n’y est pas pour rien…